Chapitre 2
Chapitre 2: PARANO
Sophietou Diop
On est samedi et avec mes deux meilleures amies et ma petite sœur nous avons décidé de sortir entre filles.
Fatima et moi nous nous somme connues depuis toujours si j'ose le dire. De toute ma vie je ne me souviens pas d'une période où elle n'était pas là. Elle est partout sur mes photos d'enfance. Elle est mon encre. L'autre partie de moi. Nos parents sont devenus une famille à force de nous être fréquentés depuis une vingtaine d'années.
Quant à Oumou, c'est une histoire de coup de cœur. On s'est connue en seconde. Des centres d'intérêts en commun, des rires de folies et quelques temps après c'était une amitié sincère et longue.
Avec Sara nous nous sommes préparées ensemble à sortir. On retrouve les filles au Radison.
Après s'être sautées dessus et tous le protocole de salut.
Sara: ce n'est pas ça mais j'y vais.
Moi: hé tu vas où ?
Sara: voir mon chéri.
Moi: Wa pourquoi tu as dit que tu venais avec moi ?
Sara: pour ne pas me faire contrôler par ta mère. Appelle-moi si tu veux rentrer. Je pars avec la voiture.
Avant que je ne puisse protester encore une fois, elle était déjà partie.
Moi: vous y croyez-vous ?
Oumou: elle est jeune laisse-la.
Moi: à son âge j'étais exilée à Lyon seule.
Fatima: Wa pourquoi elle n'est pas partie sakh
Moi: c'est une folle, ma mère lui fait pas confiance même pour son propre linge.
On se moque carrément de ma sœur.
Fatima: mais sinon toi comment vas tu?
Moi: cava hein je me porte comme un charme. Et j'ai un boulot
Oumou: un boulooot?
Moi: oui pourquoi ?
Oumou: euh tu avais arrêté pour une raison.
Moi: comment ça je vous avais dit quoi ?
Fatima: justement tu n'as pas voulu nous dire.
Moi: hum en tout cas j'adore mon nouveau boulot.
Oumou: tu bosses où ?
Moi: avec mon oncle.
Oumou: évidemment
Moi: hé c'est mieux qu'avec mon père.
Fatima: je l'avoue.
Mon téléphone signal un nouveau message à ce moment là.
Oumou: tu as changé de téléphone ?
Moi: oui l'autre a été détruit par l'accident.
« Cc jolie perle, quand j'ai vu ton message j'étais tellement choqué que j'ai eu besoin de temps pour m'en remettre. J'ai eu à parler à ton frère il m'a parlé de l'accident.
J'espère que tu vas bien Sophia, une pensée pour toi. Tu me manques beaucoup.
Seydina »
Moi: ownn.
Les filles arrêtent de se parler automatiquement et me regardent.
Je leurs tends le téléphone. Fatima commence à tousser.
Moi: cava Fatima ?
Elle: euh oui.
Oumou: tu ... tu parles à Seydina ?
Moi: oui. Je lui ai envoyé un message lundi on est samedi c'est aujourd'hui qu'il répond mais il est trop chou n'est-ce pas ?
Fatima: tu l'as quitté tu sais?
Moi: oui mais c'est innocent. Je ne reprends jamais les choses que j'ai laissé derrière moi.
Les filles se jettent des regards tout en me regardant super bizarrement. Mais j'en fais abstraction. Nous recommençons à parler de tout et de rien.
Moi: il y'a un collège qui me drague. C'est tellement bizarre d'être aussi direct ce Mec est un fou.
Fatima: tu te fais draguer au boulot ?
Moi: Wa Fatima toi qu'est-ce que tu as? tu me poses les mêmes questions bizarres depuis tout à l'heure. Je ne suis pas aussi moche que ça si?
-non loin de là tu es quand même très belle Sophietou.
Cette voix. Je la reconnais. Je regarde la tête des filles, elles sourient comme des pimbêches.
Oumou: mon cœur !!!
- cava mon cœur ?
Fatima: ma vie ioe
-chérie coco no deff ?
Fatima: cava bien et toi ?
-je vais bien, je fais aller du moins. Cava madame ?
C'est à ce moment-là que je décide à me retourner et sans surprise mon regard accroche celui du mec de la derrière fois. Dans un polo et un pantalon kaki. Simple et bien habillé. A force de le détester, j'avais même oublié son existence. Je n'ai pas pensais à lui depuis la sortie du restaurant la dernière fois tellement il n'existe pas pour moi.
Moi: ah c'est toi ? Amo diom ioe (tu n'as pas de scrupule toi). Aujourd'hui c'est Virgin Mojito au menu tu veux te faire arroser ?
Lui: je suis venu en paix et je connais bien tes amies et tu n'es pas celle qui m'emmène.
Moi: hummm !
Lui: je peux m'installer avec vous sans risquer de prendre votre verre à la figure ?
Fatima: elle t'a versé son verre ?
Elles sont mortes de rire. Et moi avec. Il l'a quand même bien mérité ce petit con.
Oumou: ioe togual (assis-toi.) je savais que Sophie était sauvage et qu'elle n'avait rien perdu de sa sauvagerie.
Moi: je n'aime pas les gens arrogants, vous le savez bien les filles. Et ce mec est chiant.
Lui: Junior, je m'appelle Junior
Moi: je m'en fou de ton nom.
Il s'installe a côté d'Oumou et en face de moi. Et les filles se mettent à discuter avec lui. Je m'exclus volontairement de la discussion.
Oumou: Wa Junior et les amours ?
Junior: arrête de me taquiner waie. Tu sais bien celle qui meurt dans mon cœur.
Fatima: ça c'est clair.
Junior: et toi Sophia tu as quelqu'un dans ta vie ?
Moi: oui.
Il sert automatiquement son visage et je vois sa mâchoire se crisper.
Lui: qu'est-ce que tu dis ?
Moi: tu as demandé je t'ai répondu. Oui
Lui: c'est qui ?
Moi: ce n'est pas ton problème. Wa yeneuh...
Les filles ont l'air mal à l'aise. Comme si j'étais en tort. Qu'est-ce que j'ai fait? Lui-même il a dit qu'il a quelqu'une dans son cœur. Et quand il s'agit de moi elles se mettent à couiner. Ce sont mes amies ou celles de ce mec ?
Lui: ioe loutakh gua soff. (pourquoi tu es chiante) may wakh mounane oui nak ( elle se permet de répondre oui) boulma yapp sophia ( ne te fous pas moi)
Fatima: Junior eh calme toi.
Moi: mais toi tu te prends pour qui? Je ne t'ai jamais vu à part la dernière fois tu te permets de me parler comme si j'étais quelque chose pour toi.
Oumou: Sophia eh. Tout le monde nous regarde.
Junior: ioe khamo sa bopp dé (tu te surestimes)
Je me lève et saisis le mojito sur la table automatiquement il saisit ma main et le contacte de sa peau sur la mienne m'envoie des décharges électriques comme pas possible. Mais comme je suis une sauvage, ça ne change rien à mon ressentiment.
On se confronte, les yeux dans les yeux. J'ai le cœur qui bat à 100 à l'heure. J'essaye de soulever le verre mais sa main sur la mienne est pire que tout, je m'arrache la main, et lui en même temps, le verre s'éclate par terre.
Le serveur accourt, avec le ballet et de nettoyer.
Lui: ah Junior, Sophia cava? Vous recommencez à tout casser ?
Junior: ah cava Samba.
Sans même me quitter des yeux. Quand il se mord la lèvre comme un pd, je Pete un câble.
Moi: putain mais ma là bagne ioe deugeu deugeu( je te déteste vraiment)
Fatima: mais il t'a fait quoi ?
Moi: le comment du pourquoi ne change pas les faits.
Oumou: tu es sérieuse ?
Moi: oui je te déteste tu es arrogant et tu te crois au-dessus des gens. Tu es certes beau mais ça ne se fait pas tout.
Lui: n'empêche que je ne te lâcherais pas. Vaut mieux t'y faire Sophia.
Moi: je pense que tu as sérieusement des problèmes. C'est quoi ton problème avec moi ? Tu ne me connais même pas.
Lui: je suis arrogant et prétentieux tu te rappelle ?
Je prends mes affaires, les filles me retiennent.
Fatima: et tu vas où ?
Moi: laissez-moi.
Oumou: non tu ne rentres pas. Sara va avoir des problèmes si tu pars sans elle.
Moi: je vais juste aux toilettes avant de commettre un meurtre.
Elles me lâchent et je vais me calmer aux toilettes. Je le déteste tellement que j'en tremble. J'ai mes yeux qui s'inondent de larmes. Je respire pour ne pas les faire tomber.
Je pense que j'ai vraiment des problèmes, on ne peut pas détester quelqu'un pour rien et à ce point. J'ai l'impression à chaque fois que je le vois, qu'il me déchire le cœur. Si j'étais enceinte, tellement je le déteste que je donnerais naissance à un enfant exactement comme lui.
En revenant, beaucoup plus calmée, je vois une table libre dans un endroit discret, je m'assoie et sors mon téléphone. Je vais sur Wattpad pour lire un peu. Tous les moyens sont bons pour se calmer.
Je ne sais même pas depuis combien de temps je suis assise mais c'est une voix qui me fait réagir.
-humkhum
Je relève la tête et il y'a un Mr qui est debout devant moi. Il n'est pas mal. Et il a l'air gentil.
- je suis désolé de vous déranger, je vous ai vu concentrée sur votre téléphone et j'aimerais bien savoir ce qui retient votre attention à ce point.
Je lui souris.
Moi: bonsoir
-évidement c'est un bonsoir. Je vous ai en face de moi depuis tout à l'heure et c'est effectivement un très bon soir.
Je ris. Il me fait rire, et flirte ouvertement avec moi. Et j'adore ça.
Moi: un beau parleur hein ?
Lui: malheureusement !
Moi: je suis concentrée sur une application de lecture de chroniques.
Lui: Wattpad ou fyctia ?
Moi: quoi vous connaissez Wattpad et fyctia ?
Lui: bien sûr.
Moi: asseyez-vous !
Lui: avec plaisir merci. Ne le dites à personne mais je suis un fan de la lecture. Et Wattpad est mon encre du soir.
Moi: un potentiel célibataire.
Lui: lui-même. Que lisez-vous ?
Moi: Amsatou Gueye, Mon Attraction Eternelle de Nins.
Lui: je la connais mais je n'ai pas encore commencé à lire celle-là.
Moi: et pourquoi ? cette femme est brillante il faut la suivre à la minute.
Lui: je sais bien. Mais vois-tu je ne suis pas très fan de l'attente.
Moi: hum je comprends
Lui: et si vous me partagiez votre bibliothèque ?
Moi: feriez-vous pareil ?
Lui: Bien sûr.
Moi: je ne connais même pas votre nom?
Lui: Mohamed Faye mais appelle-moi Momo
Moi: chii serere bou Khess? (un serere à la peau claire)
Il éclate de rire
Lui: j'entends cette blague trop souvent.
Moi: c'est vrai. Moi c'est Sophietou Diop
Lui: hum sama diam bi (mon esclavage)
Moi: tu veux dire ta reine ?
Un moment charmant que je passe avec ce bel inconnu. On est resté je ne sais combien de temps à parler et rire. Le fait qu'il partage ma passion de la lecture est adorable.
Mais le moment est gâché par le loup arrogant qui arrive en trombe sur la table.
Lui: tu te fous de moi bébé ?
Bébé ?
Moi: quoi ?
Lui: enchanté, je suis avec elle. Je l'attendais en plus.
Momo: enchanté mais je vous connais déjà.
Lui: ah c'est parfait alors. Je n'aurais pas besoin de te demander de t'en aller
Momo: je ne suis pas là avec vous.
Moi: mais t'es vraiment un malade Junior
Il me lance un regard incendiaire. Se baisse au creu de l'oreille de Momo. Lui dit des trucs que je n'entends pas.
Momo: sérieux ?
Lui: je vous le jure sur la tombe de ma mère
Momo me regarde bizarrement.
Moi: quoi ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Ils s'échangent un regard et junior hoche la tête.
Momo: euh qu'il t'aimait bien. Bon j'y vais esclave. On se reverra peut être un jour.
Moi: mais ... mais...
Momo était déjà loin. J'avais commencé à l'apprécier. Putain.
Junior: ça sera toujours comme ça Sophietou. Je serais ton ombre. Personne ne t'approchera. Plus vite tu comprendras. Plus vite tu seras avec moi. Et plus vite tout se passera bien. Aller vient on y va.
Moi: va te faire foutre.
Lui: par contre cette insulte tu le paieras un jour à tes dépends.
Je le dépasse et sors. Il me suit jusqu'au parking et je le vois monter dans la voiture que j'avais vu me suivre depuis des semaines.
Je panique. Mais c'est lui, j'avais même écris le numéro de la plaque pensant que je devenais parano.
Ma mère s'est même moquée de moi quand je lui ai montré la preuve que je ne suis pas parano.
Avant que je n'ai un taxi. Il se gare devant moi et baisse la vitre.
Lui: monte.
Moi: non. Tu ne peux pas me laisser tranquille ?
Lui: jamais. Montes Sophietou avant que je ne m'énerve.
J'éclate de rire hystérique. J'ai l'impression de venir d'un autre monde. Vous aussi dites-moi que vous vous sentez comme moi. Sinon je risque de devenir folle.
Il descends m'attrape le bras pour me faire monté et je me mets à criée comme une demeurer.
Moi: lâche moiiiiiiiiii
Le vigile arrive en courant et junior me lache le bras.
Le vigile: mais qu'Est qui se passe ici?
Sans réfléchir, je balance
Moi: il ... il veut me kidnappé.
Je commence à pleurer vraiment. Il me fait peur. Comment peut on être aussi insistant. Je ne veux pas de lui c'est pas compliqué.
Lui: arrête Sophie et monte
Moi: laisse moi tranquille. Je ne le connais même pas il me suit depuis des jours.
Le vigile: comment sa?
Moi: je l'ai rencontré que deux fois. Mais il me suit. Tout le temps et maintenant il veut me kidnapper. Aidez moi.
Junior: sophietou
Le vigile: Mr écouter vous ne pouvais pas l'obliger à venir avec vous.
Moi: je veux rentré
Junior: mais je te ramener chez toi tu crois quoi?
Moi: je veux prendre un taxi. Serigne bi svp aidez moi
Il siffle un taxi qui s'arrête automatiquement.
Le vigile: va lui parler
Je le vois retenir ce parano. Je marche vite sans demander mon reste je monte dans le taxi.
Moi: on y va viteee
Lui: ou ?
Moi: Serigne démarre reik. Mariste la dieum. ( vasis seulement, je vais au mariste.)
Lui: 5000 guay fay ( tu va payer)
Moi: baxna (c'est bon) mais gua wal reik boumou niou dapp ( qu'il ne nous rattrape pas)
Mon Dieu c'est quoi sa?
J'ai définitivement peur de lui.
Ce mec me suis.
Ce mec me traque.
Et fais fuir tout ce qui m'approche.
Mes parents on bien fait de me demander comment j'allais tout le temps. Peut être que je suis vraiment folle.
Chapitre 3
Chapitre 3: URGENCE
Sophietou Diop
Ce jour-là quand je débarque en courant dans les bras de ma mère. Elle a vraiment eu peur.
Elle: Sophiaa lane laaa regarde-moi? Qu'est-ce qu'il y'a ?
Moi: le Mr...
Je pleurs.
Elle: quel Mr ?
J'étais vraiment en panique. Il me faisait peur, je tremblais, je n'arrivais même pas à parler correctement. Les mots sortent de ma bouche de manière incohérente.
Moi: il me suivait vraiment et il connaît Fatima et Oumou. Il me fait peur. Il me suit partout. Snniiiiif
Mon père arrive en courant. Sans chaussures, en sous-vêtements et le bas d'un caftan. Sans ses lunettes, ses yeux avaient tendance à s'affiner. Il avait l'air plus paniqué que moi-même.
Lui: lanla laanla lanlaaaaa (qu'est-ce qu'il y'a?)
Ma mère le regarde dans les yeux. En me caressant les cheveux pour me calmer. Voyant que mon père commençait à s'impatienter.
Ma mère: elle a dit que y'a un Mr qui la suit.
Mon père: ahhh quel Mr. Calme toi bébé.
Comme si ce n'était rien, il se calme d'un coup et moi avec. Si mon père ne panique pas, peut être que je ne devrais pas moi non plus.
Il me prend des bras de ma mère. Et me fait un câlin. Me caresse les cheveux. Ça fait tellement longtemps. J'ai toujours était une fille à papa. Ses câlins étaient le remède de toute ma vie. Je me calme au fur et à mesure.
Mon père: calme toi d'accord. Je vais régler ce problème.
Il ne sait même pas de qui il s'agit.
Moi: tu le connais ?
J'étais peu convaincue, mais vu qu'il me suit, il serait assez facile à traquer.
Mon père: je le trouverais.
Moi: dit lui de me laisser tranquille papa.
Mon père: bien sûr ne t'inquiète pas.
Il me fait un bisou au front, prends son téléphone et sort de la maison. Ma mère elle m'accompagne dans ma chambre, elle ne prononce pas un mot.
Le silence devenait lourd.
Moi: maman tu le connais ?
Elle: attend, mais toi, tu es sûre de pas le connaître ?
Moi: non. La première fois que je l'ai vu c'était lundi.
Elle: que s'est-il passé ?
Moi: il m'a parlé, je me suis énervée et je lui ai euh...
Elle: quoi Sophia wakhal (parle)
Moi: ...versé mon jus de euh... bissap
Elle: tu as dit quoi ?
J'ouvre les yeux comme une petite fille prise de faute.
Et à ma grande surprise, ma mère éclate de rire et moi avec. Je venais de me rendre compte de l'ironie de la situation. Verser un verre à un inconnu, c'était puéril et dingue d'un film. Ma mère me donne une tape sur la jambe.
Ma mère: ne ris pas. Ce n'est pas drôle. Je suis sûr qu'il ne l'a pas mérité.
Moi: je ne crois pas non.
Elle: alors pourquoi tu as fait ça?
Moi: euh... je ne sais pas.
Elle: tu devrais savoir, si tu prends des mesures aussi extrêmes, tu devrais avoir une bonne raison ma chérie.
Moi: man je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que je le déteste....
Mes larmes se mettent à couler. Qu'est-ce qui m'arrive ?
Moi: chaque fois que je le vois, j'ai l'impression qu'on me déchire le cœur. Et pourtant c'est la deuxième fois que je le vois de ma vie. Je te jure Ma.
Elle: ok mais ne jure pas. Change toi et descends j'ai fait une tarte.
Moi: que tu as encore raté c'est ça?
Ma mère est douée pour tout sauf la pâtisserie. Mais elle a espoir que ça change un jour. Ses tartes sont immangeables.
Elle: hey ton père a dit que c'était bon.
Moi: et on le croit.
Elle: impolie.
Je ris en la regardant sortir.
***
Je vais mieux on est mercredi. Et je n'entends plus parler du harceleur. Heureusement.
Mon père était revenu et m'a dit que le problème était réglé.
Je n'ai pas cherché à en savoir plus. Je ne voulais juste pas le voir. Et c'était tout.
Je déjeune avec Oumou et Fatima. Je leur ait pas vraiment parlé depuis samedi. J'ai pris du temps pour me calmer.
Savoir si je leur en voulais vraiment. J'avais vraiment l'impression qu'elles prenaient part pour le harceleur. Et je n'ai pas à me sentir injuste donc il fallait que je me ressaisisse.
J'étais vraiment perturbée par ce Junior. J'ai peur de lui enfaite. Quand j'arrive elles sont toutes les deux à table m'attendant sûrement.
Je leur fais des bises à toutes les deux et je m'assoie.
Fatima: toujours en retard.
Moi: je bosse et mon bureau est loin.
Oumou: humm c'est ça. Tu devais partir plus tôt en plus c'est ton oncle le boss.
Moi: mais oui. Tsheeep !
On se chamaille et on parle du nouveau chéri ultra romantique d'Oumou. Quand quelque chose me trotte dans la tête
Moi: euh les filles dites-moi, d'où connaissez-vous le harceleur.
Elles: qui ça?
Moi: euh... Junior.
Elles: hannnn
Oumou: c'est une amie qui nous l'a présenté
Moi: qui ça?
Fatima: tu ne la connais pas vu que tu étais en France. Elle est aux usa.
Moi: ah ok. Je l'ai rencontré deux fois de ma vie et c'est une calamité ce mec.
Oumou: on a compris. Pourtant il est tellement gentil.
Fatima: bilahi et serviable.
Moi: et psychopathe, et harceleur, et arrogant, et prétentieux. J'oublie pleins de trucs j'en suis sûre.
Oumou: tu ne l'aimes vraiment pas hein.
Moi: non et je veux juste qu'il reste loin de moi.
Fatima: tu sais depuis quand je ne t'ai pas vu détester quelqu'un à ce point ?
Moi: je ne pense pas que ça m'est déjà arrivé
Fatima: et pourtant si. Tu te rappelles de Joséphine Mendy ?
Moi: oh mon dieu je l'avais oublié celle-là. Mais attends je n'étais pas là seule à la détester elle.
Fatima: elle était trop détestable.
On rigole.
Moi: c'est pareil avec ce Junior.
Oumou: laisse Babacar tranquille et donne lui une chance d'être ton ami.
Moi: pas moyen ce mec me harcèle. Il fait fuir tous les gens qui m'approchent. Et n'a jamais essayé d'être gentil alors pourquoi le serais-je ?
Fatima: il a l'air de t'aimer bien tu sais ?
Moi: moi je le déteste tellement.
Oumou: il ne te plaît même pas un peu ?
Moi: il est certainement beau mais j'ai trop peur de lui pour envisager de le voir autrement.
Fatima: il est beau mom.
Moi: tu es aussi célibataire que moi dé. Qu'est-ce qui t'empêche de sortir avec lui.
Fatima: s'il me voulait comme il te veux. Je serais mariée actuellement
Je rigole. Elle est folle.
Moi: tant pis pour vous. Tant que jene le vois pas reik c'est bon.
La journée se poursuit. Au moment de rentrer je l'ai aperçu arriver avec deux autres mecs. Ils se ressemblent trop. L'un était aussi clair que lui et le troisième avec leurs têtes mais il était noir comme une tablette de chocolat. Sûrement de la même famille. Entre nous belle brochette.
L'un venait vers moi mais Junior l'a retenu et lui a dit un truc. Ils ont continué à me dévisager tout en me dépassant comme si j'étais la demeurée et pas eux.
***
Deux semaines sont passées sans que je ne vois Lucifer me suivre. Je l'avais même oublié. Je vivais ma petite vie tranquille sans intervention.
Mais cet après-midi pour la première fois mon collège Moussa m'a invité à déjeuner avec lui. Seul à seul. Il a dit qu'il avait quelque chose d'important à me dire.
Donc à l'heure de la pause, ensemble on a pris sa voiture pour aller à la plancha. Bien installés après nos commandes, la discussion allait bon train quand une silhouette massive s'est manifestée devant notre table.
Je relève la tête et mon regard croise celui de Junior. Ce mec n'a vraiment rien d'autre à faire de sa vie. Il ne fait que me suivre. Je pensais m'en être débarrassée mais je me trompe à ce que je vois.
Moi: cava Junior?
Lui: oui et toi Sophie ?
Moi: je vais bien.
Il se retourne pour regarder mon collège, il le regarde de haut en bas, et se tourne vers la serveuse qui arrivait.
Lui: s'il vous plaît une chaise et un couvert.
La fille toute souriante acquise. Je ne comprends pas. Il veut une chaise pour s'assoir où?
C'est à ce moment qu'arrive la serveuse. Elle pose la chaise et repart. Junior s'assoit à notre table comme si de rien n'était.
Moi: Junior tu fais quoi ?
Lui: je déjeune.
Moi: mais pourquoi à notre table?
Lui: je déteste manger seul. Je suis sûr que ça ne dérange pas ton collège n'est ce pas?
Moussa: euh non t'inquiète.
Moi: mais à quoi tu joues ?
Lui: calme-toi un peu Sophie et arrête de foncer le front tu m'as dit que ça donnait des rides.
Non mais je rêve. C'est quoi ce bordel ?
Moi: tu ne sais même pas pourquoi on est venu déjeuner seul.
Lui: je pense que c'est le moment de me le dire.
- Sophie calme-toi.
Moi: calme-toi rien du tout. Ki daffa khamoul bopam. Ioe Junior li lane la. Junior sonal guama. Nobou mala. Moussou ma la nobb. Té dou ma la mouseu nobb. Guemeul yallah gua bayi ma. (Il ne sait pas quand s'arrêter. Junior toi c'est quoi ça? Junior tu me fatigue. Je ne t'aime pas. Je ne t'ai jamais aimé. Et je ne t'aimerais jamais. Crois en Dieu et laisse-moi tranquille.)
Je jette la Serviette sur la table et me lève. Je prends mon sac et je sors le plus dignement possible du restaurant. Ce mec me sort par les intestins.
Je ne sais pas pourquoi et le fait qu'il ne me lâche pas n'arrange en rien les choses. C'est un forceur. Il m'oblige à être avec lui et je ne veux pas.
Si je pouvais ne plus jamais le revoir je suis preneuse. Qui souma birone diourko dakh nimako bagné. (Si j'étais enceinte je donnerais naissance à un être qui lui ressemble.)
Je sors mon téléphone et appelle la première personne à qui je pense.
Moi: allô !
Sara: y'a quoi ?
Je commence à pleurer malgré moi.
Sara: Sophie tu pleurs?
Je continue à pleurer de plus belle.
Sara: qu'est-ce qu'il y'a ? Dis-moi ? Calme-toi Sophie s'il te plaît tu me fais peur.
Moi: c'est Junior il... il ne me laisse pas tranquille. Je le déteste.
Sara: ah c'est encore lui.
Moi: je ne sais pas pourquoi il me suit comme ça. Pourquoi il ne veut pas me laisser tranquille. Je le déteste tellement.
Sara: pourquoi ?
Moi: je ... je ne sais pas.
Sara: c'est compliqué ce que tu dis Sophie.
Moi: oui mais c'est comme ça.
Sara: écoute ça va passer. T'es ou ?
Moi: je ne sais pas je suis sortie et j'ai marché pour m'éloigner du restaurant
Sara: tu reconnais où tu es?
Moi: non mais je vais prendre un taxi je dois retourner au bureau.
Sara: ce n'est pas une bonne idée. Attends que je passe te prendre.
Moi: non t'inquiète je me débrouille.
Sara: tu es sûre ?
Moi: oui cava t'inquiète.
Sara: ok fais signe dès que t'es au bureau.
Moi: ok.
Après avoir raccroché je regarde de gauche à droite et je commence à marcher à la recherche d'un taxi.
Mes talons trop hauts commencent à me donner des crampes. Tous les taxis que j'ai vus étaient occupés. Je continuais à marcher quand mon talon se prend un trou et je n'entends que mon hurlement avant de tomber sur la tête.
Et là le trou noir.
*
Quand je me réveille plus tard, je ne sais même pas combien de temps j'ai dormi. Je regarde autour de moi du blanc partout. Je vois Babs sur le coin de la chambre assis.
Qu'est-ce qu'il fout là lui?
Dès qu'il voit que je suis réveillée. Il saute sur ses jambes.
Lui: tu es réveillée. Mon Dieu merci. J'appelle le médecin
Moi: non j'ai besoin d'un de temps je vois flou.
Lui: justement c'est une raison suffisante pour appeler le médecin.
Il se tourne vers la porte.
Moi: Babs attends !
Il frise et se retourne lentement.
Lui: comment tu m'as appelé ?
Moi: Babs qu'est-ce qui s'est passé ?
Lui: je ... je ... Tu es tombée au moment où je roulais à côté de toi. Tu es tombée sur la tête. Et je t'ai emmené ici.
Moi: où est ma mère?
Lui: ils arrivent. J'appelle le médecin
Babacar sort de la chambre en accélérant et revient avec le médecin. Celui-ci me sourit.
Médecin: cava madame ?
Moi: mademoiselle. Oui cava je suis fatiguée. Et j'ai les idées embrouillées
Médecin: c'est normal. On a fait L' IRM. Ça ne révèle pas d'anomalies. Vous avez juste une commotion mineure. Rien de bien grave. Je vous ai prescrit des médicaments votre euh...ami l'a déjà acheté.
Moi: oui merci.
Babs: elle peut sortir quand ?
Médecin: dés qu'elle n'aurait plus mal à la tête.
Babs: parfait.
Au moment où le médecin sort, toute ma famille entre dans la chambre. Ma mère me serre dans ses bras avec les larmes aux yeux. Mon père pareil. J'ai l'impression qu'ils m'ont cru morte.
A ce moment là, Babs sort discrètement de la chambre. Je l'ai vu. Je n'ai rien dit.
Mama: ma chérie qu'est ce qui s'est passé Sara nous a raconté. Mais comment es-tu vraiment tombée ?
Moi: sur la tête. Mais le médecin a dit que c'était rien.
Papa: heureusement que Babacar n'était pas loin.
Sara: oui sinon on ne saurait pas ce qui lui est arrivé.
Moustapha: tu as vu que le fait qu'il te suive n'a pas que de mauvais points.
Moi: je me souviens de lui.
Eux: ah bonnnn ???
Ils étaient tous ahuris. Comme si c'était impensable. Mais je me souviens très bien de Babs Junior.