Chapitre 2
Le dentiste
Ma mémoire a ça de bon, elle sélectionne !
OK, elle est bien cramée et ça ne va pas en s’arrangeant avec l’âge, mais quand même, elle a cette faculté de tri qui me rend bien des services !
Ça fait longtemps que je sais, et que je n’y pense pas, sûrement parce que c’est mieux comme ça !
J’ai rendez-vous à 14 h 30 chez le dentiste !
Et là, bien obligée, j’y pense dès le réveil… Que vais-je me mettre ? J’adore les décolletés, moi. Mettre mes atouts en avant et le fait qu’ils tiennent encore « debout »… grâce à un bon soutif quoi !
Bref, j’aime bien les décolletés, mais là, je me suis dit que ça pouvait paraître un peu provoc quoi ! je n’ai pas envie qu’il louche sur ma poitrine et, par distraction, me ratatine la gencive en passant ! Pas que je pense avoir une paire de lolos à faire loucher tous les dentistes de France, mais j’le connais pas, moi, ce mec !
Car oui, là est le problème (un des problèmes !), il n’a jamais eu l’honneur et le privilège (haha !) d’avoir accès à mes dents ! Oui, oui ! c’est un privilège ! Je ne pense pas puer du bec ; en tout cas ; on ne me l’a jamais dit ! ce qui, avouons-le, est tout bénef pour le dentiste…
Entre parenthèses, je me suis toujours demandé comment ça se passe dans ce genre de situation… Est-ce que son masque en papier diffuse des odeurs de menthe ? Il a une sorte de détecteur à haleine périmée ? Et il envoie un petit pschitt de parfum d’ambiance ? C’est une énigme pour moi, ça… Il ne peut décemment pas dire « écoutez, fermez la bouche, je vais me débrouiller ! »
Donc, moi je ne pue pas de la truffe, et je n’ai pas non plus la dentition de Jacquouille la fripouille… Ce qui, à mon avis, va de pair avec l’haleine de chacal…
Bref !
J’y ai mené tout le monde avant, chez ce dentiste, histoire de tester quoi ! Mon petit de 9 ans, ma fille de 20 ans ! Tranches d’âges différentes, sexes différents, histoire d’être sûre ! Il n’a massacré personne, et leur a laissé une bonne impression et une bonne dentition donc…
Puis faut l’avouer, j’ai tellement de tartre que j’en ai peur de me boucher les tuyaux !
Je me souviens, une fois, un dentiste m’avait dit que j’avais beaucoup de tartre parce que beaucoup de salive… S’il le dit hein…
Me voilà donc, à 14 h 20 devant la secrétaire du dentiste. Je me suis quand même donné quelques ultimatums « si je trouve pas de places pour me garer je repars ! » ou encore « si la secrétaire est trop conne, j’me barre »…
Manque de bol, j’ai trouvé une place de suite et la secrétaire a été sympa ! Pfff !
Elle m’enregistre, j’ai espéré le « madame Chrystel ? Ah non, désolée, je ne vous ai pas sur mon planning de rendez-vous… on va devoir prendre un autre rendez-vous pour dans, au moins, 6 mois ! » mais non.
Elle me remet un petit questionnaire basique, histoire de savoir si j’ai eu des trucs graves, des traitements ou autre…
Je réponds non à tout, pas que je sois de mauvaise humeur, mais franchement, je n’ai rien que du tartre moi ! Pas de pacemaker ni d’opérations récentes… Même pas l’appendicite !
T’as remarqué, comment, dans ces cas-là on écrit comme des gosses de 5 ans ? Ou comme les médecins ? Même moi je serai incapable de me relire ! OK, OK ! il n’y a quasiment que des croix à mettre oui/non. Mais le prénom et le nom, il faut bien les mettre !
Je suis tellement en stress que je ne saurai pas le relire… Et, de toute façon, je suis sûre que le doc va me poser des questions sur mes réponses… ça aussi je l’ai remarqué ! On te fait remplir un questionnaire et après le médecin il répète avec toi.
« Pas de traitement donc ? Pas de maladie ? » Genre tu vas lui dire « oh si ! désolée j’avais pas envie de l’écrire, mais je prends des médicaments ! » ou alors « ah bon ? J’ai répondu ça, moi ? Vous êtes sur ? ». Non, parce qu’autant il pourrait mal lire mon nom et mon prénom sur ce coup-là, autant la croix dans la case, elle y est ! Je suis stressée, pas bourrée !
À peine j’ai posé mes fesses sur un siège de la salle d’attente pour remplir mon questionnaire, avant que le doc vienne nous chercher ma copie et moi, que l’assistante du dentiste est près de moi, je ne l’ai même pas vu venir et j’ai même l’impression qu’elle m’a caressé le bras, comme je fais aux gamins quand ils ont un petit chagrin, et elle m’a presque susurré à l’oreille : « Quand vous serez prête, vous viendrez, on va passer une petite radio panoramique avant de voir le docteur. »
Je suis prête ! C’est bon hein ! J’arrive tout juste à me souvenir de mon prénom pour le questionnaire alors je vais passer la radio et je reréfléchis après ! Puis bon, si je reste là, quand je serai prête, je ferai quoi. Je crierai « ça y est ! j’ai finiiiii ! » depuis la salle d’attente ? Non, non, je préfère rester discrète va.
Je suis donc la dame à la voix qui se veut rassurante dans une salle minuscule pour la radio.
« Vous devez enlever vos bijoux…
— J’ai un piercing, je l’enlève aussi ? »
Putain à un moment j’ai eu peur qu’elle me demande où j’avais le piercing ! Je suis en stress, mais quand même j’avais compris que la radio était de la bouche hein ! Mais je suis tellement à cran que pour relâcher la pression si elle m’avait demandé où était le piercing j’aurais été foutu de répondre « au nombril » (ou pire encore !)
On a évité l’humour naze ouf !
Pas besoin d’enlever le piercing, ce n’est qu’une radio, pas une IRM…
Bah si, on l’enlève… Ce qui intéresse le médecin se sont mes dents et leurs racines… J’ose espérer qu’il va faire la différence entre des racines et des dents, et un piercing sur la langue… Bon, on va dire que c’est par rapport aux ondes hein… Oui eh bien, au cas où, je l’enlève quand même !
Elle m’explique le déroulement de la radio, va y avoir un truc qui va tourner autour de ma tête et patati et patata je ne l’écoute pas ! J’ai le regard braqué sur l’espèce de tige que j’ai devant moi et qu’elle a dit que je devais mordre pour la radio…
Je cherche le mécanisme pour changer de tiges à chaque nouveau patient, je ne le vois pas ! J’ai l’impression de voir des millions de petits microbes dégueu de bouches cradingues qui me font coucou depuis cette fameuse tige ! Des traces de dents même !
Moi qui ne bois même pas dans le même verre que mon amoureux, je vais devoir poser mes dents sur les traces de milliers d’autres ?
À ce moment-là, je rêve de ne pas en avoir… de dents ! Pas de dents, pas de dentiste ! hé hé ! Là, je sens que je vais y laisser ma santé en plus de mes dents quoi !
Elle me demande de poser mon menton sur une petite plateforme, comme on fait chez l’ophtalmo ; sauf que là, je vais avoir la tige entre les dents.
J’veux pas y aller ! En plus des dents, je me demande si on peut chopper des microbes par le menton ! J’essaye de ne pas penser au gars, tout en sueur, qui est venu, lui aussi, poser son menton nu, oui on a rarement une cagoule chez le dentiste ! et dégoulinant, là où je vais poser le mien !
Je sens que si le « porte-menton » est humide, je vais vomir !
Et là, au moment où je suis tout près de cette chose hideuse, l’assistante dentaire colle, sur la spatule que je dois mordre, une espèce de mini préservatif… ou plutôt un bout de doigt de gant en latex, avouez que vous visualisez plus facilement le mini préservatif hein ?
Me voilà dents serrées sur cette chose au goût écœurant, au goût puissant de latex.
Et face à moi, y a un miroir… dans lequel je me vois… Super ! J’adore !
J’avais déjà l’impression d’être ridicule, grâce à ce miroir j’en suis convaincue ! Si vous avez un excès de confiance en vous, je suis sûre qu’une visite chez le dentiste vous remettra les idées en place ! Allez chez le dentiste et vous perdrez toute votre dignité. Moi, j’vous le dis !
Le supplice terminé, elle me dit que je peux remettre mes bijoux… Ouais bah, je les remettrai chez moi ! (Boucles d’oreilles, collier et piercing.) Elle est là, elle attend ! Je ne vais pas lui montrer comment je bave pour remettre mon piercing non ? Puis faut que j’aille finir de remplir mon questionnaire avant que le doc vienne me chercher moi !
Retour en salle d’attente où forcément on me dévisage quand je reviens. « Quoi ? J’ai un bout de latex entre les dents ou quoi ? » « Tu veux ma photo peut-être ? Bah va demander mon panoramique, ça t’occupera ! »
Moi, agressive ? Mais non, à ce moment-là, je n’ai une dent contre personne, moi (ah ça, je vous avais prévenus que les blagues pourries allaient venir !).
J’ai tout juste posé mes fesses que le dentiste est là, face à moi, sourire étincellement (son sourire, c’est sa publicité hein !).
Décidément, c’est une habitude ! À quoi elle sert, la salle d’attente ici si on ne peut même pas attendre ? Je comprends pourquoi les sièges sont en si bon état ! Ils ne voient pas beaucoup de fesses s’attarder les pauvres !
Alors je le suis, mon p’tit stylo et mon questionnaire à la main…
C’est fou ce que les médecins marchent vite quand ils vous mènent à leur cabinet ! À moins que ça ne soit le manque de motivation pour moi à aller là-dedans en sautillant comme un cabri !
Je m’assois et il m’invite, tu parles d’une invitation toi ! à finir de remplir le questionnaire ! Là ? Comme ça ? Face à lui qui me regarde ? Et en étant si loin de la table !
Soit j’écris bras tendu, soit je m’assoie sur le bord des fesses… J’opte pour le bord des fesses ! ça fera moins ridicule… Sauf si je glisse ! Bah, au moins je ne viendrai pas pour rien, il pourra examiner mes dents plantées dans son bureau !
Rien ne me vient ! Encore moins que dans la salle d’attente !
Chapitre 3
Je ne sais plus si j’ai déjà subi des interventions chirurgicales, si j’ai de l’hypertension, du diabète. Je n’ai rien moi merde ! J’ai juste du tartre !
Je termine « lu et approuvé », ou ce qui y ressemble, et je signe d’une signature méconnaissable, je ne sais plus signer non plus ! ouf ! enfin, c’est fini pour l’épreuve écrite ! je rends ma copie, et le stylo… De toute façon, il était moche ce stylo, j’allais pas lui piquer… Puis repenser au dentiste à chaque fois que je sors mon stylo, non merci !
« Alors, qu’est-ce qui vous amène »
« Ma voiture » n’est pas une bonne réponse si ? Ne connaissant pas le dentiste et sachant qu’il aura tout un tas d’outils beurk à sa disposition pour me fraiser la gueule, je vais éviter les vannes hein ! On ne se connaît pas !
Je lui raconte que je n’ai pas vu de dentiste sauf Amir à la télé, mais il n’est plus dentiste alors ça compte pas ! depuis environ 6 ans (mouhaha mensonge diabolique, mais va le prouver toi ? Tu veux faire des tests ADN sur mes dents pour la datation peut-être !) parce que la dernière fois que j’en ai vu un, j’ai énormément souffert au détartrage, du coup je me suis dit fini j’en verrai plus !
Genre le mec, il va se dire « ou là, là ! faut pas que je la fasse souffrir sinon elle reviendra plus ». Ouais, ouais… Le pauvre, s’il attend après moi pour finir les fins de mois, il ne va pas bouffer à sa faim…
En même temps s’il m’attend pour avoir un salaire c’est qu’on n’est pas foule à venir chez lui… C’est pas bon signe ça non ?
Bon stop ! Faut que j’arrête de réfléchir là !
Il m’explique, ma dentition radiographiée sous les yeux (c’est fou le nombre de dents que j’ai, dis donc !). que j’ai une toute petite carie en haut à gauche…
Et là… Je ne l’écoute plus… Putain, mais c’est où la gauche ? Et c’est où la droite ? J’essaye de me souvenir avec quelle main j’ai écrit ! je ne peux pas mimer, il va se demander ce que je fous ! Je ne peux pas lui redemander mon questionnaire en prétextant que j’ai oublié de dire un truc, je ne saurai pas quoi écrire et puis en plein exposé sur mes quenottes, ça serait mal poli de l’interrompre pour un truc sans rapport…
Alors je croise les doigts… Pourvu qu’il ne me demande pas à un moment de me tourner sur la droite, je vais me tromper c’est sûr et il va me faire le sourire du joker avec son scalpel… je sais il n’a pas de scalpel le dentiste ! Eh bah moi à ce moment-là, je suis même foutu de l’imaginer avec une tronçonneuse hein !
Il m’explique qu’il va faire le détartrage aujourd’hui, pourtant on aurait pu juste faire connaissance aujourd’hui hein et qu’on se reverra pour la carie.
Il me parle comme une enfant… Ou comme un mec qui va dépuceler une jeune fille,
« Je vais y aller doucement, pour pas vous faire mal. Si ça va pas, vous me faites un signe et j’arrête de suite… Et si vraiment ça ne va pas, on fera une petite anesthésie d’accord ? »
Est-ce que lui arracher les cheveux c’est faire un signe pour qu’il comprenne que j’ai mal ? Et encore, je suis sympa, je pense aux cheveux…
Euh oui… Je ne vais pas lui dire « non, non. Finalement, j’ai pas envie là, j’le sens pas ! Je ne suis pas prête, jamais avant le mariage ! »
Alors voilà, je m’allonge, la lumière dans la tronche, une serviette en papier dans le cou…
On perd toute dignité j’vous dis ! Je peux baver j’ai ma serviette !
J’ouvre la bouche, forcément hein ! Et bzzz, il attaque !
Je pense à essayer de ne pas le mordre, essayer de ne pas trop baver, essayer de ne pas jouer les douillettes ! Une anesthésie pour un détartrage quoi… Alors ma foi…
Et puis comment on sait quand on a trop mal ? C’est comme quand on va à l’hôpital ça et que l’urgentiste vous dis : « Sur une échelle de 1 à 10, où se situe votre douleur ? » Elle a pris l’ascenseur et elle est déjà au dixième ducon !
On s’en fout de savoir combien on a mal, on a mal et c’est tout quoi !
Quoi qu’il en soit, je n’ai pas envie d’une anesthésie… non plus ! Alors de temps en temps je fais des humm ou des aaahhh légers, pour pas paraître trop sensible, mais pour qu’il sache que s’il n’y va pas mollo je lui sectionne un doigt ! Et à chaque humm ou aaahhh devinez ? il me dit « pardon », mais non, mais oh ! J’ose plus me plaindre peuchère ! Il demande pardon pour le mal qu’il me fait ! Hé, j’suis pas Jésus, moi !
J’en prends plein la poire, son appareil il m’éclabousse partout, même lui ça l’éclabousse quoi !
Puis avant, quand on se rinçait la bouche, on avait un p’tit gobelet en carton mou, qui devenait tout raplapla quand on le serrait nerveusement, avec un liquide rose dégueulasse et qu’on recrachait dans un petit lavabo, qu’il fallait faire gaffe à ne pas louper !
Bah, c’est fini ça ! Il me dit « je vais vous rincer la bouche ». Hein ? Comment ça ? C’est quoi ce bazar-là ? Il me fout un petit tuyau dans la bouche qui me fait l’effet d’un karcher ! Ah bah, déjà que j’avais la bouche pleine de bave, là c’est le tsunami bucco-dentaire quoi !
Puis il sort un autre petit tuyau, comme une paille qu’il me met dans la bouche et il me dit « soufflez » Sauf que gauche/droite, souffler/aspirer même combat je sais plus faire ! Et puis son truc là j’ai l’impression que je n’ai pas besoin de souffler il aspire tout ! Jusqu’à ma langue ! Et ça fait un moche bruit de suçon baveux blurp ! « C’est bon ? » non ! c’est dégueulasse !
Mais je comprends qu’il me demande si, c’est bon, si j’ai fini et qu’il peut me l’enlever ! Comment on est censé répondre avec cet aspirateur dans la bouche ? Je cligne des yeux ! Ouf ! il a compris, il le retire.
Ah, mais franchement, déjà j’ai du mal à croire que des patientes puissent tomber amoureuses de leur gynéco, mais des dentistes ! Comment on peut être séduisant chez le dentiste quoi ? Finalement, j’aurais peut-être dû mettre mon décolleté hein !
Je suis toujours allongée, les pieds plus hauts que ma tête, j’imagine le tableau ! Il se trompe de position pour me libérer et je fais un roulé-boulé quoi !
La petite serviette en papier autour du coup, telle une mémé qui vient de finir sa bouillie (z’avez remarqué que là, je ne parle plus de vierge juvénile !), il me tend un miroir ! Mais ils ont quoi avec les miroirs ici ? Il a eu peur que je prenne le melon avec mon tartre en moins, il a voulu me rappeler comment on est moche chez le dentiste ?
Je me vois donc, visage avachi, cheveux en vrac, serviette autour du cou… À devoir sourire face au petit miroir pour admirer le beau travail qu’il a fait ! C’est vrai que c’est beau ! Y a plus rien, je parle du tartre parce que, heureusement, mes dents sont là ! Mais bon, je n’ai pas envie de sourire à ça quoi !
« Voilà, vous allez pouvoir sourire sans complexes »
Alors déjà mon gars, mes complexes, c’est pas dans ma bouche qu’ils sont, ensuite ce n’était pas mon tartre qui m’empêcher de sourire.
« Oh, de toute façon, que je lui réponds, vu la taille de mes dents, c’était difficile de les cacher pour sourire ! »
Ah ah ! Il se marre de toutes ses dents blanches… et moi aussi tiens ! Elles sont toutes blanches ! On va s’éblouir si ça continue !
Monsieur le dentiste est content, il me libère de mon fauteuil, sans se tromper de position, le sang va pouvoir circuler dans le bon sens ! Non sans m’avoir enlevé mon bavoir et commencé à m’essuyer la bouche ! Si ! J’vous jure ! Putain comment j’étais mal ! Il m’a tendu le truc beurk et m’a dit « je vous laisse finir ». Ouais ! t’es gentil, mon gars, merci bien ! C’est la bouche que tu voulais m’anesthésier, pas les bras ! Pfff
Retour à son bureau où il m’explique comment je vais devoir continuer à « travailler » jusqu’à notre prochain rendez-vous pour la carie. Brossage de dents avec un nouveau dentifrice, dont il « m’offre » deux tubes de la taille de mon doigt… Non, mais t’as vu la taille de mes dents ?
Et me prescrit un bain de bouche pour 10 jours.
« J’utilise déjà un bain de bouche moi… (faut toujours que je la ramène hein ?)
— Oui, un produit de grande surface ?
— Oui…
— C’est très bien, mais pour vous donner un ordre d’idée, votre produit de grande surface à 0, 06 % de (chépluskoi) et celui que je vous prescris en à 12 %…
— Ah ouais ! (Je dis ouais ! je ne dis pas oui ! c’est bon, plus la peine de jouer la fifille hein ! Je serai même prête à lui répondre “putain de merde !” si je me laissais aller ! On n’a peut-être pas gardé les cochons ensemble, mais ce mec m’a essuyé la bouche quoi !)
— C’est pour ça que vous n’allez l’utiliser que 10 jours : 3 fois par jour, 1 minute (je me vois déjà avec mon téléphone sur chrono dans la salle de bain). »
Au revoir, madame, à bientôt, etc., etc.
Il me tend mon ordonnance et m’invite (encore !) à me diriger vers la secrétaire pour récupérer ma carte vitale. Fort heureusement, il ne m’y accompagne pas… je sais marcher hein ! Pour un peu, c’est lui qui serait foutu de ranger la carte vitale dans mon sac, j’en suis sûre !
Devant la secrétaire nouveau moment de panique…
« J’ai oublié de demander au docteur, je viens de faire un détartrage (enfin, c’est lui qui l’a fait, OK !), je peux boire un café ? »
Bah quoi ne riez pas ? La pub pour le chewing-gum et la nana qui a des taches brunes sur les dents à cause de son café ça m’a traumatisé moi ! Je suis sûre que je n’aurai pas des petits chewing-gums qui viendront danser devant ma tasse pour que je pense à les mâcher, alors je préfère demander à des gens normaux !
La secrétaire, elle ne rit pas non plus ! Elle me regarde et me dit :
« Vous êtes comme moi vous hein ! Il vous faut du café. Oui, oui ! vous pouvez sans problème. »
C’est moi, ou ils sont bizarres dans ce cabinet ?
L’autre qui m’essuie la bouche, elle qui m’embrasserait presque parce que moi aussi, je bois du café quoi ! Je ne vais pas lui dire qu’on est pas les deux seules va, je sens que ça pourrait lui faire un choc… Je lui souris chaleureusement (et sans tartre !) et je m’en vais !
Je vais à la pharmacie avec ma petite ordonnance chercher mon arrache gueule…
Je regarde mon ordonnance en patientant et je n’y vois même pas le nom du médoc parce que je bloque sur la ligne en dessous de mon nom « 44 ans et 6 mois ». Non, mais j’hallucine quoi ! « 6 mois » ! Tu ne veux pas me noter mon âge en mois non plus ? Comme les petits « j’ai 534 mois ! ». Je t’ai demandé moi de me rappeler que le 45 il arrive dans 6 mois à peine ?
T’as de la chance que j’ai une carie toi, tu sais…