Chapitre 2
Chapitre 2 : Confessions
***Néhémie N’TCHALLY***
[Toc toc]
[Toc toc]
Moi : O'MBOULA, ouvres cette porte ou je la casse !
Moyia : ...
Moi : Tu es rentrée des cours à 11h et tu t’es enfermée dans la chambre depuis neuf heures de temps. Tout ça, sans manger ni boire, rien de rien. Que se passe t-il ? [Bougeant la poignée] Stp ouvres. Je commence à m'inquiéter.
Moyia (de l’autre coté de la porte) : Je n'ai pas faim maman. Ne t’inquiète pas. Je suis juste un peu... fatiguée
Moi : Ouvres un peu, stp.
J'ai attendu quelques minutes, avant d’entendre la clé tourner dans la serrure. Sa chambre étant plongée dans l'obscurité, je n'ai donc pas eu le temps d’apercevoir son visage en poussant la porte. À peine, j’appuyais sur l'interrupteur, qu'elle glissait sous la couette.
Je passe rapidement les paumes de mes mains sur mes bras.
Ce froid. Cette petite, aime descendre la température de la climatisation au niveau le plus bas. N’en parlons pas de la musique qu'elle écoute, c'est juste à rendre fou. J'ai arrêté le split, baissé le volume de la musique avant d’aller la retrouver dans le lit. Elle s’est un peu poussée pour me faire de la place. Je me suis couchée près d’elle, sans parler.
Moyia est ma petite dernière. Avant son frère Dymine et elle, j'ai eu 5 filles. Lorsque j'ai fait la connaissance de leur père, j'étais sûre d'une chose, ce que des enfants je n'en voulais plus, surtout que je n’avais eu que des filles. Alexander et moi, nous sommes mariés six mois après notre rencontre. Au bout d’un an, je donnais naissance à des triplés, des garçons. Ma joie fut de courte durée car des trois, il n'eut que Dymine qui survécut.
DIEU m'avait enfin donné des garçons mais j'en avais perdu 2 du coup. Cela a failli m'achever. J'ai pourtant dû me relever et prendre sur moi car celui qui était resté, avait besoin de moi. Alexander et moi, avons retenté le coup et 3 ans après, naissait Moyia. Quand j'ai vu que c'était ENCORE une fille, je me suis faite ligaturer les trompes, au grand dam de mon mari qui en voulait d’autres.
Moyia, c’est mon bébé, mon trésor. Je la trouve fascinante, belle comme un ange. Une véritable force de la nature. Une lumière, qui ne passe pas inaperçue où qu’elle aille. Elle a beaucoup pris de son père sauf la taille. Elle est quasiment naine [rire]. Non je rigole, elle a une taille normale pour le pays.
Elle laisse échapper un soupir. C’est alors que je tire brusquement sur la couette pour voir son visage mais elle se cache la face avec les mains.
Moi : Tu peux me dire ce qui te tracasse ?
Moyia : Rien. Il n’y a rien.
Moi (retirant ses mains de son visage) : Qu’y a-t-il Mo ?
Moyia (regard fuyant) : Y a rien maman, je t'assure.
Moi : Tu sais que tu peux tout me dire, n’est-ce pas ?
Moyia (baissant ses paupières) : Je sais.
Moi (lâchant ses mains) : Ok ! Je serai dans ma chambre quand tu voudras parler [petite voix] d’accord ?
Moyia (faisant oui de la tête) : ...
J’ai quitté le lit.
Moi (me retournant pour la regarder) : Maintenant, je veux juste que tu fasses un truc pour moi.
Moyia (levant les yeux vers moi) : …
Moi : Prends une bonne douche et manges un peu. Ok ?
Je quitte la chambre après qu’elle ait acquiescé avec un mouvement de la tête.
[Soupir]
Je suis Néhémie. J’ai 49 ans pour 1m68 et 64 kilo. Je suis très claire de peau avec des traits très fins. Je suis mariée et j’ai 5 enfants et plusieurs petits-enfants. Tous sont bien portants, DIEU merci.
Je me suis mariée à 3 reprises. L'alcoolisme suivi de la violence de mon 1er mari, ont eu raison de notre mariage. Je porte l’entière responsabilité de l’échec de mon 2ème mariage, celui avec Alexander, le père de Moyia et Dymine. On s’est séparés il y a de cela 11ans et ça va faire 8ans que j’ai dit oui, à mon actuel mari.
Je crois, du moins je l’espère que cette fois, c’est la bonne. Puisse cette union durer jusqu’à ce que la mort nous sépare. Pour la petite histoire, mon mari actuel fût mon 1er amour. On a été séparé lorsqu'il est allé continuer ses études à l’étranger en me laissant enceinte et dans un désarroi absolu. Je n’avais que 14ans.
On s’est perdu de vue et quand il est revenu, j’étais dans mon cycle infernal de mariages toxiques et ratés. C’est le suicide de notre enfant [ma fille ainée] qui nous a de nouveau rapprochés. Aujourd'hui, nous sommes ensemble et j'essaie d'être une bonne mère, une bonne grand-mère et une bonne épouse, laissant le passé et tout ce qu'il a eu de douloureux, derrière moi.
[Toc toc toc]
Moyia (derrière la porte) : Maman tu dors ?
Moi : C’est ouvert.
Moyia (ouvrant et passant la porte) : J'espère que je ne te dérange pas ?
Moi (enlevant mes lunettes de couture) : Non.
Je lui fais de la place près de moi sur le lit et elle vient se poser près de moi.
Moyia : Que fais-tu ?
Moi : Je suis entrain de rafistoler une vieille robe.
Moyia : Ah ok.
Moi (la fixant) : Et toi ça va ?
Moyia (fuyant mon regard) : Ça va.
Moi : Dis-moi ce qui te tracasse hum ma puce.
Je dépose tout ce que j’ai en main.
Moi : Si tu ne me dis rien, je ne pourrai pas t'aider. [Sourire pour l’encourager] Allez vas-y mon ange.
Moyia (de but en blanc) : Pourquoi tu as parlé de ma situation à Titille ?
Moi (clignant des yeux, surprise) : Mais…qu'est-ce que tu racontes ?
Moyia : Tu lui as dit pour ma maladie. Tu […]
Ma fille n’arrivait plus retenir ni ses larmes ni la morve qui lui sortait du nez.
Moyia : Ça ne peut être que toi qui lui en as parlé. Maintenant tu vois comment ça [hoquetant] ça se retourne contre…contre... moi ?
Je me lève et sors de la chambre pour revenir avec un verre d'eau glacée, que je lui somme de boire. Chez moi, c'est comme ça que l'on fait passer la colère, la tristesse ou les larmes.
Je me rassois près d’elle.
Moi (passant ma main dans son dos) : Et si tu me racontais ce qui s'est passé…le plus calmement possible… pour que je puisse comprendre.
Moyia (prenant une longue inspiration) : Excuses-moi pour tout à l’heure [s'essuyant les yeux] Tu te rappelles de… euh…Reka…mon condisciple de classe, non ?
Je lui prends le verre vide des mains.
Moi (oui de la tête) : ...
Moyia : Donc euh… la mère de Reka, Mme BEKALÉ et Titille sont amies.
Moi : …
Moyia (Regard fuyant) : Bon, pour le taquiner, sa mère a eu à dire à Titille qu'elle pensait que son fils était amoureux de moi.
Moi : Huhum.
Moyia : Après que Titille se soit assurée qu'il s'agissait bien de moi [voix tremblante] ce qu'elle a dit ohh maman…
Elle se remet à pleurer.
Moi : Titille a dit quoi ?
Moyia : Elle a demandé à la mère de Reka, de tout faire pour couper court à notre idylle… par... parce que…
Moi (plissant mes yeux) : Parce que quoi ?
Moyia (pleurant de plus belle) : parce que je…
Moi : Oui ?
Moyia : parce que je suis stérile.
Mon cœur a raté un battement. Je me suis levée si vivement que le verre que je tenais dans la main, m’a échappé et s’est brisé au sol.
Moi (voix étranglée) : Titille a dit ça ?
Moyia hoche la tête.
Moi : Tu es sûre de ça Mo ? Parce que c’est très grave ce que tu dis là.
Moyia (levant ses yeux bouffis vers moi) : C'est Reka qui me l'a dit. Il était présent lorsqu'elle l’a dit à sa maman. Il n’a pas pu l’inventer…
Je me plaque la main sur la bouche. Je n'en reviens pas. Je m'étais confiée à Titille comme à une sœur, une mère, une amie, une femme. De là à ce qu'elle retourne cela contre ma fille.
[Les mains sur la tête]
Je me rappelle encore comme si c'était hier, de combien les conclusions du médecin, concernant les analyses des énormes kystes ovariens prélevés lors de l'ovariectomie qu'avait subie Moyia, m'avaient chamboulée.
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Flashback
Docteur OBAME (respirant fortement) : Prenez place Mme MAMBOU.
Moi (m’asseyant en face de lui en tremblant) : Merci Docteur OBAME.
Dr O (me regardant droit dans les yeux) : Je vais être sincère avec vous, du fait de votre appartenance au corps médical.
Moi (soutenant son regard) : Merci Docteur.
Il prend une feuille sur laquelle il y a l’image de l’appareil génital féminin. Et c’est à l’aide d’un stylo qu’il fait glisser sur l’image qu’il me montre de quoi il s’agit.
Dr O : Nous avons d'abord procédé à une kystectomie sous anesthésie générale. Il s'agissait de très gros kystes organiques, qui avaient malheureusement provoqué, d'après ce que l'on a pu constater au cours de l’intervention, une torsion considérable des 2 ovaires.
Moi : …
Dr O : La torsion a empêché l'irrigation des ovaires pendant trop longtemps. Résultat, ils se sont nécrosés.
Moi (nœud à la gorge) : ...
Dr O (soufflant) : Je n’avais jamais vu ça de toute ma carrière.
Moi (au bord des larmes) : …
Dr O : Nous avons donc dû procéder à une ovariectomie [ablation des ovaires].
Moi (me pinçant les lèvres pour m’empêcher de pleurer) : …
Dr O : Comme je le disais tantôt, les kystes prélevés étaient très gros. Le ventre de votre enfant, distendu. [Me regardant fixement] J'ai maintenant une question pour vous Mme MAMBOU.
Moi (les larmes aux yeux) : …
Dr O : Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour amener votre fille à l'hôpital, vu l'énormité de son ventre ?
Moi : Docteur, je…je… croyais que ma fille était… qu’elle était enceinte et qu'elle nous le cachait...
Le Docteur OBAME frappe sur son bureau avec le plat de la main.
Moi (sursautant) : …
Dr. O (me tutoyant directement) : Néhémie mais enfin ! Une autre personne mais pas toi ! Qui plus, est du domaine !
Moi (baissant la tête) : …
Dr O (baissant d’un ton) : À supposer même que cela avait été le cas, il n'aurait pas été plus judicieux d’emmener ta fille voir un gynécologue-obstétricien ? Si cela avait été une grossesse comme tu le pensais, ton enfant n'aurait donc pas été suivie ? Non ?!
Moi (voyant l’énormité de ma bêtise) : Je ne sais pas. Je…je...je crois que j'étais trop déçue et en colère. Je repensais à moi, qui étais tombée enceinte au même âge. Je…je… ne sais pas trop ce que j'avais en tête... juste qu'elle avait 13 ans. Je me répétais juste ça et...
Le docteur Obame s’appuie au dossier de son fauteuil, l’air dépité
Dr O : Voilà où cela nous a conduit. Ta fille de 14 ans n'a plus ses trompes de Fallope ni ses ovaires et son utérus. Elle n'a même pas encore commencé sa vie sexuelle qu'elle est déjà confrontée à la pire des choses qu'une femme puisse vivre sur cette terre. [Petite pause] Ne pas pouvoir avoir d'enfants naturellement.
Un vrai coup de massue. Je me suis effondrée en écoutant ces phrases.
Dr O (voulant se rattraper) : Je ne dis pas qu'elle n'en fera pas. De nos jours, la médecine fait des progrès extraordinaires et [...]
- Mon enfant, ma fille, mon bébé… mais que faire ? Où aller ? Mon DIEU ! Et c'est de ma faute, de ma faute ! Je ne cessais de me répéter.
Le Docteur OBAME parlait mais je l’entendais comme dans un brouillard.
Dr O (reprenant à me vouvoyer) : Néhémie ressaisissez-vous ! Votre fille est encore en Réa. Elle a et aura besoin de vous. Si vous vous effondrez maintenant qu'adviendra-t- il d'elle ? Séchez vos larmes, je vous en prie.
Lorsque je suis remontée en Réa [c’était l'étage au dessus] je me suis d'abord rendue aux toilettes pour me rincer le visage et reprendre contenance. Je suis ensuite allée au chevet de ma fille.
Titille est passée juste après et c'est dans cet état d'extrême désarroi que je m’étais confiée à elle. Je me rappelle qu’elle avait su me remonter le moral, en me faisant comprendre que ce n'était pas la fin du monde. C’est elle qui m’avait parlé d'adoption et de l'option de mère porteuse. J'avoue que cela m'avait remis un peu du baume au cœur. Alors qu’on me dise ce qui s’est passé pour que la même Titille s’en serve aujourd'hui pour faire du mal à moi mon enfant. Je me suis creusée les méninges pour voir où je l’avais heurtée mais je ne trouvais rien.
Chapitre 3
Chapitre 3 : L'enfer, c'est les autres
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***Reka BEKALÉ***
Nous venons de finir avec le cours de math et je range mes effets pour me rendre au bâtiment abritant les laboratoires de physique-chimie.
[Soupir]
Mo n'a plus remis les pieds au bahut depuis la dernière fois. Trois jours que je ne vois pas mon beubeuh. J'essaie de la joindre mais son phone est éteint et ça m'inquiète grave. Je regrette maintenant de lui avoir parlé de cette histoire de Titille.
[Soupir]
Cette fille, je l'ai dans la peau. Elle est unique, belle et intelligente. Elle ne se prend pas la tête et là, réside tout son charme. J'aime son noir ébène et ses yeux de japonaise. J'avais osé dire de chinoise [souriant seul] elle m’avait fait le bruit jusqu’à me saouler.
Maxx me tape à l’épaule en me dépassant. Yohan me fait signe pour me dire qu’ils me devancent. Je hoche la tête et continue de ranger mon sac en pensant à mon beubeuh.
Madame adore le Japon. Elle croit en la réincarnation et aime à dire qu'elle fût samouraï dans une de ses vies antérieures. J’avais avalé ma boisson de travers ce jour là.
Non, attendez !
Qu’elle croit en la réincarnation, limite ça passe encore mais qu'elle dise tout haut qu'elle fût un homme, non c'est le pompon. Les gens qui croient en ce genre de choses, ne pensent pas, avoir été d'un sexe différent de celui qu'ils sont dans cette vie non ? Ou bien ?
[Autre soupir en fermant mon sac]
Elle me manque trop. J’irai chez elle après notre travail de groupe, vers 18h, le temps pour moi de me faire beau et hop chez Mlle O'MBOULA.
Je sors de la classe avec la bretelle de mon sac à dos, accrochée à l’épaule.
J’ai finalement avoué à ma mère les sentiments que j'éprouve pour Mo. Ma surprise fût grande de l’entendre me répondre que ça me passera. Ça m'a grave perturbé de tout le week-end.
Il a juste fallu que Titille distille son venin pour que Mo passe de la belle-fille parfaite à Mademoiselle tout le monde. Bref, je ne vais pas me saturer le mind* avec ça, Mo, c’est ma meuf, ma reine, mon univers. Je ne me vois pas sans elle et, je ne la vois pas sans moi.
Je longe les salles de classes.
J’ai souvent entendu dire que lorsqu’on rencontre son âme-sœur, sa côte, la femme de sa vie, on le ressent et c’est vrai. Je peux même le jurer. Moyia est vraiment ma femme, même les battements de mon cœur ont changé depuis qu’elle est rentrée dans ma vie.
[Descendant les marches d’escaliers]
Je me rappelle comme d'hier de la 1ère fois que j'ai posé mon regard sur elle. Elle était arrivée au lycée avec un mois de retard. C'est plus tard, qu’elle m’a dit, qu'elle sortait d'un long et douloureux séjour à l'hosto.
Elle était arrivée en classe accompagnée d’un surveillant du lycée, pour être présentée au prof qui donnait cours ainsi qu’à toute la classe. J'avais cru voir une déesse en chair et en os. Elle avait le port d’une reine africaine et n'était nullement apeurée, au contraire le temps que notre prof d’anglais et le surveillant échangent en aparté, elle avait parcouru la classe du regard, en souriant et avait lancé un « hello students ». Pour toute réponse, elle n'avait eu que nos gros yeux arrondis de stupéfaction fixés sur elle. Ce qui l’avait fait sourire.
Prof d'anglais (à la classe) : Là, je parie que vous n'avez rien compris, zéro pointé. La demoiselle vous salue.
Un élève au fond de la classe : mais Sir, nous, on n'a pas entendu les "good morning" qu'on nous montre ici à longueur de journée oh !
Toute la classe (rires) : …
Prof d'anglais (PDA) : Donc toi MOUKETOU comme tu as dit "Sir" là, c'est que tu as parlé l'anglais quoi ? Zéro ! Pardon assieds-toi ! [Après s’être raclé la gorge]Miss, can you introduce yourself please ?
Nouvelle élève (je ne connaissais pas encore son nom) : Okay ! [Le regardant] Hello Sir, [nous regardant] hello students. My name is Moyia Judith O'MBOULA. I learned in NM High School untill last year. And i apologize for not only my delay but also this interruption.
Nous que suuiiiii. On pouvait meme entendre une mouche voler.
PDA (sourire colgate) : Miss, welcome in this class and this high school. I hope you will feel good. Take a seat wherever you want.
Monsieur MOUSSOUNDA (PDA) se gonflait en parlant. La joie débordait au point où il pouvait même exploser quoi. Attendez, pour une fois qu'un élève échangeait avec lui. Le type était aux anges. Il avait remonté son pantalon jusqu’à l’abdomen, avec un sourire et tout le malin que pouvait se permettre un punu qui se respecte.
Nous (les regardant à tour de prise de parole) : …
PDA : Bon vous n'avez rien pigé, je suppose ?
Nous : ...
PDA : La demoiselle s'est présentée. Elle dit s'appeler Moyia Judith O'MBOULA. [Il l’a regardé et elle a hoché la tête] Elle revient de NM et [sourire s'élargissant de plus en plus] elle nous prie, de l'excuser pour son retard et de ce que son arrivée ait interrompu le cours.
MOUKETOU (au fond de la classe) : mboukou mamē*, i don't understand Sir !
Nous (rires) : …
PDA (ne pouvant s'empêcher de sourire en secouant la tête) : Aaaah MOUKETOU tu es un comique hein. Laisses l'école en même temps est mieux et vas postuler au rire à gogo.
La classe (rires) : …
Cette fois, je dis la classe car moi, je ne riais plus. Mes yeux s'étaient accrochés à la nuque de Moyia, qui s'était assise sur le table-banc devant le mien.
Je crois qu'elle s'était sentie observer car elle s'était brusquement retournée et nos regards s’étaient emboités l’un dans l’autre pendant un laps de temps qui m'avait semblé une éternité [oui oui j'étais déjà dans son boa*].
Mon cœur avait raté un battement lorsqu'elle m’avait fait un clin d’œil avant de me tirer la langue. Une jolie petite langue toute rose. Le fils de BEKALÉ a vite fait de détourner les yeux.
Aujourd'hui, je suis accro à elle et si ça ne dépendait que de moi, je la suivrai partout comme son ombre mais Madame a instauré des règles. On ne se parle que quelques minutes en récré. En classe lorsque c'est important, "urgentissime" a-elle dit. Et comme elle a sa bande de copines et moi la mienne, des vrais tarés ces mecs, je me contente de la lorgner.
Les aprèm c'est beaucoup plus free. On bosse dans le même groupe donc je peux en profiter pour la titiller, la toucher. C'est même au cours d'un de ces aprèm, que nous nous sommes embrassés pour la 1ère fois. Comment elle embrasse ? Comme une déesse pardi. Et c’est depuis cette fois qu’elle a des gestes de plus en plus tendres envers moi en classe et en dehors. Mon baiser l’avait convaincu, askip.
Tout le lycée sait pour nous deux. Les petites qui me couraient après, ne m'appellent plus que "le gars très marié" et me fuient comme la peste. Les téméraires avaient vite fait de déguerpir quand on a vu Moyia à la télévision nationale, à la nuit des arts martiaux entrain de faire des katas hyper compliqués avec son sabre. Une vraie tueuse. Elle pratique le karaté et l'IAI [abréviation d’iaido] depuis 7 ans. Un vrai petit samouraï.
J’atteins la salle des TP et c’est parti pour 2 heures de cours sur les notions en mécanique. En fin d’aprèm, après notre travail de groupe, je me dépêche d'entrer en case, prendre une douche, me faire tout beau pour aller voir ma belle. Je descends les marches d’escalier et, traverse le salon en speed quand j'entends la daronne m'appeler.
Maman : REKAAAAAAAAA !
Je me demande à chaque fois comment elle fait ? Ce n’est pas comme si je passais près de la cuisine.
Dans ma tête (en zieutant ma breitling) : L'heure tourne là. Que me veut-elle ?
Je rebrousse chemin, à contrecœur.
Moi (devant la porte de la cuisine) : Oui Mme BEKALÉ ?
Maman : Je dis hein Reka, tu vas où et puis tu veux nous tuer avec l'odeur de ton parfum ? Tu t'es lavé avec ou quoi ?
Je rentre dans la cuisine pour répondre mais, marque un stop.
Titille (riant à gorge déployée en me fixant) : Bsr chouchou [tournant la tête vers ma mère] ahhh Clo, laisses mon gars, c'est quoi ? Même s'il se lave avec, où est ton problème dans ça ?
C'est bizarre, mais je ressens un tel dégoût pour cette femme que j'adorais encore il y a de cela une semaine. Life !
Moi (prenant sur moi) : Ah Titi tu es là ?
Titille : Oui gué ! Tu ne me fais plus la bise ?
J’ai un haut-le-cœur instantané.
Moi (sourire fake) : Je ne veux surtout pas te dégoûter avec l'odeur de mon parfum qui peut tuer [faisant un clin d’œil à ma mère] comme le sous-entend ta combi. Je sors avec des potes là, je rentre avant le couvre feu.
Maman : Reka ?
Moi (avec mon plus beau sourire) : Oui Mme BEKALÉ ?
Maman : Pas de voiture et retour à 21h pile
Moi (liant les paumes de mes mains entre elles) : Je n’ai droit à ta caisse que le week-end, je sais et 21h, c’est largement suffisant pour ce que j’ai à faire, bisous.
Maman : Prudence.
Moi (me tirant) : Toujours.
Maman : Bisous.
Derrière moi...
Titille : Clo, tu es sûre qu'il a arrêté avec l'autre là ?
Clotilde : T'inquiètes. J'y veille personnellement et à ma manière, tu me connais quand-même ?
Titille : Une main de fer dans un gant de velours, c'est quand même toi ou bien ?
Clotilde : ...
Titille (le regard mauvais) : Et la petite là est mal impolie. Non, il ne faut pas qu'elle vienne gaspiller ton fils bien éduqué oh ! Sa mère, non c'est ma belle quoi mais enfants de pères différents. Elle se marie à tour de bras. Trop bordelle et elle a donné ça aux enfants.
Clotilde (la louche en l’air) : Comment ça ?
Titille : Oh ses filles gué ! La plus grande, tuée-tuée de la République. Il n'y a pas un seul ministre, dg, fils de, qui ne soit passé sur elle.
Clotilde (les yeux grands ouverts) : Ah bon ?
Titille : La 2ème, ce sont les blancs. La 3ème, hum, mariée à un ouestaf. Famille de bordelles je te dis. Moyia là, ce sont les avortements qui ont gaspillé sa boîte à bébés.
Clotilde (écarquillant encore plus les yeux) : C'est vrai ça ?!
Titille : Ah toi aussi, c'est moi qui suis dans cette famille ou bien ? La petite est tombée enceinte à 13 ans et a voulu avorter à 6 mois de grossesse. Non seulement, elle a failli y passer en plus d'avoir perdu enfant, trompes, ovaires et utérus.
Clotilde (main devant la bouche) : Oh mon Dieu !
Titille (allongeant la bouche en gonflant le nez) : C'est comme tu entends là.
Clotilde : Mais c'est dommage hein, parce que Reka m'a dit qu'elle est très intelligente. Elle n'a que des 16 et des 17 de moyenne partout.
Titille : Maman, profs particuliers.
Clotilde : Mais...
Titille (tournant ses yeux dans tous les sens) : Laisses ça ! Reka fait sans prof particulier non ?
Clotilde : Bon… on ne va pas non plus lui en vouloir si sa mère met les moyens non ?
Titille (écartant ses narines) : Qui lui en veut même ? Moi je dis qu'elle s'éloigne de Reka c'est tout.
Clotilde : Hmmm l'autre avec son fils oh, moi avec qui hein ?
Titille : Tu as Dominique et Maya pour toi non ?
Elles ont éclaté de rire.
Son boa* : j’étais sous son charme