Chapitre 2
2ème Partie : Le bon moment
« Bonsoir, demain vers les 6h45, j’passerai devant l’arrêt. D’habitude, c’est mon heure pour partir au travail. Aujourd’hui, si j’suis parti vers les 7h30, c’est parce que j’savais qu’il n’y aurait pas de bouchon avec la grève. Vu que le mot d’ordre est levé. J’reprends les vieilles habitudes. Si c’est OK. Rendez-vous à 6h45. NB : Je n’aime pas attendre. Bye ».
En lisant ce message, j’ai senti comme un élève qui recevait de l’ordre venant de son maitre. Hey, il se prend pour qui cet homme. C’est encore la première fois qu’on me parle sur ce ton. Ça a touché mon orgueil. Je n’aime pas cette façon de parler. J’ai voulu réagir mais je me suis retenu. Peut-être, nous ne partageons pas la même vision de ses paroles. J’devais me calmer. C’est dans mon intérêt de partir avec lui. Avec ou sans moi, il ira chaque jour au travail. J’ai répondu à son message « D’accord Badou. J’serai à l’heure Inchallah et merci encore ».
Ma nuit était perturbée par ce message autoritaire de cet homme. Une voix me disait (Zeynab, qu’est-ce qui t’arrive depuis quand tu autorises un homme à te parler de la sorte ?) Une autre (Zeynab, tu ne vaux pas mieux que les autres. Le gars n’a rien dit de grave ou de mal. Arrête de voir le mal partout. C’est dans ton intérêt de partir avec cet homme. Ce n’est pas un péché d’accepter une aide étrangère. Il est grand temps que tu redescendes sur terre. Momo nitt yi). J’ai fini par m’endormir. Heureusement, j’avais réglé mon réveil.
Le lendemain, j’ai fait tout mon possible pour ne pas être en retard. J’voulais prendre ma revanche. S’il était en retard, j’pouvais sortir ce que j’avais dans le cœur. Malheureusement, à 6h45mn pile, le monsieur s’est garé à mes pieds. J’suis montée à bord, on se salue respectueusement. Un silence régnait dans la voiture. On entendait les versets coraniques qui sortaient de la radio de la voiture. A peu près 20mn, coïncident avec la fin des versets de Coran, le gars pouvait se toucher le visage avant de me dire « excuse-moi, le matin j’me motive avec ses versets de Coran. J’pense que tu devrais t’y habituer. Vu que nous irons ensemble au boulot ». J’réponds avec le sourire « Belle motivation. Ne t’inquiète pas, ça ne me dérangera pas. J’vois que monsieur est pieux Mashallah. C’est une bonne qualité. Ne change jamais cette habitude. Félicitations ». Il sourit à son tour « Non. Pourquoi tu me félicites. Y’a rien d’extraordinaire. J’essaie d’être un bon croyant. J’sais ce que ma foi m’a apporté. Bref, je ne veux pas paraitre un Ouztass. Si j’ai un conseil à te donner, c’est de prier. Pour moi, la foi est la base de toute chose ». Il ne savait pas encore que chez nous, la foi a toujours été mise en avant. On se réveille chaque matin pour faire la prière. J’ai préféré garder ce secret pour moi. J’ai juste répondu par un "OK" pour son conseil. La matinée de notre 2ème journée de notre rencontre, on ne s’est pas trop parlé. J’suis descendu devant la porte de mon lieu de travail, avant qu’il ne continue son chemin. A l’heure de la descente, j’étais la première à finir et je l’ai contacté. Il me fait savoir qu’il allait être un peu en retard. Que si j’étais pressé, il pouvait me donner le prix du taxi. Cette réponse me met encore sur tous mes états et j’ai riposté cette fois-ci « Badou, est-ce que je t’ai demandé le prix du transport ? Ou bien tu penses que je n’ai pas de quoi me payer le transport ? J’sens un peu de l’arrogance dans tes propos. Je te rappelle que j’partais au travail avec mes propres moyens. Pourquoi tu me parles d’argent ? »
Nandité : Zeynab nak balma mais eupeul nga. Waaaaa ki louko dal. Huum je me tais c’est mieux. Nous n’avons pas les mêmes problèmes. J’vous laisse continuer.
La réponse de Badou était posée et calme. J’ai eu honte de moi. Il m’a appelé au téléphone avec une voix douce « Excuse-moi Zeynab, si je t’ai offensé. Ce n’était pas mon intention. Je ne l’ai pas dit pour te prouver quoi que ce soit. J’viens à peine de te connaitre et tu es là depuis de longs mois. J’sais très bien que tu te débrouillais sans moi. Vu que j’vais tarder à descendre, j’ai voulu donner un coup de main. Apparemment, tu l’as mal pris. Je te présente mes sincères excuses. En tout cas, j’termine aujourd’hui à 18h. Bye ».
Il ne m’a pas laissé répondre. J’ai honte et j’ai encore envoyé un texto « Désolée, j’ai mal compris. J’vais me débrouiller pour rentrer. Je ne pourrai pas t’attendre. Bye ». J’ai remonté comme d’habitude pour prendre le bus. Intérieurement, j’ai eu honte. Le mec est réglo avec moi mais j’pense qu’à ce rythme, j’vais gâcher son aide. Mon défaut est que j’suis trop orgueilleuse et trop fière. Pour un rien, j’pense qu’on me manque de respect ou qu’on essaie de me montrer certaines choses.
(Nandité : Sister, une femme doit être douce. Djiguène dafey oyof. Tekk bopam si souff. Certaines tardent trop à trouver un mari à cause de leur fierté démesurée. Certes djiguène fouleu mais djiguène douceur. Wassalam.)
J’avoue être allée trop loin avec ma fierté. Même si c’est une erreur de ma part, je n’y peux rien. C’est ma nature. Avec les embouteillages et les arrêts du bus, j’suis arrivée vers les 19h à la maison. J’ai repris ma routine à la maison. Bizarrement, j’voulais avoir des nouvelles de Badou. Je m’en voulais de l’avoir parlé ainsi mais encore ma fierté était au dessus de ma volonté. J’me suis laissée influencer par mon côté sombre. Je n’ai pas envoyé un texto à mon bon samaritain. Avant de me coucher, j’reçois son texto « Comme prévu. J’serai devant l’arrêt à 6h45 Inchallah. Bonne nuit ». J’étais contente de recevoir son message avant de répondre par un « OK ». Le lendemain, comme d’habitude, j’étais ponctuelle tout comme lui. C’était la même chose, le Coran raisonnait. Toute la semaine, c’était comme ça. J’commençais à m’habituer de sa compagnie. Les jours passèrent et le respect était toujours mis en avant. J’ai senti des limites dans les paroles de Badou. Il contrôlait toujours ses paroles quand il me parlait. Il était toujours poli et attentionné avec ses paroles. Ça commençait à faire 1 mois 15 jours qu’on se fréquentait. Un vendredi, il m’invita dans un restau. Après beaucoup de refus, cette fois-ci, j’avais répondu par la positive. On se donnait rendez-vous devant l’arrêt à 20h30. Avec sa ponctualité légendaire, il s’est pointu à l’heure convenue. Il m’amène dans un restau vraiment chic. Nous avons fait notre commande. Nous discutions de la vie, en attendant patiemment, notre commande qui n’a pas tardé à venir. Nous avons bien mangé et pris le dessert. Comme j’suis directe et que je n’aime pas perdre mon temps, il fallait que j’ouvre le débat. Parce que sachant Badou, il ne va jamais entamer le sujet. Il me calcule trop. J’ai ouvert le débat « Que me vaut l’honneur de cette invitation ? Ça fait des moments que tu essayais de m’inviter et que j’refusais. Maintenant comme nous y sommes, je t’écoute mon cher samaritain ». Il me lance d’abord un sourire avant de lancer un grand ouf qui m’a fait rire d’ailleurs.
Badou : (la tête baissée, il me prend les mains sans me regarder dans les yeux). Zeynab, je ne sais pas par où commencer. Tu es trop compliquée et je ne veux pas t’offenser. Tu vois le mal partout, raison pour laquelle, je ne sais pas si c’est une bonne chose de te parler de ce que j’veux parler.
Zeynab : (J’retire mes mains et l’aide à relever la tête avec cette même main). Badou, je suis une humaine, je ne mords pas. Regardes-moi dans les yeux et tu me dis ce que tu as à me dire. Si je le prends mal, c’est mon affaire. L’essentiel est que tu dis le fond de tes pensées. Attends, j’vais t’aider pour que nous allions trop vite (Tu m’aimes ? Tu es amoureux de moi ?) Ne t’inquiètes pas tu peux me le dire parce que je le sais. Mais j’préfère l’entendre de ta bouche. Rire.
J’ai senti qu’il était gêné mais j’pense l’avoir donné un coup de main. Il s’est lancé avec un sourire « Je ne sais pas si c’est de l’amour mais j’aime être avec toi. Je n’aime pas arriver vite quand tu es en ma compagnie. J’aime ta présence et je me suis habitué à ton parfum. Ton sourire, ton assurance, tes paroles me bercent chaque jour avant de m’endormir. J’donnerai tout pour être avec toi et avec le temps, les sentiments seront clairs. Actuellement, je ne peux pas m’assurer si c’est de l’amour mais j’sens intérieurement, ce petit organe musculaire creux qui assure la circulation sanguine brûlé de sensations fortes. Zeynab donne moi la chance de découvrir la signification du verbe AIMER que j’peine à conjuguer à la première personne du singulier ». J’reprends la parole « Waouh, belle déclaration d’amour. Pour la première fois de ma vie que j’entends une telle déclaration mature et pleine de sincérité de la part d’un homme. Monsieur est vraiment honnête on dirait. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait de ne pas aller trop vite en me disant "Zeynab Je t’aime" Tu as été très clair. J’suis de celle qui pense que l’amour se vit à deux. Les concernés doivent semer ensemble la graine et l’arroser ensemble afin qu’il porte ses fruits. Si je te dis que tu ne me fais pas de l’effet, j’mens sur toutes les lignes. Je te jure que tu es la première personne avec qui j’porte autant d’importance en savant ses intentions. Certaines choses m’attirent chez toi. Je n’aime pas tourner autour du pot, j’veux être claire dès le début pour éviter certains malentendus. Je ne rends jamais visite à un homme. Je ne reçois jamais les hommes chez moi par respect à mes parents. Avec toi, si tu es sure que j’suis la bonne personne pour devenir mon mari, parce que je ne vais pas être avec un homme qui n’a pas l’intention de se marier. J’ai dépassé l’âge des petit-amis. Je te laisse bien réfléchir avant de t’engager avec moi. Si tu es sur de ta décision, j’suis prête à te présenter mes parents. Mon père a toujours été clair avec moi. Si j’devais lui présenter un homme, que j’sois prête à l’épouser, parce qu’il ne va jamais accepter des allers et retours dans sa maison.
Badou : J’suis prêt à 1000%. Si tu veux, nous irons là-bas, à cet instant même. Pour te prouver mes sincères intentions.
Zeynab : Vas-y molo molo, j’sais de quoi je te parle. Peut-être, c’est l’euphorie de la réponse mais j’veux bien essayer avec toi. J’crois que le Bon Dieu a exaucé mes vœux. A chaque fois, que j’prie, j’demande à Dieu si j’dois rencontrer un homme qu’il soit mon mari pour toujours. Bizarrement, quand je t’ai connu et tout ce que j’ai accepté de toi prouve que tu es la bonne personne pour moi. En tout cas, les signaux sont au vert. Y’a une petite équation à résoudre. J’suis très jalouse et je ne veux pas de l’infidélité. Tu m’avais dit que tu étais en relation avec une fille. Tu es intelligent pour décortiquer mes propos. Je ne veux pas en débattre et tu sais ce qu’il te reste à faire. Vas régler ta relation avec cette fille et reviens me voir.
Badou : J’savais que tu allais en parler et c’est très normal. Je te le dis dès à présent. J’ai rompu avec elle, ça fait maintenant des 2 semaines. Je t’avais dit que j’étais dans une relation pas compliquée mais incomprise. Je ne juge pas la fille mais nous n’avons pas le même point de vu. Elle aime sortir, faire du shopping, partir à la plage, bref, elle croque la vie à pleines dents. Peut-être, c’est sa vie mais je ne suis pas trop fan des sorties excessives. Nous avons décidé de rompre par respect de la vie de chacun. Ton opinion sur la vie m’a fait séduite en toi. J’ai compris tout de suite que tu étais la fille que j’cherchais. Celle qui savait ce qu’elle voulait de sa vie. Tu as un si beau caractère et que j’adore. Zeynab, je ne veux pas perdre de temps avec toi. J’veux demander ta main si tu me l’accordes.
Zeynab : J’veux vraiment une relation qui pourra aboutir au mariage mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Prenons un peu le temps de se fréquenter pour mieux se connaitre. J’suis une personne qui est sure d’elle donc si j’réponds par l’affirmative c’est parce que j’suis sure de moi. Nous avons les mêmes sensations, donc, nous allons arroser paisiblement la fleur qui commence à naître au fond de nous. J’apprends à te connaitre chaque jour que nous partions au boulot. J’ai vu un homme qui respecte la femme. J’sens la méfiance que tu as quand tu me parles. Tu fais tout ton possible pour ne pas me vexer et ça me fait vraiment plaisir. Continue sur cette lancée et nous aurons une relation extraordinaire. On me traite d’une fille difficile mais ce n’est pas le cas. Beugouma kouma yapp. Tu veux que notre relation aboutisse, ne me parle jamais d’argent. Je n’attends que ton amour et ton respect. Côté financement, je saurai me prendre en charge. J’espère que, j’ai été assez claire ?
Il me répond par la positive. Nous nous prenions les mains. Nos sourires s’affichaient de nos visages. J’sentais vraiment de la joie dans mon fort intérieur. J’ne me suis jamais pressée en matière d’amour, parce que j’savais que ça allait venir au bon moment. Là, j’sens que ce moment est enfin arrivé. Il a tout pour être cet homme attendu. Sa foi et son comportement seront validés par mes parents. A suivre…
Chapitre 3
3ème Partie : Ma décision est prise
Il me répond par la positive. Nous nous prenions les mains. Nos sourires s’affichaient de nos visages. J’sentais vraiment de la joie dans mon fort intérieur. J’ne me suis jamais pressée en matière d’amour, parce que j’savais que ça allait venir au bon moment. Là, j’sens que ce moment est enfin arrivé. Il a tout pour être cet homme attendu. Sa foi et son comportement seront validés par mes parents.
La soirée s’est terminée très bien. Il m’a raccompagné jusqu’à la maison. Sur le chemin, il conduisait avec une seule main, l’autre était posée sur moi. De temps en temps, il me jetait des regards. J’pouvais voir des étoiles brillaient dans ses yeux. Il n’était pas le seul. J’étais contente d’être en compagnie de cet homme. C’est la première fois que j’sentais un tel sentiment. J’crois dur comme fer qu’il est l’homme de ma vie. Après quelques minutes de route, nous sommes arrivés chez moi. Cette fois-ci, il est venu jusqu’à la devanture de la porte. C’était une occasion à lui de connaitre mon domicile. Nous ne voulions pas nous quitter mais le fallait. Il commençait à se faire tard. Il m’a donné une bise sur les joues. Cette nuit, j’avais du mal à trouver le sommeil. J’étais tellement contente mais d’un autre côté, j’avais peur. J’pense être y allée trop vite. Heureusement, que tout est venu naturellement, c’est ce qui me réconforte. Je n’ai rien forcé. J’aurai vraiment voulu entendre sa voix avant de me coucher, malheureusement, il ne m’a pas appelé et je ne voulais pas le faire en première. Le pire est que nous sommes en week-end donc, j’dois passer 2 jours sans le voir. Mais bon, ça ne va pas me tuer. Le lendemain, à mon réveil, avant de me lever du lit, j’ai pris mon téléphone pour voir s’il m’a fait signe. J’ai eu raison de vérifier, parce que j’ai reçu un texto de lui « Reine, fais moi signe à ton réveil ». Je n’ai pas tardé à l’appeler. Il m’a coupé avant de me rappeler « Bonjour ma future femme, j’espère que tu as bien dormi ». J’ai répondu par la positive avant de sourire, il continue « Alhamdoulilah, quant à moi, j’ai passé une nuit blanche. Je ne cessais de penser à toi. En quelques heures, tu me procures de la joie. Je me demande comment ça va se passer dans le futur. Tu es tellement présente dans mes pensées. J’ai eu à sortir avec des filles mais avec toi, c’est tellement différent. Je te remercie d’être là. Si j’pouvais te faire découvrir ce que j’ai dans le cœur, je n’hésiterai pas une seule seconde. Je ne veux pas perdre de temps chérie. J’veux vraiment rencontrer tes parents pour voir ce que ça va donner ». J’étais tellement contente d’entendre ses paroles de lui. J’souriais comme une folle en mordant mes lèvres. J’sens que j’fais de l’effet à cet homme. Hey Zeynab, tu vas tuer l’enfant de quelqu’un. Il fallait que j’réponde à mon tour « Amour, tu me manques aussi et j’veux vraiment te rendre hyper heureux. C’est mon seul souhait. Tu n’es pas le seul à ressentir ce beau sentiment. Personnellement, j’ai peur de la déception. J’suis du genre à y aller doucement mais avec toi, j’veux m’engager comme il le faut. J’suis prête à prendre tous les risques. Je ne veux pas calculer. J’veux foncer la tête baissée. Badou, tu me manques déjà. Je me suis habitué à te voir chaque matin à 6h45mn malheureusement, j’vais rester 2 jours sans te voir. Badou, je t’aime voilà, le verbe magique est sorti ». Je n’ai pas vu son visage mais j’sens qu’il est illuminé par mes déclarations. J’pouvais entendre au fond du fil, un grand ouf de soulagement. Il enchaine par un « Je ne sais même pas quoi te dire Zeynab. Est-ce que j’peux venir ce soir chez toi pour rencontrer tes parents ? Ne serait-ce que pour les connaitre » Comme j’étais pressée de le revoir, je ne pouvais pas refuser. J’ai donné mon accord directement « Oui Badou, tu peux venir vers les 18h. J’avertirai à mes parents. Maintenant, laisse-moi prendre mon bain. J’suis toujours dans mon lit ». Il sourit et raccroche. On dirait que j’étais une jeune fille qui venait de découvrir l’amour. J’ai pris mon bain et j’ai fait ma prière matinale. Nous avions une bonne qui s’occupait du repas. Papa était un amoureux du ballon rond. Il aimait regarder le football. Les week-ends, la télé est à lui. Il faisait le tour des championnats européens. J’étais assise avec lui au salon. Au début, il ne disait rien mais après quelques minutes, il me regarde d’un air étonné « Depuis quand tu t’intéresses au football ? Ce n’est pas dans tes habitudes de rester si longtemps au salon. Tu as quelque chose à me dire ou tu veux quelque chose ? » J’souris d’abord avant de répondre à mon daron « Papa, j’suis chez mon père non ? Je n’ai pas de sens interdit. J’peux m’assoir là où j’veux non. Aujourd’hui, j’sens le besoin de rester avec toi (rire). J’vais aller droit au but, tu as parfaitement raison. J’ai honte de le dire mais bon, je n’ai pas le choix. Au faite, depuis quelques temps, j’ai connu un gars et avec le temps, nous avons fini par tisser des relations solides et ça a fini par dépasser l’amitié. Nous avons fini par tomber amoureux l’un de l’autre. Je ne voulais pas t’en parler très tôt sans m’être sure de mes sentiments. J’garde toujours en tête tes mots, le jour où je te présenterai quelqu’un j’dois m’assurer que j’étais prête à me marier avec lui. Avec cet homme, j’suis prête et je le veux. Il voudrait venir ce soir pour vous rencontrer avec ton accord bien sur ». Il me lance un sourire d’étonnement « Qui est cet homme qui a osé voler le cœur de ma fille ? Maintenant, tu m’as trouvé un rival. Avant tu ne jurais que de moi mais là, j’ai l’impression d’écouter une étrangère. Tu as vu comment tes yeux brillent quand tu parlais de cet homme. Waouh, il doit être un béni de Dieu. Madame compliquée qui trouve un homme qui lui fait perdre la tête. Pour dire vrai, j’attendais ce moment, même si je le craignais mais j’savais que tôt ou tard, ça arriverait un jour. Malgré tout l’amour que je te porte, j’savais que tu ne serais pas éternellement à moi. Avant d’y aller trop loin, j’attends de rencontrer cet homme. Il peut venir y’a aucun problème. Tu n’es plus cette gamine. Tu as l’âge de trouver un mari. Heureusement que c’est toi-même qui a fait ton propre choix. J’espère que ta maman est au courant. Parles-en avec elle, c’est plus respectueux. De mon côté, je n’y vois aucun inconvénient. Maintenant, tu peux me laisser suivre mes matchs ». Je lui donne une bise avant de me sauver. Je ne vous ai pas parlé de ma relation avec mon papa. Nous sommes très proches. C’est un vrai ami et compagnon. Il m’aime trop et cède à tous mes caprices. J’suis allée informer à ma maman qui était contente aussi « Enfin, tu acceptes de grandir. Attendons de rencontrer cet homme et on verra après ». Ma daronne aussi était une amie. Avec mes parents, il y’avait toujours la communication. Ils me demandaient de prendre un peu soin de moi, de me trouver un compagnon parce qu’ils trouvaient que je me concentrais trop sur le travail. J’ai informé à Badou qu’il pouvait venir à 18h. Il était content et pressé à son tour. Les heures passèrent et il faisait 17h55mn, lorsqu’il m’annonça qu’il était devant la porte de la maison. J’suis partie précipitamment ouvrir la porte. Il me salue respectueusement. Il était habillé en tenu africain et avec son physique bien bâti, ça lui allait très bien. Un blanc de lait bien propre. Cet homme malgré son célibat, il prend soin de lui Mashallah. Je l’invite à me suivre. Nous nous dirigeons au salon. Papa et maman y étaient déjà. Il les salue respectueusement avant de prendre place sur l’un des canapés. J’fais difficilement les présentations. Papa savait que j’étais trop gênée et je n’étais pas la seule. Badou avait la tête baissée.
Papa nous met à l’aise « Comment tu vas jeune Badara ? J’peux comprendre ta gêne. Ce n’est pas facile de rencontrer les parents d’une compagne. Mais c’est une chose qui devait arriver dans une vie. Un homme est appelé à rencontrer les parents d’une fille. Ce n’est pas facile pour toi mais saches que nous ne mordons pas sauf si tu fais mal à notre princesse. Je ne te connais pas mais tu m’as l’air d’un jeune bien éduqué. J’suis un père qui fait entièrement confiance à ses enfants. J’connais très bien ma fille et j’sais qui elle est vraiment. Si elle ose me présenter un homme, c’est parce qu’elle est sure d’elle. Si j’pouvais la garder éternellement, je n’hésiterai pas. Malheureusement, elle est une fille qui est devenue une femme. Ceci dit, qu’elle est appelée à vivre loin de nous un jour. J’peux tout permettre sauf, un homme qui joue avec ses sentiments. La connaissant, elle ne veut jamais perdre son temps dans des relations qui ne mèneront à rien. Les allers et retours incessants ne me plaisent pas. Vous êtes venus de vos propres grés pour nous affronter donc, prenez vos responsabilités et agissez comme de vrais responsables. J’espère que vous me comprenez. Maintenant, le dernier mot vous revient. Nous sommes à l’écoute ».
J’ai vu mon Badou un peu soulagé. Il a pris son courage à deux mains pour parler
« Merci papa pour ses mots responsables et dignes d’un vrai père de famille. Mes intentions sont claires, nettes et précises. Il nous fallait faire les premiers pas pour donner une suite à notre relation. Personnellement, j’suis prêt à demander sa main. Comme vous l’avez dit, vous connaissez très bien votre fille, elle est prudente sur tout ce qu’elle fait et j’accepte sa prudence. C’est très normal, qu’elle prenne son temps pour mieux me connaitre. J’vous rassure tout de suite que vous avez une fille vraiment mature et responsable. Ce qui m’a le plus séduit en elle, c’est sa façon de voir la vie. Elle est tellement caractérielle et sure d’elle, qu’elle ne s’empresse pas à faire des folies. En plus de cela, elle est bien éduquée Mashallah. J’vous tire mon chapeau. Je vous prie de bien croire en mes intentions. J’veux faire d’elle ma femme. Parce qu’elle est à tout pour devenir une bonne mère pour mes enfants. Je ne vais pas me vanter, j’vous laisserai découvrir qui suis-je réellement ».
Maman était calme dans son coin. Jusqu’à ce que Badou termine. Papa lui a donné la parole. Sage comme elle est, elle a préféré laisser tout entre les mains de papa « Enchantée Badara. Tes mots sont remplis de sagesse et de respect. Je n’ai pas mon mot à dire. Nous donnons l’entière confiance à papa. Il est le seul décideur de la famille. Quand il finit de parler, nous n’avons pas notre mot à dire. Son Oui et mon Oui, son Non et mon Non ».
Après ses paroles, papa a conclu par un « bienvenu jeune homme. J’espère que tu aimes le football ? (En souriant) » Badou a repris la parole « J’suis un amoureux du ballon rond ». Papa sourit à nouveau « Eh bien, nous pourrons nous entendre ».
J’étais contente de l’accueil qui était réservé à Badou. J’suis sortie du salon pour amener du rafraîchissement et des amuses bouches. A l’heure de la prière, Badou se lève et demande le tapis de prière. J’étais contente de ce geste et ça n’a pas échappé à mon papa. Il aimait les gens pieux et là, il était servi. Papa est parti à la mosquée, parce qu’il prie toujours là-bas. Quelques minutes après la prière, il se lève pour rentrer chez lui. Je ne voulais pas aussi qu’il reste tardivement chez moi comme c’était sa première visite. Après les dernières paroles, il sort quelques billets qu’il donne à papa et maman. Comme c’est la Téranga sénégalaise, je n’y peux rien. J’connaissais mes parents, ce n’est pas l’argent qui peut les impressionner. J’ai aimé la première visite de Badou et ça a augmenté mon estime et mon admiration en lui. Il est vraiment bien éduqué. Ce samedi, nous avons presque passé la nuit à discuter au téléphone. Personne ne voulait raccrocher. Le courant passait trop bien. Le week-end est passé trop vite.
Le lundi, la routine a repris. A 6h45, on quittait les lieux pour aller au travail. Les semaines passèrent et il m’invita à rencontrer sa famille. Badou vivait seul dans son appartement. Mais ses parents vivaient au domicile familial. Un samedi, nous sommes partis passés la journée avec eux. C’était une occasion pour moi de connaitre ses parents. Ils étaient vraiment sympas. Sa maman m’a bien accueillie ainsi que les autres membres de la famille. J’pouvais voir qu’il était très aimé par sa famille. Chacun essayait de me mettre à l’aise à sa manière. Son papa était polygame. Il avait deux femmes. Badou a été clair dès le début « Chers parents, c’est cette fille qui m’a fait perdre la tête. Comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé chaussure à mes pieds. J’veux la prendre comme épouse. Nous avons pris le temps de nous fréquenter et j’pense qu’il est temps que vous la rencontriez parce que je veux faire d’elle la mère de mes enfants ».
Son papa était tout souriant « Nous n’avons pas grand-chose à dire mon fils. Tu vis seul. Si tu voulais jouer, tu pouvais le faire à notre insu donc si tu viens nous présenter une fille, c’est parce que tu es sincère et sur de toi. Je ne peux que prier que ça aboutisse. Nous sommes prêts et nous sommes à ton écoute. Quand vous serez prêts, nous irons demander sa main. Tu as de beaux yeux et tu sais choisir. Seynabou est vraiment belle Mashallah ».
Nous sommes restés avec la famille jusqu’à 18h et nous nous sommes sauvés. Sur le chemin, il me révèle que sa maman était séduite par ma personne. Sa Maman aimait les filles qui prenaient soins d’elles. J’étais contente aussi de leur accueil. J’pense que tout commence très bien. J’ai senti sur le regard de Badou qu’il voulait me dire quelque chose mais il hésitait. Je l’ai mis à l’aise « Qu’est-ce qui se passe ? Tu veux me dire quelque chose ? » Après hésitation, il me dit « Est-ce qu’on peut partir chez moi ? » J’souris « Y’a aucun problème, ce sera l’occasion pour savoir ton domicile ». D’un air étonné, il me regarde et dit « Tu es sérieuse ? » J’réponds par un sourire. Il se dirige vers une autre direction. J’sentais son excitation. Nous sommes arrivés après quelques minutes de route. Il habitait au premier étage. Un appartement bien rangé, je ne me suis pas trompée. Il est vraiment ordonné. Il me fait visiter son appartement. J’étais vraiment amoureuse de ce lieu. Il m’installe au salon. (Nandité : Au salon rek ?). Eh oui au salon. Badou me respectait trop pour autre chose. Il a essayé de me gâté à sa manière. Vers les 20h, il me demande de rentrer. J’ai aimé son geste. Nous nous levons, avant de sortir, il m’embrasse en une fraction de seconde sur la bouche. Et me devance à la porte. Il me dépose jusqu’à mon domicile. Avec le temps, j’ai eu à fréquenter son appartement et il a toujours eu ce respect du début. Badou ne m’a jamais manqué de respect. Sa chambre depuis ma première visite, je n’ai plus remis les pieds là-bas. Chaque visite, nous étions au salon. Nous n’avons pas eu des intimités comme le font certains couples. La communication était le menu de nos rencontres. Nous arrivions au 6ème mois de notre relation. Je ne pouvais plus attendre. Un samedi après une sortie, sur le chemin du retour. J’ai annoncé à Badou qu’ils pouvaient envoyer ses parents. Au fond de moi, j’savais que c’était le bon moment, pour passer à l’étape supérieure. Badou avait tout ce que j’recherchais chez un homme, le respect, la fidélité et l’amour. Lorsque je l’ai annoncé la nouvelle, il n’a pas tardé à son tour. Malgré l’heure tardive, il prend son téléphone pour appeler son papa. Je l’en ai empêché « Tu es devenu fou. Il fait 0h. Attends demain Inchallah ». Il me répond à son tour « Je ne veux pas que tu changes d’avis rire ». Je l’assure que c’était bien réfléchi. Nous sommes enfin arrivés chez moi. Il me dépose et se retire. Le lendemain, vers les 11h, Badou m’appelle au téléphone après quelques échanges, il m’annonce que ses parents voulaient venir le jeudi pour discuter avec ses proches. J’étais tellement contente que j’ai accepté sans prendre l’avis de mes parents. On se capte.