Chapitre 2

PARTIE 2

DAME NDIAYE

Je viens de boucler la Déclaration de TVA du mois. Il faut que je rentre là car je suis mort de fatigue

Je prends mes clés et mon sac et saute dans ma voiture. D’habitude je suis le dernier à quitter l’entreprise. Avec mon poste de chef comptable qui requiert une grande responsabilité je dois toujours être à jour avec mes dossiers. En dehors de cela j’aime bien faire mon travail pour ne pas recevoir de reproches venant de mes supérieurs surtout de Mr Chauvin qui accorde beaucoup de rigueur dans le travail. Parfois même lorsque les délais sont courts je passe la nuit au bureau. Vous direz surement que je suis fou mais je suis obligé

J’emprunte l’autoroute et mes pensées vont vers cette fille Mlle Mboup. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais quand mes yeux se sont posés sur elle j’ai ressenti un grand trouble et mon cœur battait à la chamade comme si j’avais parcouru des kilomètres. Elle est si gracieuse avec son derriere à couper le souffle. Elle est tellement charmante…Qu’est ce que je suis entrain de dire sakh. Il faut que je chasse cette fille de ma tête. J’ai déjà une bonne épouse et une fille adorable. Faut pas chercher des problèmes là il y’en a pas .La meilleure solution c’est de l’ignorer. Elle dit être la nièce de Baidy Sy mais je suis sure que c’est sa copine. Elles sont graves les filles d’aujourd’hui. Je me gare dans ma maison sise à Ouest Foire. Et c’est Anita ma princesse qui m’ouvre la porte

- Papa !!!

- Ca va ma puce ?

- Ouii papa. Que m’a tu ramené ?

- Oh ma chérie je suis sortie tard du bureau je n’ai pas pu t’acheter quelque chose

La connaissant je savais qu’elle aller bouder mais je me dépêchais de rajouter : « mais laisse papa prendre un bon bain et on ira acheter une glace !

- Youpi !!!d’accord papa. Dit-elle en courant à l’intérieur de la maison

Anita est le plus beau cadeau que le bon Dieu m’ait donné. Elle a quatre ans et est à la maternelle. C’est pour elle et les futurs enfants que j’aurai si le Bon Dieu le veut, que je me tue à travailler pour leur offrir un avenir solide. Je voudrai gâter mes enfants leur donner tout ce qu’ils désirent. C’est ma philosophie.

Je trouve mon épouse devant la télé. Toujours la même chose. Madame a tout le service à ses pieds donc elle ne fait rien à part regarder la télé, dormir, et sortir avec ses amies, elle n’a pas d’autre centre d’intérêt

- Bonsoir Ndeye !la saluai-je

- Ah salut Dame naka sa journée ?

Celle là meme pas un bisou pour accueillir son mari !

- Ça va juste fatigué. Le diner est prêt ?

- Oui. On n’attendait que toi pour manger

- D’accord je prends un bain et j’arrive

Ndeye et moi on s’est mariés il y’a cinq ans. Elle n’était certes pas celle que je voulais épouser. Le grand amour de ma vie ma mère m’a fait promettre sur son lit de mort de ne pas l’épouser. Je l’aimais vraiment Soda ! Mais elle n’a pas su conquérir le cœur de ma famille. Le plus choquant dans toute cette histoire c’est le fait qu’elle ait semé la discorde au sein de ma famille. Ma mère a eu une attaque par la suite et est décédée. Je ne pourrai jamais oublier cela. Ndeye est ma cousine. Elle s’est occupée de ma mère jusqu’à sa mort. Ma grande sœur m’a convaincu de l’épouser et c’est ce que j’ai fait.

AICHA MBOUP

Il est dix sept heures. J’appelle papa pour qu’il passe me prendre, ce qu’il fit une trentaine de minutes plus tard.

- Alors et ton premier jour ma fille

- Epuisante papa ! là j’ai mal au dos je t’assure

- Ne me fais pas rire. Tu n’as encore rien vu. Nous qui avons fait vingt cinq ans de service nous savons ce que signifie la fatigue !

- C’est clair

On arrive à la maison et maman était déjà là. Elle travaille au ministère des finances.

- Aicha wathie nga. Viens m’aider à préparer le diner

- Shhi Man yow tamit laisse moi souffler au moins. J’ai tellement mal au dos. En plus j’ai sommeil. Et la bonne loumou fi liguey

- Yow boulma fonto dé. Ne te fiche pas de moi. Lepp tu crois que bonne bi moko wara def. Change toi et viens ici

Heureusement mon père vole à mon secours. S’adressant à ma mère

- Laisses la se reposer toi aussi. Elle est fatiguée. Appelle Lissa

- Yow dal kene dou wakh Aicha dara mais c’est bien démelène rek

Je prends un bain rattrape mes prières et hop au lit. Je repense à ma journée d’aujourd’hui. Les nouvelles têtes que je venais de rencontrer. Je sens que mon séjour dans cette structure sera agréable sauf si certaines personnes ne me mettent pas les bâtons dans les roues.

Le lendemain j’arrive au bureau avec encore un léger retard. Je me cogne nez à nez avec Mr Ndiaye. Il hoche la tete et trace. Wawaw khol ma rek bayi. Sa kanam ! Je salue tout le monde. Mr Ndoye m’appelle dans son bureau pour me sermonner gentiment.

- Aicha tu es encore arrivée en retard. C’est pas bien dé. Dit-il avec un petit sourire

Hiii si j’étais une glace j’allais fondre à l’instant

- Je vous promets de venir à l’heure désormais. Vous savez ici c’est tellement enclavé que j’ai des problèmes avec les transports pour venir

- D’accord mais il faudra te lever plus tôt

- Je vous assure que je ferai le nécessaire

- Je te crois. Allez viens m’aider à faire mon pointage

La gentillesse ça existe vraiment!

(max de j'aime)

Chapitre 3

PARTIE 3

Le weekend approchait. Hassane et moi avions programmé d’aller à la pointe des Almadies le samedi soir. A chaque fois qu’on devait se voir c’est ma tante Mame Fatou qui me couvrait.

Elle habite près de chez nous. A chaque fois que je dois sortir elle appelle maman pour lui dire qu’elle a besoin de moi. Cette dernière ne se pose jamais de questions .Donc pas de problème à ce niveau.

Hé oui mes parents ne connaissaient pas mon petit ami. Vous vous poserez des questions à savoir pourquoi ? Parce que tout simplement le chef de famille est hyper jaloux. Il ne tolère pas que ses filles fricotent avec des hommes. Il a failli me prendre un jour.

Je me promenais avec Hassane et tout à coup mon petit papa nous dépassa avec sa voiture et freine brusquement à une vingtaine de mètres devant nous. Il regarda par derrière quelques secondes puis partit. J’étais morte de trouille et Hassane ne comprenait pas ce qui se passait et je ne lui ai rien dit non plus. Une fois à la maison, j’au couru dans ma chambre pour changer mes habits. Il m’a fait appeler quelques minutes après dans sa chambre et a commencé à me questionner pour savoir où j’étais et avec qui. Je suis restée imperturbable bien que je tremblais de peur intérieurement. Je sais qu’il doutait un peu puisqu’il faisait sombre. Je mentis en disant que ce n’était pas moi et que c’était une amie qui avait une boule à zéro.

Papa m’a regardé et m’a dit : « je t’ai à l’œil Aicha ! »

- Papa je t’assure que j’étais avec Maguette !

- Mani dégal limala wakh rek. Sors j’aimerai me reposer

Ouf !j’ai failli y passer. Vous voyez pourquoi j’évite pour le moment la rencontre avec Hassane. J’ai décidé de ne présenter mon petit ami que lorsque j’aurai préparé le terrain.

Le samedi soir on s’est donné rendez vous non loin de chez moi et nous partons à la Pointe. Ce fut une belle soirée tellement romantique. Dans ses bras j’oubliais tout. J’espère que tout ira bien pour nous et que nous nous marierons bientôt.

Nous rentrâmes vers minuit trente avant que ma mère n’envoie mon frère me chercher chez Mame Fatou.On se fait un petit calin avant de se quitter. Hum je l'adore mon homme.

Le lundi matin très tôt j’étais au bureau comme je l’avais promis à Mr Ndoye. Mr Ndiaye était déjà sur place mais j’ai tracé direct sans le saluer. Je ne sais pas pourquoi mais il me stresse. A chaque fois qu’on se croise j’ai l’impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine. Je ne comprends vraiment pas. Un quart d’heure plus tard une dame a fait son entrée. Elle s’est dirigée vers moi

- Bonjour ! tu dois être Aichatou la nouvelle stagiaire

- Oui c’est bien moi

- Je m’appelle Mme Tabane. J’étais absente la semaine dernière c’est pour cela qu’on n’a pas pu se rencontrer

- Ah d’accord j’ai entendu parler de vous. Enchantée de vous connaitre

- Le plaisir est partagé. Bienvenue et n’hésites pas au cas où tu aurais besoin de quelque chose

Et depuis ce jour elle et moi sommes devenus très proches. Je me confiais à elle sur tous les plans. J’étais en quelque sorte sa protégée et elle une deuxième maman pour moi

Deux jours plus tard Mr Dame Ndiaye me convoqua à son bureau

- Asseyez vous. Avez-vous de quoi noter ?

- Oui j’ai mon sylo et un bloc note

- Ok nous allons commencer par une prise de note pour que tu puisses commencer ton rapport

- D’accord

Et le travail commença. Il me fit une présentation rapide de l’entreprise . On discuta un peu du sujet que j’avais choisi et me dressa un plan.Quand on eut terminé, je voulus partir quand il me dit

- Attends ! tu as du matériel de bureau ?

- Non

- Donne cette note à mon assistante

Je partis voir cette dernière Félicité qui me regarda bizarrement après que je lui ai tendu la note

- Et c’est pour toi ?

- Oui bien sur

- Ok !

Elle me remit une enveloppe avec tout le matériel nécessaire. Je partis au bureau de Mme Tabane.

- Je te cherchais toi. tu étais où ?

- Au bureau du boss

- Pour faire quoi ?

- Prise de note pour mon rapport

- Ok. Et cette enveloppe ?

- Ah c’est du matériel de bureau pour moi

- Hein ? pour toi ? une stagiaire qui touche ?

- Ah Mme Tabane lou bess leu khana ? Mane Mr Ndiaye moma bindeul note pour que je donne à Féli. Je comprends pourquoi cette dernière m’a regardé bizarrement

- Li kay meussou fi ame . Mais c’est bien peut etre que c'est parce que tu es sa stagiaire

- Wa Mme Tabane pourquoi Mr Ndiaye fait du niangal tout le temps ?

- Mo kene dafko khame ? je l’ai connu avant d’entrer en service ici mais son comportement m’intrigue.

Bizarre ! je ne sais même pas pourquoi je lui demande

A dix sept heures je prends mon sac et sors du bâtiment. J’étais un peu pressée j’avais donc décidé de prendre un taxi

Alors que je discutais du prix avec le chauffeur du taxi que j’avais hélé, un klaxon me fit sursauter. Je relevai la tête pour voir…Heu je crois qu’il ne s’adresse pas à moi. Je l’ignore et il m'appelle par mon prénom:

- Aichatou ! viens je te dépose

Hein ? Dame Ndiaye en personne !

- Je vais à la Patte d’oie

- Montes c’est sur ma route

Tay leu tay !

Je montai dans la voiture, et il démarra .il avait une belle voiture noire agréable à l’intérieur et son parfum for men qui me chatouillait les narines. Hum !!!

C’est silence radio pour quelques minutes. Son portable sonna et il décrocha :

« Allo ! Oui attends moi je serai à la maison d’ici une vingtaine de minutes »

Lorsqu’il raccrocha et décida de rompre le silence :

- Alors comment se passe le stage ?

- Ca va j’essaie de m’adapter

- C’est déjà bien. Ici on est tellement débordés qu’on n’a pas une minute pour nous même

- C’est ce que j’ai pu constater

- Je sais que tout le monde me voit comme un homme de marbre mais je suis humain et chaleureux Aicha.Ceux qui me connaissent le savent

- Et comment vous êtes vous rendu compte de cela? quelqu’un vous l’aurait dit ?

- J’ai entendu pas mal de choses sur moi. S’il te plait tu peux m’appeler par mon nom. On a pas besoin d’être si formel

- D’accord Dame.

- Tu vis avec qui ?

- Mes parents

- Ok c’est bien. Moi j’habite à Ouest Foire

- Super !

Je me sentais à l’aise enfin avec lui. Mais il y’a toujours ce petit trouble que je ressens quand il est proche. Je ne peux pas l’expliquer. Malheureusement on arrivait à destination.

- Vous pouvez me laisser là, je suis presque arrivée

- Non laisse moi te déposer devant chez toi

- Non je dois voir une amie juste là avant de rentrer (je mens dé ! j’évite de croiser Papa. Woroul) , merci beaucoup

- De rien ce fut un plaisir. Puis avec un petit sourire : « à demain alors »

- Oui à demain Dame

Je refermai la portière et continuai à pied toute pensive dans mon petit nuage. je dois bien le reconnaitre « tu me plait Dame Ndiaye…»

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Entre rires et larmes

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