Chapitre 2

2ème partie : Une décision prise en commun accord

J'ai vu que j'ai réveillé de mauvais souvenirs... Respect à vous tous...

Tous les membres de ma famille adoptive sont venus vers moi et me serré dans leur bras à tour de rôle. Ils pleuraient aussi mais mon tonton a repris la parole.

Tonton : Kiné tu sais ta place dans cette famille. Nous serons toujours là pour toi dans n’importe quelle situation. Tu peux toujours compter sur nous comme ça a été le cas durant ses 17ans passés. Nous voulons le meilleur pour toi. Tu as une marge de progression dans tes études. Tu es un très bon élève et tu mérites d’aller dans les plus grands et meilleurs établissements. Nous souhaitons que tu réussisses dans tes études comme l’a toujours voulu maman, mais nous n’avons pas les moyens de t’accompagner dans tes études. Ça ne nous fait pas plaisir de te le dire mais nous aimerions que tu vives avec ta mère. Elle a les moyens de gérer tes études. Elle a fait une erreur mais elle la reconnait et elle ne veut que ton pardon. Nous savons que ce ne sera pas une partie de plaisir mais avec le temps tu finiras par pardonner. Nous t’avons éduqué et nous savons que tu as un bon cœur. C’est la surprise de la nouvelle qui te pousse à réagir de la sorte. Elle ne t’a pas abandonné parce qu’elle ne t’aime pas mais elle avait peur. Elle pensait que tu n’allais jamais survivre à ses cotés à cause de ses manques de moyen. Essaie de pardonner et d’aller de l’avant avec elle. Donne-lui l’occasion de te prouver qu’elle t’aime.

Kiné : J’suis prête à fréquenter les établissements publics mais j’veux rester avec vous. Je n’ai qu’une seule famille et c’est vous. Je ne me focalise pas sur sa richesse, pour moi la vraie richesse c’est l’amour et les valeurs. Ce que vous avez fait pour moi est la plus grande richesse.

Ma tante : Nous savons que tu nous aimes énormément et c’est réciproque. Mais écoute ton tonton, il a raison, nous ne pourrons pas assurer tes études et une mère est une mère. Le dernier mot te revient dans tous les cas. Ici ce sera toujours chez toi. Si tu veux rester aussi, nous ne te chasserons jamais de la maison. Mais pour un avenir radieux, nous voulons que tu acceptes la proposition de ta mère. Tu pourras venir nous voir quand tu veux. La porte de la maison te sera toujours ouverte. Tu rêvais de nous aider à nous sortir de la vie modeste que nous menons et bien, c’est le moment de saisir ta chance et de mettre tous les atouts de ton coté pour réussir. Nous te faisons confiance, maman a mis des valeurs sures en toi et nous savons que tu ne dévieras jamais le chemin.

Kiné : Donc vous me proposez d’aller vivre avec cette dame.

Ils répondent à l’unisson OUI. J’comprends leur souci. Ils veulent ma réussite et ils ne peuvent pas assurer mes dépenses. Nous vivons des moments difficiles. Tous les membres de la famille sont en chômage. Tonton faisait les journaliers, tantôt il est pris, d’autre fois non. Même si dernièrement, la situation avait changé à cause de la dame qui prétend être ma mère. Elle avait amené des sacs de riz, de l’huile, du sucre bref une ration complète qui pourra tenir un mois. Elle faisait des efforts, à part son abandon, je n’ai rien à lui reprocher. Elle a été jusque-là sympa. J’ai fini par accepter la requête de ma vraie famille. Je n’avais plus les nouvelles de ma mère. Elle m’avait laissé son numéro en me disant si tu as besoin de moi, tu peux m’appeler quand tu veux. Pour dire vrai, j’avais une folle envie de l’appeler mais mon orgueil m’empêchait de le faire. J’ai toujours rêvé de vivre avec ma mère. J’croyais que j’serai la fille la plus heureuse quand j’verrai ma mère mais la situation en est autrement. Quand je me rappelais, la joie de mes amies quand elles étaient avec leur parent, l’envie de recoller les morceaux me hantait. En plus, ses explications sont convaincantes. Elle voulait une meilleure vie pour moi. Elle ne m’a pas abandonné par manque d’amour mais pour mon mieux. Elle est humaine, elle n’est pas parfaite et tout le monde mérite le pardon. J’pense que c’est à cause d’elle que mamie me disait de pardonner à une personne. J’pense que j’dois la donner une chance de prouver que son absence n’était qu’une simple erreur. J’ai fait part de ma décision à mes tantes de rappeler ma mère et elles étaient contentes avant de m’encourager.

Le dimanche, à mon réveil, j’ai composé son numéro. Au bout du fil, j’entends cette voix qui reste pour le moment étrangère.

Kiné : Bonjour, c’est tata Mariama ???

Ma mère : Oui c’est Mariama. Qui est à l’appareil ???

Kiné : C’est Kiné à l’appareil.

Mariama : Ki…ki…Ki…. Kinééééé ma fille ???

Kiné : Oui.

Mariama : Attends, je te rappelle. Ne gâche pas ton crédit.

Elle me raccroche avant de me rappeler automatiquement. J’peux sentir sa joie de me parler. Elle était contente, elle cherchait les mots qu’elle avait du mal à retrouver. Elle bégayait gravement, sa voix tremblait j’peux deviner facilement qu’elle était gagnée par l’émotion. Elle ne me laissait plus parler, elle enchainait les phrases sans que je ne comprenne quoi que ce soit. Elle faisait des hors sujets, je ne suivais plus sa discussion, d’un côté, elle me faisait rire à cause de ses paroles qui n’ont pas d’harmonie. Il fallait que je l’aide à retrouver le chemin de la discussion.

Kiné : Mariama, j’peux parler ???

Mariama : Ok excuse-moi, j’parle sans savoir ce que j’dis. J’suis désolée, je ne t’ai pas laissé parler depuis ton appel. J’suis tout simplement contente d’entendre ta voix. Tu ne sais pas la joie que j’ai en recevant ton appel.

Kiné : J’veux qu’on se voie, si vous avez le temps. J’veux discuter avec toi.

Mariama : SI tu veux tout de suite même, j’peux me déplacer. Je ne fais rien, à part me reposer. J’voulais juste aller au salon pour me refaire ma coiffure mais j’peux tout annuler. Ça peut attendre.

Kiné : Non c’est bon. Nous pourrons attendre le soir vers les 18h si ça vous arrange.

Mariama : J’serai présente chez toi à 18h00.

Kiné : Bonne journée.

En raccrochant mon téléphone. Mes tantes étaient présentes quand j’parlais au téléphone avec Mariama. Elles étaient contentes que j’puisse revenir à la raison. La journée se passait super bien. 17h50mn, Mariama était présente à la maison avec sa voiture. Elle était belle quoi qu’on puisse dire avec ses rondeurs Mashallah, j’vois maintenant d’où me vient mes rondeurs. On peut deviner facilement qu’elle prend soins de son corps. Elle était plus free que d’habitude. Après les salamalecs avec la famille, elle reste assise dans la cour avec mes tantes, le temps que j’prends mon bain et de me préparer. J’ai fini ma préparation vers les 18h20mn. Elle me demande où est-ce que j’peux aller pour discuter. Je lui laisse le soin de choisir. Elle me fait monter à bord de sa voiture, direction un lieu inconnu. C’était la première fois que j’entre dans un lieu si beau et si chic. Elle me demande ce que j’voulais prendre, tout était étrange. Nous avons fait notre commande, d’ailleurs, c’est elle qui a choisi pour moi, parce que je ne connaissais que dalle. Durant tout le trajet et notre discussion, on ne sait pas fixer les yeux. Chacune fuyait le regard de l’autre.

Mariama : De quoi voulais-tu me parler ma fille ???

Kiné : J’voulais vous dire que j’accepte de vivre avec vous. Mais j’aimerai aussi que tu me promettes que j’aurais le choix de venir passer des week-ends ou des jours chez ma famille. Que vous ne m’empêcherez jamais d’aller les voir ou trucs du genre. Que vous serez patiente avec moi et que vous ne me forcerez sur quoi que ce soit.

Mariama : Tu auras le choix de faire tout ce que tu veux. Je ne serai pas exigeante envers toi. Tes désirs seront des ordres. Je te promets de me plier à toutes tes exigences. J’sais que tu as été bien éduquée, je ne chercherai jamais à augmenter ou à changer ton caractère.

Kiné : J’veux mieux vous connaitre aussi. Je ne sais rien de vous et j’aimerai un petit aperçu de vous.

Mariama : Tu auras l’occasion de me connaitre comme tu le souhaites. Pour le moment, tout ce que j’peux dire est que j’suis mariée à nouveau avec un bon monsieur qui m’aime comme j’suis et il connait mon passé. D’ailleurs, c’est lui qui m’aidait à te retrouver. Nous avons une fille fruit de notre amour. Elle a 8ans et j’sais que vous allez vous entendre. Elle est si pressée de te connaitre. Bref, tu ne seras pas dépaysée à la maison. Tu seras la bienvenue. Quand est-ce que tu comptes venir ???

Kiné : Je te laisse choisir parce que mes tantes sont d’accord pour que j’te rejoigne.

Mariama : D’accord. J’discuterai avec elles pour voir leur avis. S’il ne dépendait que de moi, nous partirons ce soir même.

Nous avons passé un bon moment ensemble. J’étais vraiment contente de sa présence à mes côtés. Yaye dal dou morom. Elle était si free avec moi, même si j’sentais de temps en temps un petit gène dans son regard. Vers les 20h, nous décidons de prendre le chemin du retour. A notre arrivée, elle s’est entretenue avec ma famille adoptive, nous étions tous réunis dans le salon.

Mariama : J’voulais m’entretenir avec vous pour savoir quand est-ce qu’elle peut partir avec moi. j’me plierai dans n’importe quelle décision que vous prendrez. J’suis à votre écoute.

Mon tonton : Nous sommes contents du respect que tu nous donnes mais nous te rappelons que c’est ta fille. A toi de choisir, nous nous plierons à ta décision.

Ma tante : Comme l’a dit grand frère, on te laisse le choix. Si j’avais un conseil, elle ira avec toi ce soir même parce que dans 2 jours, c’est l’ouverture des classes.

Mariama : Ce sera trop juste aujourd’hui. Peut-être demain, tu as raison, c’est bientôt l’ouverture des classes. On programme demain soir.

Ils avaient pris une décision en commun accord. Ils ont changé de sujet. Il se faisait tard, Mariama préparait à nous quitter. Avant son départ, elle me promet de passer demain vers les 20h pour me récupérer. J’pouvais commencer à ranger mes bagages. Mes tantes me donnaient un coup de main. J’étais silencieuse en rangeant mes bagages. Mes larmes coulaient sans que je ne fasse attention. J’partais vers l’inconnu. Quand j’repense aux moments que j’ai passé avec cette famille, je ne veux que rester avec elle. D’un côté, j’ai l’impression de trahir cette famille d’accueil. J’peux dire que j’ai pris toute leur économie et me voila prête à la quitter. Une de mes tantes s’est levée pour venir me réconforter.

Ma tante : Arrête de pleurer. N’éprouve aucun remord. Nous sommes tous contents et fiers de toi. Tu ne peux pas savoir combien nous sommes contents de savoir que tu seras dans de bonnes conditions de réussir dans tes études. Notre seul souci était de savoir comment faire pour que tu continues tes études dans les conditions idéales. Maman pourra se reposer tranquillement dans sa tombe.

Ses paroles m’ont vraiment réconforté. Je me trompais en pensant qu’ils me considéreront comme une traitresse. Nous avons fini de ranger les bagages vers les 0h. Nous partageons la chambre tous les 3. Le lendemain matin, à notre réveil, personne n’est sorti de la maison. Ils voulaient tous passer avec moi mon dernier jour dans cette maison. Je ne sais pas comment ils ont fait mais, ils m’ont offert une dernière journée de joie. La journée se passait très bien même. A 20h, Mariama s’est pointée avec une autre voiture beaucoup plus grande. Mon tonton faisait monter mes bagages. J’avais deux grandes valises. Mamie m’avait gâté d’habits, elle m’achetait tout ce que j’veux. J’suis allée voir qui s’était retiré dans sa chambre après avoir monté les bagages.

Kiné : Tonton, j’tenais vraiment à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je vous en serai reconnaissante éternellement. Vous avez été comme un père pour moi. Vous étiez toujours présent pour me donner de bons conseils et vous m’avez aidé dans différentes situations.

Tonton : Tu as été une fille facile à vivre. Et nous n’avons fait que notre devoir. Ta place en maman, tu la connais donc c’était très normal que nous l’accompagnons dans tout ce qu’elle veut. Stp, ne nous déçoit jamais. Garde les valeurs que t’a inculqué maman.

Ils me serrent dans ses bras. Je ne pouvais pas retenir mes larmes. Pour la 1ère fois de ma vie, j’ai vu les larmes de tonton. Même le décès de mamie, je ne l’ai pas vu pleurer. J’pouvais sortir de la chambre, les autres étaient dans la cour nous attendant patiemment. On serre les bras un par un sans piper mot, il n’y’avait que les larmes qui coulaient. Dans certaines situations mieux vaut se taire et laisser le silence agir. Nous montons dans la voiture avec maman avant de prendre un chemin étrange à mes yeux.

Après presque 1h de route, nous arrivons dans une grande et belle maison. Un gars était assis devant la porte de la maison, j’peux deviner facilement que c’était le gardien. Il a ouvert la porte du garage, avant de venir monter les valises. Maman fait les présentations vite fait avant que nous montons en haut. Y’avait pas de la lumière ce qui m’étonna, il faisait sombre, quelques secondes après notre montée, les lampes étaient allumées, y’avait des applaudissements et un grand tableau où c’était écrit, BIENVENUE CHEZ TOI KINE. J’pouvais voir un monsieur, une fille et 3 autres dames. Ma mère avait mis les moyens pour que je me sente à l’aise. Elle avait préparé un diner à mon honneur. Elle me présente au personnel, les 3 dames travaillaient pour elle. L’une était la cuisinière de la maison et les 2 autres se chargeaient du nettoyage. La fille était ma sœur Rama et le monsieur tonton Abdou le mari de ma mère. Ils m’ont tous mis à l’aise. Maman me montra ma chambre, une grande pièce, j’pourrai habiter avec mes tantes dans cette chambre. Elle était tellement grande et belle. J’viens de réaliser une de mes rêves une chambre avec une salle de bain. J’étais dans un autre monde. Tout était en rose ma couleur favorite. Elle avait demandé des informations sur moi pour réussir sa surprise. J’avais vraiment adoré. Ma petite sœur Rama ne me lâchait plus, elle était à mes côtés. La décoration de ma chambre me plaisait énormément. Après avoir fait connaissance de ma chambre, j’suis sortie pour diner avec ma nouvelle famille. Abdou me parlait comme sa propre fille. Toutes les conditions étaient réunies pour que je me sente à l’aise. A la fin du repas, Rama me faisait visiter la maison qui était vraiment grande et belle. J’pouvais regagner ma chambre. Il a fallu l’intervention de maman pour que Rama me laisse un peu pour que je me repose. J’voulais ranger mes bagages dans l’armoire mais j’étais surprise, elle était déjà remplie de nouveaux habits. Quand je me suis retournée, j’ai croisé le regard de maman.

Ma mère : J’ne pense pas que tu auras besoin de tes anciens habits. Ce n’est pas parce que je les minimise mais j’trouve normal que tu changes ta garde robe. Je ne voulais pas que tu laisses là-bas tes habits, peut-être ce sera mal vu par tes tantes.

Kiné : J’sais mais j’préfère garder les habits parce que mamie les a acheté à la sueur de son front et pour rien au monde je ne les jetterai. Ils resteront des souvenirs inoubliables.

Ma mère : J’suis d’accord avec toi. Tu peux faire ce que tu veux avec ses habits. Je n’y vois pas d’inconvénients.

Après ses mots, elle sort de ma chambre. J’pouvais me déshabiller avant de prendre mon premier bain dans ma salle de bain qui était très bien faite. J’peux deviner que maman est vraiment riche parce que ce que j’utilise je ne les voyais que dans les films. J’pouvais me coucher paisiblement après avoir fait toutes mes prières. J’ai prié pour ma mamie car je ne l’oublie jamais dans mes prières. A demain.

Chapitre 3

3ème Partie : Ma nouvelle vie

Les premiers jours se passaient super bien Mashallah. Je n’avais pas le temps de maitriser la maison. Je me suis lancé dans les études, j’sortais à 6h du matin pour descendre vers les 18h avec le trajet et les embouteillages, parfois j’arrive à 19h passé 20h. J’étais à Saint Michel et ceux qui ont fréquenté ses écoles savent de quoi j’parle. Je ne voyais que le lit après quelques révisions. Mes études étaient mes priorités. Je me débrouillais super bien dans les études. Je n’avais que les week-ends pour sympathiser avec les gens de la maison. Avec le personnel, les relations étaient cordiales, je ne suis pas du genre à faire la distinction entre les gens, je les considère tous égaux. Mon beau père, on se voyait vite, le temps juste de le saluer et de regagner ma chambre. Ma petite sœur, on se voyait chaque jour, nous sortons de la maison ensemble et parfois nous rentrons ensemble. Elle fréquentait ma chambre, franchement avec elle, la mayonnaise a vite pris. Je n’oubliais jamais d’appeler ma famille adoptive chaque jour que Dieu fasse, je les appelle au téléphone. Maman ne cessait de me gâter avec des cadeaux, habits, chaussures, accessoires féminines, bref tout ce don une fille aura besoin. Chaque descente, j’avais droit à un cadeau.

Un week-end, elle me fait visiter ses investissements. J’étais vraiment surprise de tous ses biens. Maman avait des boutiques cosmétiques, des boutiques qui vendent des tissus, des salons de coiffure, une bambinerie, des accessoires de cuisine, franchement, elle a investi. J’étais étonnée mais aussi fière d’elle. J’vois qu’elle s’est battue pour en arriver là. C’est une nouvelle source de motivation. Je ne veux pas me vanter de la richesse de ma mère, j’veux avoir ma propre richesse et pour se faire, j’dois me concentrer sur mes études. J’ai une chance d’avoir les moyens d’étudier calmement et de subvenir à tous les besoins. Avant mamie se débrouillait pour m’acheter les fournitures, j’pouvais rester un mois avant d’avoir tout le matériel au complet. Maintenant, le jour des inscriptions, j’ressors avec tout le nécessaire. Je n’ai pas le droit de faillir, ma seule préoccupation sera mes études, j’dois penser à ses enfants qui n’ont pas les moyens et pourtant, ils se battent pour leur réussite.

Je n’avais pas d’amis juste mes tantes de ma famille adoptive. Elles étaient toujours là pour moi. Maman me donnait leur ration du mois. Y’avait un chauffeur à ma disposition, il me déposait chaque matin à l’école avant de venir me récupérer le soir. J’étais dans d’excellentes conditions. A force d’aller à l’école, j’ai fini par me familiariser avec une certaine Anna, une fille sympa et très réservée. Ce qui se ressemble, s’assemble. Elle est devenue comme une sœur. Elle est comme moi, ses études étaient sa seule préoccupation.

2 mois après ma venue dans la maison, maman se préparait à aller en voyage pour son business. Elle ne restait jamais 4 mois au Sénégal, elle partait tout le temps en voyage pour augmenter son commerce. J’aime son genre de personne, elle ne se satisfait jamais, elle ne se repose pas sur ses lauriers, elle essaie chaque jour d’augmenter son business. Mon beau père quant à lui, travaillait pour son propre compte aussi. Il vendait et louait des voitures. Il avait un grand parking et des magasins pour vendre des pièces détachées. Il était gentil avec moi mais quelque chose clochait en lui. Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas une entière confiance en lui.

Nandité : Ya ngi beug sikk nak Kiné salamalékoum malékoum salam nganane wolou woko massa. Continue.

Parmi le personnel, y’avait une certaine Fina, une fille vraiment trop belle et jeune. J’étais proche d’elle parce qu’elle était toujours disponible pour moi. En plus, la différence d’âge n’était pas trop grande. Beau père avait fini par se faire avec les voyages de maman quant à moi, c’était une découverte. J’voulais l’accompagner à l’aéroport, elle était d’accord avec moi. C’était la première fois que j’foulais notre aéroport national.

Nandité : Mane mom dama yobou ba légui dotou mafa tekk tank khana beuss boumey dirri valise comme tout le monde. Yalla nak warna gawa nieuw bama dirri ou ma dirri valise dieum Gambie sakh. En tout cas, na dirri rek. Dama yagg Sénégal nak, beuss bouma démé dotolène ma gawa guiss. J’connais les coins et recoins du pays. Souma démé ngéne khamni may warkat. Kiné ne te presse pas pour accompagner les gens à l’aéroport, khol bou diekh rek lol.

Un samedi vers les 20h, nous quittons la maison direction aéroport avec le chauffeur. Après une heure et quelques minutes de route, nous sommes arrivés et maman est partie directement pour remplir ses formulaires et faire le nécessaire. En le voyant, j’peux deviner qu’elle est une habituée de ce lieu. Elle était connue dans ce milieu. Elle faisait tout rapidement. Elle est revenue après quelques minutes pour nous libérer. Nous avions pris le chemin du retard. Elle avait ouvert un compte pour moi. Elle me donnait beaucoup d’argent honnêtement. Je n’oubliais jamais ma famille adoptive, cet argent je n’en avais pas besoin. J’en profitais pour l’envoyer à mes tantes et mon tonton. Nous sommes revenus vers les 22h à la maison. Ma petite sœur Rama était couchée dans ma chambre, les week-ends, elle dort avec moi. Beau père était assis au salon, il regardait une émission.

Beau père : Tu es revenue. Si tu veux toujours accompagner ta mère, tu vas finir par te fatiguer. Elle voyage trop mais avec le temps tu t’habitueras.

Kiné : Rire. J’voulais découvrir l’aéroport. C’est la première fois que j’vois en face l’aéroport.

Beau père : AH bon c’est bien de découvrir mais tu finiras par maitriser ce lieu avec ta mère.

Kiné : J’vais me coucher bonne nuit.

J’avais du mal à l’appeler papa. Je ne prononçais jamais son nom, ni un pseudo. J’venais et j’dis directement ce que j’veux si j’ai besoin de lui. Il ne m’a jamais imposé un nom et il m’a compris, ce n’est pas facile pour moi de l’appeler Papa. J’ai rejoins tranquillement ma chambre. Avant de me coucher, je me colle avec mon phone. J’discutais beaucoup avec Anna. Avec elle, on ne s’ennuie jamais. Elle me faisait rire. Il m’arrive de rester des heures avec elle au téléphone.

Nandité : Une minute, khana amolène ben nandité si côté bi manam farr ???

Nan, les mecs n’étaient pas trop mes affaires. J’avais des objectifs bien définis. J’sais que tôt ou tard, j’aurai un homme dans ma vie. Ce n’est pas une priorité pour moi. Même s’il m’arrive de recevoir des demandes mais je ne donne jamais de suite et j’ai un caractère qui me sauve sur le piège des hommes.

Nandité : Huuum donc, continue de les ignorer. Beuss bolène découvrirai dotoko bayi. Goor rek huuum.

Ce samedi là, après mon appel avec Anna, j’suis resté des heures devant la télé. J’regardais la mode et certaines rediffusions des émissions. J’ai fini par aimer les chaines télévisées moi qui n’étais pas adepte du petit écran, j’ai fini par tomber amoureuse de toutes ses chaines. Vers les 2h du matin, j’suis sortie pour prendre une bouteille de lait dans le réfrigérateur. En descendant les escaliers, j’ai entendu du bruit et j’croyais que c’était un voleur. J’suis resté dans l’ombre pour ne pas attirer l’attention de cet individu. J’ai jeté un coup d’œil en bas et j’ai vu mon beau père qui entrait dans une chambre d’en bas. Je ne sais pas ce qu’il faisait là-bas. Ce n’est pas mon problème de toute façon. J’ai continué mon chemin et j’ai pris une bouteille de lait avant de remonter en haut dans ma chambre. Peut-être que c’est une de ses pièces. Je n’ai pas cherché à savoir. Je me suis couchée et m’endormie. Le lendemain, nous avons pris le petit déjeuner ensemble parce que ça fait parti des règlements de la famille. La journée se passait bien. J’étais dans la cuisine avec le personnel, je les aidais beaucoup même s’il refusait tout le temps mais j’insistais. Après les quelques travaux, Fina s’est dirigée dans la chambre ou j’avais vu mon beau père pénétrait hier, je l’ai suivi. Quand j’suis entrée dans la chambre, j’ai vu une belle décoration simple mais très classe. Fina assurait le nettoiement.

Kiné : C’est la chambre de qui ???

Fina : Du patron, parfois, il passe la nuit ici en l’absence de ta mère. S’il regarde la télévision du salon en bas jusqu’à certaines heures, il passe la nuit ici. Il a la paresse de monter. Comme hier, il a passé la nuit ici.

Kiné : Anh ok, j’vois.

Fina : Ton beau père est une bonne personne vraiment. Il ne fatigue personne dans cette maison. Il est responsable franchement. Même s’il ne te l’a pas dit, il t’apprécie.

Kiné : Tu es si familière avec lui pour qu’il te dise tout ça.

Fina : Rire, il discute avec tout le monde ici. Avec le temps tu découvriras par toi-même. C’est un ami à moi avant d’être un patron. Il est sympa et généreux. D’ailleurs, il est avec tous mes autres collègues.

Kiné : Ok j’vois.

Je l’aide à faire tout le ménage de la chambre. Dans la salle de bain, quelque chose de suspect à attirer mon attention. J’ai vu un string juste en bas du lavabo. C’est bizarre qu’un truc de ce genre se trouve ici. Maybe c’est pour maman on ne sait jamais. Mais non, maman n’ose pas porter ses genres de truc jusqu’à présent avec son âge non je n’y crois pas. façon, je n’ai pas le droit de demander. J’suis ressortie sans piper mot. Nous avons fini après 20mn de ménage. Fina nettoyait chaque coin et recoin de la chambre. Elle avait pris tout son temps. Le lit de beau père était vraiment froissé.

Kiné : Papa mom teureudina dé. Il dort seul et il a réussi à tout froisser.

Fina : Il est comme ça. Il a l’habitude de dormir en allumant le climatiseur, y’a certaines heures de la nuit, il a froid. Il préfère s’engouffrer sous le drap.

Kiné : Tu le maitrises trop.

Fina : C’est normal. J’ai passé plus de 8ans dans cette maison. Rama est née sous mes yeux. J’ai eu à lui faire cette remarque et il m’a donné cette explication.

En sortant de la chambre, nous avons croisé beau père qui sortait de sa salle de sport qui se trouvait dans la maison juste à côté du garage. Il a jeté un regard complice vers Fina. Je ne suis pas bête, y’a quelque chose dans ce regard. Ils ont l’air de mieux se connaitre plus que je ne le crois. Fina maitrise trop papa pour une simple employée. Maybe, je me fais des soucis pour rien. J’ai regagné ma chambre sans me poser trop de question. J’ai commencé à faire mes devoirs avant qu’on ne m’appelle pour déjeuner. Fina assurait le service comme chaque repas. Elle travaille bien cette femme. Quand elle s’est penchée pour nous servir avec sa robe, c’est comme si beau père avait touché ses cuisses, parce qu’elle a fait un petit sursaut avant de se retenir. Je me fais des films où ses 2 là sont trop complices. On verra. Nous avons beaucoup et bien mangé. Après chaque repas, nous partons dans la cuisine pour remercier les femmes qui ont assuré le repas avant de monter pour la sieste. Fina et beau père, je ne les fais pas confiance. J’ai l’impression qu’ils se passent quelque chose entre ses deux. J’ai fini par retrouver le sommeil avant de me réveiller vers les 18h pour continuer mes devoirs. Je n’attendais jamais qu’on me demande d’aller réviser. D’ailleurs, personne ne me l’a jamais dit. J’aidais aussi ma petite sœur Rama dans ses devoirs. Le diner, on nous amenait nos plats dans nos chambres. Comme maman est absente, j’ai laissé Rama passait la nuit avec moi parce que j’dois l’aider à se préparer pour l’école. Maman nous appelait chaque nuit au téléphone. Chaque semaine, c’est la même chose. J’avais fixé mes règles sans l’aide de personne. La télé c’est pour les week-ends. La semaine, je ne regarde que rarement, j’préférais lire que de regarder la télé. Anna passait de temps en temps à la maison. Ce week-end, je l’avais invité à le passer à la maison pour qu’elle me tienne compagnie en l’absence de maman. J’connaissais ses parents et j’suis partie demander la permission et ils ont accepté. J’avais averti maman au téléphone et beau père aussi. Il m’a donné aussi son feu vert. Le vendredi après la descente, avec le chauffeur, nous sommes partis directement chez Anna pour qu’elle prenne ses bagages avant de partir à la maison. Nous sommes arrivés vers les 21h mais j’avais averti du retard à beau père. Je ne faisais rien sans l’avertir et sans son accord. Ce week-end débutait très bien. J’étais très contente de la présence d’Anna. Nous étions entre fille, nous discutions de tout et de rien. Nous nous sommes couchées très tard, nous avions décidé de terminer tous les devoirs pour vivre pleinement notre week-end.

Comme la nuit précédente, j’avais du mal à retrouver le sommeil, je me suis levée pour me chercher une bouteille de lait dans le réfrigérateur. Il faisait presque 2h du matin, une fois de plus, j’ai vu la silhouette de Fina qui entrait dans la chambre de mon beau père. Cette fois-ci, ce n’est pas rêve, ni une imagination, c’est bel et bien Fina qui foulait la chambre de ma mère et son père. Que peut-elle bien faire dans cette chambre à cette heure en plus ???

Nandité : Ce n’est pas une question ma chère. Bayi sa khel bi ngey fowé.

J’essayais de positiver mais difficile de trouver une excuse. Une fille qui entre dans la chambre d’un adulte à cette heure de la nuit, non, c’est bizarre. Peut-être beau père voulait quelque chose et il avait la paresse de se lever. J’suis resté scotcher dans le couloir attendant, patiemment de voir si elle va sortir. J’étais assise à même le sol plus de 30mn, elle ne ressortait pas. J’avais même commencé à somnoler. J’ai tenu bon pour ne pas sombrer dans les bras de Morphée mais rien y fait, j’suis restée à attendre jusqu’à 3h du matin et toujours rien, elle n’est pas sortie de la chambre. Mes doutes sont confirmés, Fina est l’amante de beau père. J’me suis levée pour regagner ma chambre. Anna s’était levée, elle ne me voyait plus sur le lit, elle a essayé de m’attendre. Quand j’suis rentrée dans ma chambre. Elle me pose des questions ???

Anna : Où est-ce que tu étais à cette heure avancée de la nuit ???

Kiné : J’avais du mal à m’endormir et suis sortie pour prendre une bouteille de lait dans le réfrigérateur.

Anna : Une bouteille de lait pendant tout ce temps ??? Ne me dit pas que tu as quelqu’un ici. Dis-moi la vérité parce que ça fait plus de 30mn que je me suis réveillée et que je t’attendais. Ne me fait pas croire que c’est la bouteille de lait qui t’avait pris tout ce temps.

Kiné : Je te jure sur la tombe de ma mamie que j’étais sortie pour prendre une bouteille de lait mais j’suis tombée sur une scène étrange et j’voulais avoir le cœur net avec mes soupçons.

Anna : Des soupçons soit plus claire ???

Kiné : J’avais des soupçons entre Fina et mon beau père. Cette fois-ci, j’ai le cœur net, ils sont des amants.

Anna : Tu sais ce que tu avances. Ne joue pas les folles, tu fais des accusations graves. Tu parles du mari de ta mère et de la femme de ménage.

Kiné : Je te jure qu’ils sont amants. Comment tu peux expliquer une femme de ménage qui entre dans la chambre de son patron à 2h du matin ?

Anna : Tu l’as vu de tes propres yeux ???

Kiné : Je te jure que je l’ai vu. J’croyais que beau père avait voulu quelque chose et qu’il avait la paresse de sortir, mais non, j’suis restée assise dans le couloir plus d’une heure de temps et jusque-là, elle n’est pas encore sortie.

Anna : Quoi ??? Tu es sure que c’est elle ???

Kiné : Ne m’énerve pas. Je ne suis pas une gamine et j’sais de quoi j’parle.

Anna : Sortons pour voir si tu ne t’es pas trompée. Nous allons rester dans le couloir attendant si elle va sortir, il fera bientôt 5h du matin.

Nous avions du mal à trouver le sommeil, j’ai accepté de jouer les espions, ce n’est pas dans mes habitudes mais j’avais mal pour maman. Elle qui ne pense qu’à sa famille, depuis que je l’ai connu, elle ne parle que de sa famille. Elle passe tout son temps à trouver des solutions pour le futur de ses enfants et son mari joue les maris infidèles. Nous sommes sorties pour se tenir dans l’ombre. J’avais même commencé à dormir, j’étais réveillée par une petite tape d’Anna, j’ai ouvert les yeux et j’ai vu Fina qui marchait doucement pour descendre les escaliers. C’était bien elle, je ne me suis trompée, elle avait juste un pagne. J’en avais gros sur le cœur. Nous avons regagné la chambre. Je ne savais plus quoi faire ou penser, j’ai préféré me coucher et je n’étais pas la seule parce que même Anna était surprise et triste. La nuit porte conseille. A demain

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Ce monstre d'homme qui me sert de beau père

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