Chapitre 2
***Leonardo***
Elle avait une moue hésitante mais sa beauté brute se faisait tout de suite remarquer.
"Je... pardon…"
Elle me donnait l'impression d'être naïve. J'aimais cette situation dans laquelle je me retrouvais. Mon instinct dominateur s'était tout de suite activé.
"Quel est ton prénom ?"
Même si elle avait l'air saoule, je tenais à discuter avec elle.
"Tra…"
La musique venait de monter en volume. En plus, elle parlait d'une toute petite voix.
"Pardon?"
"Tracy." répète-t-elle.
"Ah! Enchanté, Tracy!" dis-je pour faire la conversation.
Elle était restée silencieuse et un sourire figé sur le visage. Je savais que je lui faisais de l'effet. D'ailleurs, aucune femme ne me résistait.
La musique continuait de résonner mais elle ne bougeait plus. Visiblement, elle avait perdu sa langue.
Je me rapproche donc d'elle tout doucement et je l'enlace par la taille.
Elle émet d'abord un petit bruit inaudible.
Nous étions maintenant collés l'un contre l'autre. J'enfouis mes mains dans ses cheveux courts et je serre sa tête contre ma poitrine.
L'espace de quelques secondes, quelque chose de particulier se passait. Quelque chose que je ne pouvais pas expliquer moi-même. Un peu comme si le monde venait de s'arrêter…
"Tracy !?"
Une voix aiguë venait d'interpeller Tracy qui sursauta dans mes bras.
Elle et moi nous retournons et tomboms sur une jeune femme à la personnalité explosive.
Elle marche vers nous en écarquillant de grands yeux à l'endroit de Tracy.
Sa personnalité était si opposée à celle de Tracy que je me demandais comment elles pouvaient être amies. La jeune femme s'était mise à chuchoter des choses à l'oreille de Tracy qui donnait l'impression de sortir d'un état second.
"Magalie…"
Elles parlaient si bas que c'était la seule chose que j'avais pu entendre de la bouche de Tracy.
La fameuse Magalie se retourne face à moi et un sourire malicieux se dessine sur mon visage. J'avais l'impression de me retrouver entre deux adolescentes.
"Bonsoir, je suis Magalie...la meilleure amie de Tracy." dit-elle en me tendant la main.
Ah! Elles s'étaient enfin rendues compte que j'étais présent.
"Bonsoir...Leonardo. Enchantée!" dis-je avec mon sourire le plus charmant.
Magalie s'était encore retournée vers Tracy et s'était mise à lui parler en chuchotant. Ce petit cirque commençait par m'agacer.
"Bon...je vous laisse." dit Magalie en s'éloignant de Tracy.
Elle venait de s'éloigner et il n'y avait plus que Tracy en face de moi. J'avais envie de pousser un ouf de soulagement.
"Viens, on s'asseoir au bar." dis-je en passant ma main autour de la hanche de Tracy.
Elle avait sursauté. Je commençais par m'y faire à son attitude de fille innocente. En réalité, ce n'était pas si anormal que ça. J'ai quitté la ville pour la campagne.
Même si je ne m'attendais pas à tomber sur des femmes extraverties, je ne comprenais pas pourquoi elle se retrouvait dans un endroit pareil mais qu'elle sursautait à chaque fois que je m'approchais d'elle.
Je l'entraîne jusqu'au bar avec ma main toujours sur sa hanche. J'étais à quelques centimètres d'elle et je pouvais la sentir frissonner, un peu comme si elle avait froid.
"Tu as froid?" questionnai-je.
Elle m'avait jeté un regard d'animal blessé et avait secoué la tête en signe affirmatif. Instinctivement, j'enlève ma blouse que j'avais mise par-dessus mon tee-shirt que je lui passe par-dessus l'épaule.
***Tracy***
En sortant de la maison en douce, je pensais juste danser avec Magalie et boire quelques bières. Je n'avais pas prévu un seul instant tomber sur ce bel homme.
Depuis qu'il s'était approché de moi, je ne voyais que lui. La musique me semblait lointaine. Il était grand et imposant avec des cheveux noirs brillants. Mais ce qui me faisait le plus frissonner chez lui, c'était son sourire. Son sourire me rendait muette.
Le parfum que dégageait sa blouse qu'il avait déposée sur mon épaule parce que j'avais froid titillait agréablement les narines. L'odeur de son parfum était brute et donnait une idée sur sa personnalité.
"Alors...ça fait combien de temps que tu vis ici?"
Il venait encore de m'adresser la parole. J'avais passé quelques secondes, le regard plongé dans ma chope de bière que je ne buvais plus.
"...Depuis que je suis toute petite." dis-je difficilement avec la gorge serrée.
Et j'avais l'habitude de tomber sur des hommes à la campagne mais jamais aucun d'eux n'avait créé cette tension qu'il y avait à présent entre Leonardo et moi.
"Wouah ! Ça fait longtemps…"
Il avait continué par parler mais moi je ne l'écoutais plus. Mes yeux étaient fixés sur son visage. À travers la pénombre, je pouvais voir distinctement les traits fermes de son visage.
J'étais déstabilisée et plusieurs émotions s'étaient emparées de moi sans que je ne puisse savoir ce que je ressentais.
Plusieurs minutes de silence étaient passées. Autour de nous dans la salle, les gens continuaient par danser et chanter comme des fous. Cette atmosphère me donnait des frissons sans que je ne sache pour quelle raison.
Il y avait cette voix qui me rappelait que l'heure de rentrer à la maison était arrivée mais je n'avais pas assez de force pour m'en aller. Je me retrouvais dans une sorte d'indécision.
Mon regard avait croisé Magalie qui était en train de danser comme une folle sur la piste de danse et alors un sourire se dessina sur mes lèvres.
"Pourquoi souris-tu?"
Je réussis à détourner mon regard et à le poser sur lui. Et à ce moment, j'avais l'impression d'être figée. Ce qui prouvait juste que je n'avais pas inventé tous ces sentiments. Le bel inconnu faisait naître en moi des sensations qui m'étaient jusque-là inconnus.
"Euh...pour…"
Je m'étais encore mise à bégayer. Il poussa un long soupir et porta à sa bouche sa bière. Et le silence venait encore de s'installer.
L'image de ma mère me revient subitement à l'esprit. Je l'imaginais en train de me faire ses remontrances en me rappelant comment une fille de bonne famille ne sortait pas tard dans la nuit et en plus pour se retrouver dans un bar avec des hommes et de la bière.
Non seulement j'avais prévu de rentrer un peu plus tôt mais je me rendais compte qu'il était vraiment temps que je rentre à la maison. Le temps était suffisamment avancé.
Maintenant, je réfléchissais à comment j'allais le dire à Lorenzo. Quelques secondes de réflexion parmi lesquelles je pensais à comment j'allais le formuler.
"Je...je dois rentrer." réussi-je à lui dire après avoir pris mon courage à deux mains.
Il resta un instant la tête baissée dans sa chope de bière et finit par relever la tête pour me faire face.
"Il n'est que deux heures du matin?" s'exclame-t-il en jetant un coup d'œil à sa montre.
Sa question faillit me faire rire. Si deux heures du matin était tôt pour rentrer pour lui. Il n'aurait pas pu imaginer que si j'étais restée jusqu'à aussi tard, c'était à cause de lui.
"Oui...il se fait tard pour moi." répondis-je en me levant.
"Alors, est-ce que je peux te raccompagner jusque chez toi?"
Il s'était aussitôt levé.
"Non ça va aller." dis-je en marchant jusqu'à Magalie qui continuait par danser.
Je réussis dificilement à la tirer de la piste de danse et à la sortir du bar. Je marchais droit devant moi sans me retourner un peu comme si j'étais prête à tout pour me convaincre du fait que je n'avais jamais rencontré cette créature merveilleuse et que ces heures volées n'avaient jamais existées.
Ne sachant comment me comporter ni quoi faire, je préférais me fuir telle une petite collégienne face à son amoureux avec le visage rougit.
Magalie rouspétait alors que nous étions maintenant à l'extérieur du bar. Le vent frais du petit matin me caressait agréablement le visage.
J'allais continuer dans ma marche sans me retourner lorsque sa voix me figea sur place.
"Tracy !"
Lorenzo venait de m'interpeller. Un peu comme pour me rappeler qu'il était là. Timidement, je me retourne pour lui faire face.
"Lorenzo !" dis-je d'une petite voix.
Pendant ces quelques secondes, tout semblait croire qu'on était seuls au monde. C'était certainement le fruit de mon imagination.
Son beau visage et sa carrure imposante ne me laissaient pas indifférente. Bien qu'il était à plusieurs mètres de moi, l'air frais avait porté son parfum jusqu'à moi.
"Comment je fais pour te revoir?" demanda-t-il
"Ce n'est pas possible...Aurevoir." dis-je en attrapant Magalie par la main pour qu'on puisse s'en aller.
Un sourire séduisant est aussitôt apparu sur son visage.
"On se reverra." dit-il telle une promesse à peine voilée.
Sans dire mot, j'avais attrapé Magalie fermement pour que nous nous en allions dans la nuit. Il fallait coûte que coûte que je rentre. Durant tout le trajet qui menait à la maison, je n'avais pas cessé de penser à cette dernière phrase qu'il m'avait dite...mon bel inconnu !
Le lendemain
***Tracy***
"Tracy... tracy…réveille-toi"
Toc toc toc !
"Mmmm...Mmmmm…"
La porte de ma chambre venait de s'ouvrir sur ma mère qui débordait dans tous les sens.
"Qu'est-ce qu'il y a..maman?" questionnai-je en me retournant dans mon lit.
Peu de temps après, j'entendis un grand bruit et les rayons de soleil pénétrèrent dans ma chambre.
"...ce qu'il y a, jeune fille...c'est qu'il fait jour. Il est déjà six heures du matin...Mon Dieu! Pourquoi te réveilles-tu si tard aujourd'hui ?"
Sa remarque me fit sursauter dans mon lit. Sachant où j'ai passé la nuit dernière, il ne fallait pas que ma mère découvre mon petit secret.
"C'est bon, je suis en éveil." dis-je en m'asseyant dans mon lit.
Ma mère reste debout à me fixer.
"J'espère que tu ne me caches rien." dit-elle avec un regard inquisiteur.
Je n'avais plus d'autre choix que de sortir de mon lit.
"Je suis réveillée, maman…" dis-je en sortant de mon lit.
"Tu as intérêt parce qu'on ouvre dans trente minutes." dit-elle en sortant de ma chambre.
Bon sang! Il n'était que six heures du matin. Bien que j'ai toujours vécu comme ça, j'ai toujours pensé au fond de moi que c'était trop tôt pour se réveiller mais je n'y pouvais rien. C'était la vie à la campagne.
Quelques minutes plus tard
Ma mère tenait une supérette à la campagne dans laquelle ma sœur et moi nous nous relayions. Ma mère revendait les produits que cultivait mon père.
C'était la seule supérette de la campagne, ce qui fait qu'elle avait beaucoup de succès. Il fallait donc ouvrir au plus tôt et aujourd'hui c'était mon tour.
Il m'avait fallu un grand effort pour ne pas me rendormir une fois que ma mère avait quitté ma chambre. J'avais réussi à venir ouvrir.
Quelques minutes juste après l'ouverture, les gens s'étaient déjà rués à l'intérieur.
Je pousse un long soupir sachant déjà que ma journée n'allait pas être de tout repos.
"Suivant !" dis-je en tendant à la dame qui était devant moi son paquet de fruits frais.
J'avais la tête baissée en faisant le compte des produits du client suivant.
"Voilà pour vous." dis-je avec mon plus grand sourire en tendant le paquet suivant au client qui suivait.
Lorsque mon regard croise le client qui se trouvait en face de moi, mon sourire se figea aussitôt.
"Bonjour Tracy." dit-il avec son plus large sourire.
"Lorenzo…" dis-je d'une petite voix.
J'avais des papillons dans le ventre.
Chapitre 3
***Tracy***
Qu'est-ce qu'il faisait ici? Comment m'avait-il retrouvé ? Revoir Lorenzo dans la supérette de ma mère me mettait dans tous mes états. Surtout quand je pensais aux circonstances dans lesquelles on s'était rencontrées la première fois.
Je n'avais rien à voir à la fille qu'il avait vu hier dans le bar qui dansait comment une folle. Mais lui il était resté le même. Toujours aussi beau et séduisant.
"Dis-moi combien je dois payer…" dit-il toujours avec son sourire craquant.
"Euh...je…"
C'était reparti. Je m'étais encore mise à bégayer.
Les personnes derrière Leonardo s'étaient mises à rouspéter. Ils voulaient que je les serve au plus vite.
"... qu'est-ce que tu fais ici?" réussi-je à dire finalement.
Il haussa son sourcil droit en signe d'étonnement.
"Je suis venu acheter des pommes...depuis quand c'est interdit ?" rétorque-t-il en levant de sa main droite le paquet de pommes en l'air.
Il venait encore de sourire de toutes ses dents et je savais déjà que cette discussion allait durer assez longtemps si je persistais.
"Je pense que tu devrais...euh…"
"...tu as parfaitement raison. Je vais me mettre sur le côté pour que tu serves les autres clients ..j'ai tout mon temps…"
Je n'avais aucune intention de lui faire la proposition de se mettre sur le côté. Leonardo avait aussitôt joint le geste à la parole et il s'était décalé sur le côté.
Je n'avais plus d'autre choix que de servir les clients qui se trouvaient devant moi.
De temps en temps, je pouvais le voir en regardant les rangées de fruits. Je me demandais bien ce qu'il regardait autant. J'avais du mal à me concentrer sur la file qui se trouvait devant moi.
Quelques minutes après, il n'y avait plus de file devant moi. Il était à présent huit heures du matin et les rayons du soleil pénétraient dans la supérette.
Leonardo et moi étions maintenant seuls. Il marche lentement jusqu'à moi. Je pouvais sentir mon souffle devenir de plus en plus rapide. J'avais l'impression de me retrouver dans un film.
"Tracy…" susurre-t-il en approchant du comptoir.
"Comment m'as-tu retrouvé?" demandai-je toujours sous l'effet de l'étonnement.
"Ça n'a pas été si difficile que celà. On m'a dit qu'ici, tout se sait."
Il avait raison. On vivait dans une petite campagne dans laquelle tout le monde savait tout sur tout le monde. Ça n'avait pas été bien difficile pour lui de me retrouver mais j'étais étonnée parce que je ne pensais pas le revoir un jour.
Je réussis par remettre de l'ordre dans mes pensées et je lui tend son paquet de pommes.
"Combien dois-je payer?" questionne-t-il.
"Cadeau de la maison." répondis-je machinalement.
En réalité, je voulais qu'il s'en aille au plus vite. Je n'imaginais pas ce qui allait se passer si ma mère tombait sur lui.
"Tu essayes de te débarrasser de moi?"
Sa question me prend de court. Sans savoir quoi répondre, je reste silencieuse.
Le temps que je m'en rende compte, il s'était déjà approché de moi. Il y avait juste quelques centimètres qui nous séparaient et le comptoir mais je pouvais sentir sa respiration chaude.
"Je pense que tu devrais t'en aller." dis-je en détournant le regard.
Il déposa sa main sur la mienne. J'eus un sursaut.
"J'ai envie de te revoir." dit-il avec une voix fébrile.
Que me voulait ce bel homme? Mon incompréhension grandissait de plus en plus. Leonardo était très séduisant et beau alors que moi j'étais une fille banale qui ne prenait presque pas soin d'elle.
Peut-être que c'est moi qui me faisait des idées mais je ne pouvais m'empêcher de me faire des films. Sa manière de me regarder et de me parler laissaient croire autre chose.
"Tracy…"
Je sursaute.
La porte d'entrée de la supérette venait de s'ouvrir sur ma sœur, Déna.
Leonardo avait compris et avait aussitôt retiré sa main de la mienne.
"Ce soir à onze heures du soir au bar, je t'attendrai…" me chuchote-t-il en prenant le paquet de pommes et en sortant.
Déna l'avait observé pendant un long moment jusqu'à ce qu'il s'en aille.
J'essayais toujours de me remettre de mes émotions. Déna s'était approchée de moi avec un regard interrogateur.
"Tracy...tu le connais?"
"Euh...non..non…" dis-je en me dirigeant vers les rangées en faisant semblant d'avoir du travail à faire.
J'esquivais le regard de ma sœur. Elle était restée silencieuse pendant un bon moment mais je savais qu'elle n'allait pas tarder à revenir à la charge.
"Tracy, tu sais que tu peux tout me dire…"
"De quoi parles-tu ?" rétorquai-je en riant nerveusement.
"Je suis peut-être ta sœur mais je ne suis pas dupe…"
Mon cœur se mit à battre très vite. Je craignais qu'elle n'ait entendu Leonardo tout à l'heure. Elle marche jusqu'à moi et prend mes mains dans les siennes.
"Depuis un certain temps, je te trouve...ailleurs."
Je pousse un soupir de soulagement. Il ne s'agissait pas de Leonardo.
J'éclate d'un fou rire.
"Je ne suis pas ailleurs, Déna…"
"Bien-sûr, Tracy. Je te trouve distante. Tu sais que j'ai toujours été très observatrice et je suis ta sœur. Tu peux tout me dire…"
Elle avait dit cette dernière phrase en pressant affectueusement mes mains dans les siennes. L'espace de quelques secondes, j'eus envie de me confier à elle.
De lui dire que plus le temps passait et que je ne me sentais plus à ma place ici. Un peu comme si j'arrivais à une échéance et que l'étau se resserrait un peu plus chaque jour.
Mais la réalité me revient comme une douche froide. Elle ne comprendrait pas. Elle allait certainement me dire que ce n'était qu'une mauvaise passe et que ça irait beaucoup mieux et je n'avais aucune envie d'entendre ce genre de choses.
"Ne t'en fais pas. Tout va bien, Déna."
J'avais répondu avec ma plus grande conviction et un large sourire pour la dissuader d'un quelconque doute.
"D'accord...sache que je serai toujours là pour toi et que tu peux compter sur moi." dit-elle en me serrant dans ses bras.
J'avais acquiescé de la tête en repensant à l'apparition de Leonardo. Son parfum était resté dans l'air.
Le soir
***Tracy***
La musique était assourdissante comme à chaque fois que je venais. Contrairement aux fois précédentes, je me sentais un peu mal à l'aise. Pourquoi ? Parce que j'étais venu comme Leonardo me l'avait demandé.
Qu'est-ce qui était en train de m'arriver? J'étais en train d'honorer le rendez-vous d'un parfait inconnu. Une petite voix au fond de moi me disait qu'il ne m'était pas totalement inconnu.
Je ne connaissais rien d'autre que son prénom mais j'avais pensé à lui toute la journée. Il m'était presque impossible de me concentrer sur ce que j'avais à faire. Leonardo avait envahi mes pensées.
À peine il avait sonné onze heures du soir que je m'étais ruée jusqu'au bar. Cette fois-ci, je n'y étais même pas allée avec Magalie. Comme par magie, j'étais devenue entreprenante.
Ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'ici. Je ressentais comme une bouffée d'adrénaline. Ce qui est tout à fait normal pour une fille de la campagne comme moi qui avait toujours suivi les règles à la lettre.
"Tracy…"
Malgré la musique et les gens qui bavardaient, j'avais reconnu sa voix. Leonardo m'avait rejoint dans le coin du bar où j'étais assise en me demandant si j'allais plutôt retourner chez moi.
"Bonsoir." dis-je timidement.
Il s'était assis près de moi et un des serveurs du bar nous a ramené de la bière.
"J'aimerais apprendre à mieux te connaître…" dit-il entre deux gorgées.
Poussée par un courage que je ne connaissais pas, j'avais décidé de mettre les choses au clair avec lui.
"Que me veux-tu au juste?" demandai-je.
Il fut d'abord surpris mais il finit par reprendre ses esprits.
"Je te l'ai dis...je veux mieux te connaître…"
Il l'avait dit en se rapprochant de moi. Cette fois-ci, je ne l'avais pas fui.
Je manifestais une audace dont je ne me savais pas capable.
Soudain, il semblait pensif. Je sentais qu'il ne m'avait pas encore tout dit.
"J'habite en ville et je suis venu à la campagne juste pour quelques jours…Ce que je vais te demander va peut-être te sembler précipité mais...je veux que tu retournes avec moi en ville demain."