Chapitre 2
Une fois à bonne distance du géant semi-enseveli, elle reprit sa marche. Soudain, une autre main surgit du sol et manqua de peu la femme. Elle tomba à la renverse, et une seconde machine similaire à la première sortit de terre. Morl-Dérin se rendit vite à l’évidence.
— Elles gardent ce que je souhaite et à mon avis il y en a tout autour !
Pour confirmer sa théorie, elle contourna une fois encore la machine. Avec plus de prudence, elle avança. Comme elle s’y attendait, un troisième géant émergea. Bien, maintenant, il lui restait à savoir comment braver la garde des machines. Impossible de passer entre deux, dans la mesure où, une fois les bras tendus, les phalanges de chaque gardien la toucheraient. Ce genre de machines broieraient Morl-Dérin, comme elles l’avaient fait avec le loup. Et sans doute aussi qu’elles avaient d’autres armes en réserve. Cependant, elle n’avait pas fait tout ce chemin pour renoncer. Elle devait passer ce cercle de protecteurs, peu importe les risques.
Avec ce froid si mordant, Morl-Dérin éprouvait des difficultés à se concentrer. Dans son sac, pouvait-il se trouver un objet susceptible de l’aider ? Péniblement, elle fouilla l’intérieur, et en tira deux bombes artisanales. C’est elle qui les avait fabriquées avant son départ. Deux, c’est tout ce qui restait de la douzaine confectionnée. Seulement, avec cette météo, difficile d’allumer la mèche. Elle tenta de nombreuses fois avec son briquet, sans succès. Il lui restait bien sûr son arc et quelques flèches, mais il serait sans doute impossible de traverser la cuirasse d’acier des colosses.
— Réfléchis, Morl-Dérin ! Réfléchis ! Réfléchis ! se dit-elle.Elle voulut tenter une expérience pour mieux évaluer ses ennemis. Elle banda son arc, et décocha une flèche entre deux gardiens. Immédiatement, le crâne de la sentinelle se fixa et de ses orifices jaillirent deux rayons meurtriers. La flèche disparut aussitôt.
— Très bien. Leurs vues sont basées sur le mouvement.Sans nul doute qu’auparavant ces machines pouvaient se déplacer, mais elles avaient dû geler sur place avec le temps. C’était là, la chance de Morl-Dérin. Utiliser cet environnement néfaste à son avantage. Elle resserra au maximum ses peaux autour de son corps, et à contrecœur, plongea sous l’épaisse couche de neige. Même vêtue ainsi, le froid la poignarda, immédiatement. Seule consolation, le vent moins tenace. Elle rampa en gardant, tant bien que mal une unique direction. Son cœur battait à plein régime, tandis qu’elle priait tous les dieux possibles pour que les sentinelles ne la repèrent pas. Elle avança dans cette position inconfortable des minutes durant. Quand elle jugea qu’elle avait dépassé les gardiens, elle sortit lentement la tête hors de la poudreuse. Elle poussa un soupir de soulagement en voyant leur dos. Pour une fois, le temps maussade s’était révélé utile.
À présent, elle savait qu’elle était toute proche de réussir. En effet, caché dans les gorges glacées de la montagne, un temple s’y trouvait. Les escaliers y menant autrefois étaient recouverts du manteau blanc, sous lequel se terrait une couche de glace glissante, créant ainsi un périlleux toboggan. La tentation de glisser sur les fesses était grande, mais mortelle. La pente était bien trop raide pour espérer de ne pas s’écraser sur la porte du temple prisonnier des glaces. Morl-Dérin sortit de son épais sac, une corde qu’elle attacha à une stalactite. Elle testa la résistance de cette dernière, en tirant dessus. Le point d’ancrage ne bougea pas. Alors Morl-Dérin entama une descente en rappel. Avec précaution, elle s’enfonça de plus en plus profondément dans la crevasse. Arrivée à mi-parcours, sa seule crainte fut que sa corde ne soit pas assez longue. D’en haut, le temple semblait plus proche. Une erreur de perception dont elle se serait bien passée. Et comme, elle l’avait craint, arrivée au trois quarts du parcours, alors que ses membres criaient de douleur, la corde se raidit. Morl-Dérin n’irait pas plus bas. Dix mètres de cordes n’étaient pas parvenus à bout du chemin.
— Pas le choix cette fois ! se dit-elle en prenant son poignard.
Sans réfléchir une seconde de plus, elle trancha la corde qui la retenait à la vie. La sentence fut immédiate, et Morl-Dérin se retrouva ventre à terre. Elle dévala la pente à une vitesse incroyable, cherchant par tout moyen à se ralentir, mais ses mains glissaient, sans succès. Elle poussa un hurlement avant de percuter de plein fouet un muret. Le choc fut tellement violent, qu’elle perdit connaissance.
Lentement, elle ouvrit les yeux, ignorant tout du temps qui s’était écoulé. Seuls les flocons qui l’avaient recouvert petit à petit pouvaient lui dire. À peine bougea-t-elle, qu’un cri déchira le silence. L’une de ses côtes la faisait terriblement souffrir. Elle avait des difficultés à respirer correctement. Dans un effort délicat, elle retira son sac, et se mit sur le dos.
— Oh ! Par Origin ! Bon sang ! s’exclama-t-elle.
Elle s’encouragea mentalement pour se remettre sur pied, mais chaque geste était une torture. Déjà assise, ce fut une grande victoire. Toutefois, le plus dur restait à faire. À l’aide du muret, qui lui avait brisé la côte, elle se redressa. Elle lança des jurons à tout bout de champ, mais parvint à se redresser. Courbée, elle pouvait tout de même se déplacer. En revanche, impossible de reprendre son sac. Il était bien trop lourd. Cependant, elle extirpa le livre ancien, car il restait d’une importance capitale. Chaque pas, lui provoquait une douleur fulgurante, qui lui donnait des grimaces. Morl-Dérin déterminée à réussir serra les dents et avança vers l’entrée du temple détruit. Là, devant la façade recouverte de glace, elle n’avait aucune idée de comment y rentrer.
Dans la crevasse à l’abri du blizzard, elle feuilleta les pages jaunies. Elle trouva un croquis exact de cette même façade. Sur la porte étaient gravées des runes antiques, où derrière l’une d’elles se trouvait une serrure. Elle prit de la distance pour observer la porte en la comparant au croquis. Elle prit la décision de retourner là où elle avait laissé son sac de voyage. Que ce fut laborieux pour son corps meurtri ! Elle ressortit ses deux bombes avec la ferme intention de briser la glace avec, mais cela pouvait se révéler fatal pour elle si elle déclenchait une avalanche à cause de l’explosion. Après tout, elle n’avait pas d’autres solutions. Avec son briquet, elle alluma la mèche de la bombe de la taille d’une orange et la balança sur la façade gelée. Un boum retentit dans les tréfonds de la montagne et en fit trembler les parois. Des éclats de glaces furent projetés de part et d’autre. Morl-Dérin eut tout juste le temps de s’abaisser derrière le mur. Elle attendit que le nuage givrant se dissipe pour se relever. Elle avait réussi. Devant son air satisfait, une porte arrondie apparut. Les runes s’illuminèrent, créant une forme d’arbre avec comme des nids sur certaines branches. Toujours affaiblie, Morl-Dérin toucha les écritures du bout des doigts. Sans la glace, il fut plus simple de mettre la main sur l’encoche.
Elle décrocha une clé en bronze pendue à son cou. Elle était plus grosse et plus usée que toutes les clés du monde. Délicatement, elle l’enfonça dans la cavité prévue à cet effet. Elle tourna lentement vers la droite et un déclic se fit sentir. Tout à coup, la clé fut aspirée dans le trou. Le sol trembla et la femme fit un pas en arrière. La porte s’ouvrit en deux, pile au milieu du tronc dans l’arbre de runes. Un souffle morbide lui déferla au visage, et elle se retint de ne pas vomir. Enfin, elle y était arrivée. L’Arme Maudite était à sa portée, entraînant la fin des Gardiens.
Chapitre 3
Morl-Dérin
La porte d’Outre-Monde
Le corps courbé et meurtri par l’impact, Morl-Dérin mit un pied dans le temple. Une puissance ancienne tomba sur ses épaules de tout son poids. Elle était obligée de le supporter. Des torches s’allumèrent au fur et à mesure de sa marche. Dévoilant au passage, une seule pièce sinistre.
Des squelettes gisaient de part et d’autre du chemin central. Des idoles avaient été réduites en débris. Les peintures rupestres profanées par des insultes, écrites dans une langue morte. Les dalles de granits autrefois brillantes, recouvertes de sang séché et d’une poussière de cadavres. Des évènements affreux s’étaient produits dans ce lieu. Morl-Dérin n’était clairement pas à son aise. Pourtant, elle se dirigeait inéluctablement vers un autel brisé en deux. Elle monta la seule marche qui y menait. Alors à cet instant, une rangée de flammes surgit autour du chœur. Une voix rauque s’éleva et de l’autel, une forme spectrale surgit. Morl-Dérin en eut des sueurs froides. Ce n’était pas comme ça qu’elle avait imaginé l’apparition d’une Arme Maudite.
— Voilà bien des millénaires que mon repos n’a pas été rompu. Bienvenue Morl-Dérin, ou plutôt devrais-je dire…
— Morl-Dérin suffira ! coupa celle-ci qui releva le menton.
— Comme tu voudras.
La femme était étonnée d’entendre que l’âme la connaissait.
— Tu as bravé beaucoup d’épreuves pour venir jusqu’à moi. Pourquoi te donner tant de mal ?
En réponse, Morl-Dérin tendit le livre ancien. L’âme, qui n’avait pas de visage, fut fort surprise.
— Tiens donc. Ainsi ils n’ont pas tous été brûlés. Mes frères et sœurs seront heureux de l’apprendre.
— Je ne suis pas venu ici pour faire causette avec les morts. Je veux des réponses ! Je veux l’Arme Maudite que je suis venue chercher !
Outragée, l’âme envoya une langue de feu saisir Morl-Dérin par le cou. La femme fut soulevée sans difficulté. Impossible pour elle de se défaire de ce feu qui ni ne brûlait ni ne chauffait. Mais elle sentait parfaitement son emprise.
— Ne me manque pas de respect, sous-race. Même sans mon corps, je reste puissant et surtout respectable.
Quand l’âme jugea que la femme avait bien compris le message, elle la relâcha brutalement. Les côtes de Morl-Dérin la lancèrent immédiatement, mais elle se contrôla pour ne pas paraître plus faible qu’elle ne l’était.
— Je vais répondre à ta question. Mais tu me montres une fois encore, un manque de respect, et tu en paieras le prix.
— Entendu, répondit Morl-Dérin.
Elle prit une bouffée d’oxygène avant de reprendre.
— Je veux tuer les Gardiens. Et, d’après mes renseignements, ici, je devais trouver l’arme capable de rivaliser avec eux.
— Une requête surprenante, surtout quand on sait que les Gardiens protègent les mondes.
— Ils ne protègent que leurs intérêts, et leurs vies. Le destin de simples mortels ne compte pas pour eux, rétorqua Morl-Dérin.
— C’est fâcheux. Très fâcheux. Aurais-je l’honneur de connaître la raison de ta haine ?
— Vous n’en avez pas besoin. Tout ce qu’il y a à savoir, c’est que ce sont des monstres d’égoïsme, qui laissent crever les peuples.
L’âme laissa un temps de pause avant de parler.
— La mission des Gardiens aurait donc failli. Nous nous y attendions à vrai dire. Nous, les Exclus, avons toujours lutté contre la décision des dieux de donner des pouvoirs démesurés à des mortels. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus. Pire encore, nous avons été punis.
— Est-ce que ça veut dire que vous me donnerez ce que je vous demande ?
L’âme vacilla, avant d’être sur un rythme plus lent.
— Ce n’est pas ce que je dis. Vaincre un Gardien des Mondes n’est pas chose aisée, alors tous les tuer… Pardonne-moi, très chère, mais je crains que tu ne sois pas au niveau.
— Je suis parvenu jusqu’ici. J’ai déjà fait mes preuves ! La suite ne vous regarde pas. J’ai seulement besoin de l’Arme Maudite pour les éliminer.
— Je dois bien reconnaître que tu as du caractère pour une femme ! Ton sang est ancien, je le ressens jusque dans la mort. Mais la Flamme Éternelle qui habite les Gardiens l’est encore plus.
— Dites-moi comment les vaincre dans ce cas !
— Éteindre la Flamme Éternelle peut venir à bout des Gardiens, répondit l’âme de l’Exclu.
— Comme si elle s’éteignait en soufflant dessus, ironisa Morl-Dérin à voix basse.
La volute de fumée qui représentait l’âme s’agitait.
— Quel fâcheux dilemme ! Le rôle des Exclus n’est pas de trahir les Gardiens. Rien ne m’oblige à te donner le pouvoir de les tuer.
— C’est là que vous faites erreur, Exclu, répliqua-t-elle agacée par cette âme.
— Ah oui ?
Morl-Dérin feuilleta le livre avec concentration. Autour d’elle, le cercle de flammes dansait paisiblement. Seul le bruit des pages qui se tournaient rompit le silence. Arrivée à la partie voulue, la femme tourna le livre face au fantôme translucide.
— C’est écrit ici. Dans votre langue. C’est vous, et vos frères et sœurs qui l’avez rédigé.
— Tu ne pourras jamais maîtriser la force d’une Arme Maudite ! s’exclama l’Exclu. Personne ne le peut, je le crains…
— Ne doutez pas de ma volonté. Je suis parvenue jusqu’ici ! Combien ont réussi avant moi ? Dites-le !
L’âme resta silencieuse.
— Bien ! J’ai ma réponse. Personne ! Je suis la première à vous rencontrer depuis des siècles ! Si vous me donnez le moyen de vaincre les Gardiens, alors je vous fais la promesse de vous faire revenir dans le monde des vivants, de retrouver votre corps, reprit Morl-Dérin.
— Proposition alléchante, sans aucun doute. Mais comme tu le remarques, je n’ai jamais vraiment quitté le monde de la vie. De plus, rien ne me dit que tu respecteras ta parole, femme !
— Cessez de m’appeler femme ! J’ai un prénom, retenez-le bien : Morl-Dérin. Si vous refusez de prêter main-forte, je violerai d’autres sépultures, jusqu’à trouver ce que je cherche ! Forcément je tomberai sur l’Arme Maudite, ou un autre des Exclus qui m’accordera son soutien. Et lui reviendra parmi nous ! trancha la femme.
Comme l’âme ne matérialisait aucune émotion, difficile pour Morl-Dérin de savoir ce que l’Exclu pensait.
— Soit. Nous allons donc sceller un pacte. Il nous liera jusqu’à ma résurrection ou ta mort. Veux-tu vraiment tuer les Gardiens ? Est-ce ton souhait le plus cher ? Les conséquences seront désastreuses, les comprends-tu ?
Morl-Dérin eut une demi-seconde d’hésitation avant de reprendre le plus fermement possible.
— Oui.
— Je ne puis t’offrir ce que tu recherches. Les Armes Maudites ont été cachées depuis bien des siècles. En revanche, je te donnerai mon pouvoir. Ton corps me servira d’hôte. Je serai partout avec toi. Tu ne pourras pas me mentir, rien me cacher de tes sentiments, des émotions qui te traversent.
— Tant que je reste maître de mes choix, je me fiche bien de ce que vous verrez dans mon âme. Un seul but compte : tous les Gardiens doivent disparaître.
Alors l’âme se mit à tourbillonner sur elle-même. Soudain, tel un serpent se jetant sur sa proie, elle entoura le bras droit de Morl-Dérin. Les pieds de cette dernière quittèrent le sol, portés par la force ancestrale. L’âme lui léchait chaque partie du corps, avant de brûler légèrement son épiderme. Machinalement, la femme ouvrit la bouche, la tête basculant en arrière. La fumée de l’âme s’y engouffra tout entière. Morl-Dérin fut prise de secousses, et de tremblements, avant d’être submergée par un flot d’images interrompu. Son esprit se mêlait à celui de l’Exclu, créant une profonde confusion en elle. Elle sentit ses côtes se ressouder, la crispant de douleur. Des marques noires apparurent au niveau de son cou, de ses poignets et de ses chevilles. Enfin, tout s’arrêta brutalement. Elle tomba à genoux, une main sur la poitrine, cherchant de l’air.
« Calme-toi à présent ! »
Cette voix résonna dans sa tête, et c’était une étrange sensation. Indescriptible. Morl-Dérin avait seulement envie de l’évacuer au plus vite.
« Tu ne peux plus me faire sortir très chère. Nos deux âmes ne forment plus qu’une ! »
« C’est vrai que maintenant, vous entendez toutes mes pensées », dit Morl-Dérin.
« Absolument tout ! » dit l’Exclu sournoisement.
« Et maintenant que vous avez fait votre tour de passe-passe, qu’est-ce que j’y gagne ? »
« Tourne-toi ! »
Morl-Dérin s’exécuta. À la place de voir la crevasse gelée sur l’extérieur, la porte donnait sur un tunnel de couleurs. Morl-Dérin s’approcha et contempla les sept signes qui ornaient la porte.
« Grâce à ma présence, tu vas pouvoir utiliser les portes d’Outre-Monde. Celles qui te permettront de voyager entre les sept univers. Elles sont disséminées un peu partout » expliqua l’Exclu.
Morl-Dérin toucha la surface visqueuse de l’arche.
« Avant de passer le pas, tu vas devoir choisir une destination, en tournant cette manivelle. Chacun des sept symboles représente un monde », continua l’Exclu.
« Une suggestion ? » demanda la femme.
« Je suppose que les mondes que j’ai connus par le passé ont dû bien changer, à tel point qu’ils doivent m’être inconnus. Cela dit, j’ai toujours eu un faible pour Tecknos. »
Alors Morl-Dérin tourna la manivelle et les glyphes s’allumèrent chacun leurs tours. À chaque fois, la substance visqueuse prenait une couleur différente. Pour Tecknos, la matière devint orangée, ainsi que le glyphe.
« Bien ! En avant alors ! » dit Morl-Dérin.
Ce n’était pas la première fois qu’elle empruntait une porte d’Outre-Monde, elle avança donc sans crainte. La matière orangée, gluante, semblait très épaisse. Elle plongea tête la première à travers cette curieuse matière. Sauf que la surface était moins épaisse que prévu, et donc moins désagréable que ce qu’elle avait déjà connu. Quand tout le corps de Morl-Dérin plongea dans la porte d’Outre-Monde, il lui sembla que le temps et l’espace n’avaient plus de limites. Elle fut prise dans un tourbillon infernal, avant d’atterrir brutalement sous une arche de pierre. L’estomac secoué, elle s’agenouilla, à deux doigts de vomir.
« Tu es une race bien faible ! » lança l’Exclu.
« Fermez-la ! » rétorqua Morl-Dérin.