Chapitre 2
Abandonnée avec un mot
Chapitre 2
L'inattendu
__ Quoi ? Tu parles sérieusement ?
__ Ne me fais pas répéter mes mots. Je veux que tu sortes de ma maison.
__ Cette maison est aussi la mienne parce qu'elle appartient à ma défunte mère et j'ai tout le droit de vivre ici autant que je le veux.
__ Non, ma fille, tu te trompes. Cette maison n'a jamais été la tienne, car tu ne fais pas partie de cette famille. Tu n'es pas de cette famille. Va plutôt retrouver tes véritables parents.
__ Je ne bougerai pas de cette maison, papa. Personne ne me fera sortir de chez moi.
__ Tu n'as pas compris que tu n'es pas notre fille biologique ?
__ Peu importe, papa, je suis de cette famille.
__ Mais arrête de m'appeler papa, car je ne le suis pas. Je ne suis pas ton père. Tu sais quoi, je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Je reviendrai dans deux semaines et s'il te plaît, fais-moi le plaisir de libérer ma maison avant mon arrivée, sinon je m'en chargerai personnellement de te mettre à la porte comme un sac de patates.
__ Tu n'oseras pas, papa, tu ne peux pas me faire ça.
__ Mets-moi au défi et tu verras de quoi je suis capable, ma petite chérie.
Après sa dernière phrase, il quitte la chambre en claquant la porte derrière lui.
C'est quoi encore cette histoire ? Où veut-il que j'aille en sachant très bien que j'ai passé toute ma vie dans ce village, dans cette maison et je n'ai jamais eu d'autres familles qu'eux. Où veut-il que j'aille retrouver mes véritables parents ? Des parents qui m'ont abandonnée depuis toute petite ? Et le pire dans tout ça, je suis une malédiction pour eux. Ce sont ces mêmes parents que je vais rechercher ? Non, sûrement pas. Je ne ferai jamais ça. Je préfère mourir que de faire ça. Que la mort vienne me prendre seulement. Au moins là-bas, je verrai ma mère et nous pourrons de nouveau vivre ensemble.
Après le départ de mon père, je suis restée impuissante, impossible de prononcer un seul mot. Je ne m'y attendais pas du tout. Je suis très loin d'imaginer que mon père reviendrait me demander de libérer sa maison alors que maman est partie il y a juste quelques jours. Je n'ai nulle part où aller, mon Dieu souviens-toi de moi. Je n'en peux plus de cette souffrance. Aide-moi seigneur.
J'ai pleuré pendant plusieurs croyant que les pleurs peuvent résoudre mes problèmes mais non, je me réveille et la douleur est toujours là, présente dans mon cœur. Il faut que je fasse quelque chose avant que mon père ne revienne.
Je mets une robe noire et je sors de la maison. J'arrive chez mon oncle, le seul qui est un peu proche de nous. Je frappe à la porte et sa femme vient m'ouvrir.
– Yiska, qu'est-ce que tu fais par ici ?
– Bonsoir ma tante, je suis venue voir mon oncle. Il est là ?
– Oui, rentre s'il te plaît.
Elle me laisse entrer, mon oncle est assis dans le canapé. Je me jette à ses pieds en sanglots.
– Mon oncle s'il te plaît aide-moi.
Il me tient la main et me fait asseoir dans le canapé. Il demande à sa femme de m'apporter de l'eau à boire. Sa femme exécute, elle se précipite pour m'apporter un verre d'eau que je bois d'un seul coup mais j'ai toujours mal.
– Alors ma fille, tu vas mieux maintenant ?
– Un peu mon oncle, il faut que tu m'aides.
– Calme-toi d'abord, respire profondément et maintenant inspire.
J'ai fait exactement comme il me l'a demandé et j'avoue que ça m'a fait du bien. J'ai pu calmer mon esprit ne serait-ce que pour une seule seconde.
__ Maintenant, ça va, Yiska?
__Oui, ça va, mon oncle.
__Alors, tu peux maintenant parler. Dis-moi ce qui te met dans cet état.
Je prends une grande respiration avant de commencer à lui raconter tout ce que m'a dit mon père.
- C'est mon père, il veut que je libère sa maison en sachant très bien que je n'ai nulle part où aller. Mon oncle, aide-moi à le convaincre s'il vous plaît. Il ne peut pas me mettre à la porte. Il m'a dit qu'il veut mettre la maison en location.
__ Calme-toi, ma fille, si ton père a décidé de mettre sa maison en location, je n'y peux rien. C'est sa maison et il peut faire tout ce qu'il veut, qui suis-je pour l'en empêcher ? Laisse-le faire ce qu'il veut, Yiska. Libère sa maison.
__Quoi, mon oncle.
__ Oui, ma fille, je ne peux absolument rien faire pour t'aider. Je suis vraiment désolé. S'il veut que tu quittes sa maison, fais-le avant qu'il ne soit trop tard pour toi.
__ Et je peux quand même vivre ici avec vous ?
__ Ici ? Ah non, il est hors de question que tu viennes habiter ici. Tu n'as pas vu que j'ai une petite maison ? Il n'y a pas de place pour toi ici. Je suis désolé, ma fille. Par contre, si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux venir vers moi. Je peux t'aider, ma chérie.
__ Merci mon oncle, je dois partir maintenant.
__ Prends soin de toi, ma fille.
__ Merci mon oncle.
Je sors de chez lui et je laisse couler les larmes qui me menaçaient depuis un bon moment. Je retourne à la maison et je m'enferme à nouveau dans ma chambre. J'ai compris que je n'ai plus personne dans ce monde maintenant que maman est morte. Tout le monde me tourne le dos. Qu'est-ce que je ferai de ma vie ? Pourquoi suis-je le seul à souffrir dans ce monde ? Maman, s'il te plaît, reviens me prendre. Ma vie n'a plus de sens depuis ton départ. Personne ne m'aime comme toi tu m'as aimé. Personne ne se soucie de ce que moi je ressens au fond de moi. Je ne peux plus continuer comme ça. Et si vraiment papa me met à la porte, où est-ce que j'irai ?
Quelques jours plus tard
Je faisais la lessive quand mon père débarque. Je laisse ce que je fais pour le saluer.
__ Bienvenue papa.
__ Merci ma fille, s'il te plaît, suis-moi. J'ai quelque chose à te dire.
__ D'accord.
Je prie dans mon cœur qu'il abandonne l'idée de me mettre à la porte. Je l'ai suivi à l'intérieur. Il m'a fait asseoir sur une chaise.
__ Ma chérie, j'ai une proposition à te faire et si tu acceptes, je peux te laisser vivre dans cette maison autant que tu voudras.
__ Il s'agit de quoi, cette proposition papa?
Il reste silencieux pendant un moment avant de décider de parler. Pourquoi j'ai cette impression que sa proposition ne me plaira pas?
__ Je veux que tu sois ma maîtresse.
__ Pardon?
À suivre........
Chapitre 3
Abandonnée avec un mot
Chapitre 3
Le dilemme
Il reste silencieux pendant un moment avant de décider de parler. Pourquoi ai-je cette impression que sa proposition ne me plaira pas ?
__ Je veux que tu sois ma maîtresse.
__Pardon ?
__Ne fais pas comme si tu étais encore innocente, ma chérie. Mais voyons. Disons-nous la vérité, tu ne peux pas me dire que tu es toujours vierge à ton âge. Bientôt, tu auras 17 ans, nous sommes au 21e siècle et dans le monde d'aujourd'hui, tout est possible, même à l'âge de 12 ans, elles le font avec passion. Laisse-toi aller, ma belle.
__ Non, mais vous êtes fou ? Ça ne va pas bien dans votre tête ? Je suis votre fille, mais voyons.
__ Toi et moi savons très bien que tu n'es pas ma fille biologique. Moi, je t'ai toujours désirée. Laisse-moi une chance de te prouver combien je suis fou de toi. Je te promets que tu ne manqueras jamais de rien. Je prendrai soin de toi comme une reine. Tu seras ma petite protégée et crois-moi, tu finiras par aimer cette relation.
__Mais assez, tais-toi papa. Ne prononce plus un seul mot, ou je ne répondrai plus de moi.
Je commence à hurler parce que je n'en peux plus d'entendre des conneries que raconte cet homme. Il a vraiment dépassé les limites. Même si je ne suis pas sa fille biologique, moi je l'ai toujours considéré comme mon père. Comment ose-t-il me faire cette proposition diabolique ? Non mais je suis vraiment déçu de lui. Il me dégoûte tellement que j'ai envie de lui casser la gueule mais je me retiens encore par tout le respect que j'ai pour ma petite maman, que son âme repose en paix. J'aurais voulu qu'elle soit là en ce moment précis. J'aurais voulu être témoin de cette abomination venant de l'homme qu'elle avait aimé de tout son être. En réalité, cet homme n'est qu'un monstre. Un vrai égoïste qui ne pense qu'à sa petite personne.
Je m'avance vers lui et je le regarde droit dans les yeux. Il semble être sincère lorsqu'il me déclare son satané amour. Mais il a du culot.
__ Papa jusqu'à présent je t'ai toujours respecté. Alors s'il te reste encore un peu de dignité, quitte cette pièce maintenant.
__ Ecoute-moi ma chérie, je sais que tu es...
__ Non toi écoute-moi papa, je veux que tu dégages de cette maison maintenant. Je me retiens toujours parce que je te considère encore comme mon père mais là tu es en train de me pousser à bout. Ne me pousse pas à faire quelque chose que je pourrais regretter plus tard. Papa va-t'en d'ici
__ Écoute ma fille, dit-il en s'approchant tout doucement de moi.
J'ai la peur au ventre parce que je n'arrive plus à reconnaître cet homme qui est juste devant moi. Je ne sais pas de quoi il sera capable, alors je dois trouver un moyen de le faire partir d'ici pour éviter le pire.
__ "Laisse-toi aller ma chérie, je viens de te promettre que tu ne manqueras de rien. S'il te plaît, détends-toi. Tu sais très bien que je ne suis pas une mauvaise personne et que je t'ai toujours admirée."
__ "Papa, va-t'en, j'ai dit, dégage de cette maison maintenant."
Je m'avance vers la porte pour pouvoir m'échapper vu qu'il refuse de partir. C'est comme si cet homme avait bu quelque chose qui lui a fait tourner le cerveau. Il vaut mieux l'éviter avant qu'il ne soit trop tard.
Je me précipite vers l'entrée pour sortir, mais il me bloque la voie. Je serre les poings pour ne pas lui casser la figure.
__ Où penses-tu aller alors que je te parle ? Tu oses me tourner le dos pendant que je te parle ? Tu me manques de respect Yiska ?
__ Papa, c'est plutôt toi qui me manques de respect. Je ne te demande qu'une seule chose, dégage de cette maison et ne reviens plus jamais ou c'est moi qui pars.
__ Je te rappelle encore une fois que c'est ma maison ici. J'ai construit cette maison avec mon propre argent, donc personne n'a le droit de me mettre à la porte chez moi.
__ Alors, c'est moi qui pars, papa.
Je fais à peine un pas vers l'entrée de la porte, mais il m'a attrapé par force. À ma grande surprise, il me jette dans l'un des canapés. Avant même que je ne me relève, il est déjà au-dessus de moi. Mon cœur bat plus fort et je crains déjà le pire. Ce vieux pervers serait-il capable de me violer ? Je commence à hurler dans tous les sens.
__ Oh secours, à l'aide, venez me sauver!
__ Personne ne viendra ici te sauver. Ils sont tous au courant de mes plans et ils m'ont donné le feu vert. Tu te fatigues pour rien.
__ Quoi ? Donc c'était un plan monté pour détruire ma vie et tout le monde est au courant, y compris mon oncle.
C'est ton oncle lui-même qui m'a donné le feu vert.
Pendant qu'il bavarde, je profite de l'occasion pour le pousser, il tombe sur l'autre canapé. Je cours vers la porte mais avant même que je n'ouvre la porte pour sortir, il me tire par le bras et commence à me donner plusieurs coups de gifles. Ensuite, il déchire ma robe tout entière. Je me débats comme je le peux mais il est plus fort que moi. Il me pousse à nouveau sur le canapé et commence à enlever mes vêtements. Je l'ai mordu au bras et me lâche rapidement.
__Tu m'as mordue, espèce de petite ingrate. Je vais te faire payer pour ce que tu viens de me faire.
J'ai trouvé encore le moyen de m'échapper mais il ne me laisse pas sortir. Il veut me prendre par force.
__Où penses-tu aller après ce que tu viens de me faire ? Demanda-t-il en approchant dangereusement de moi.
Non, ça suffit maintenant. Ma mère m'a toujours appris à me défendre, alors je ne ferai pas ce plaisir à ce monstre. Il aura ce qu'il mérite.
Je ne lui réponds pas, je promène mon regard partout dans la chambre où je tombe sur une bouteille de champagne. Je la saisis rapidement. J'attends qu'il soit près de moi. Au moment où il veut me soulever de force, je lui casse la tête avec la bouteille. Il laisse échapper un cri de douleur avant de s'écrouler au sol.
__ Papa, papa
Il est mort ? Il est mort ? Je... je... je l'ai tué.
Je m'accroupis au sol. Je vérifie sa respiration mais je ne comprends rien à tout ceci. Je pense que je l'ai tué. Le sol est tâché de son propre sang. Il ne bouge plus.
Je pose mes deux mains sur la tête et je commence à trembler de peur. Je viens de tuer quelqu'un. C'est fini pour moi. J'irai en prison à mon âge ? Je suis foutue.
Non, je refuse d'aller en prison.
Je me jette sur le corps sans vie de cet homme cruel qui m'a mis dans le pétrin.
__ Papa s'il te plaît réveille-toi, lève-toi s'il te plaît.
Non, il ne bouge même pas.
Yiska, tu l'as tué. Échappe-toi maintenant, sauve ta peau avant que la police ne te retrouve.
À suivre.......