Chapitre 2

Partie 2 : Cora

A chaque fois que je l’ai au téléphone, je suis content d’entendre sa voix mais suis tout de suite refroidi par sa ténacité, elle tient vraiment à aller au bout. J’espère qu’elle a cette fois compris que je n’aime pas que l’on me force la main ; je n’aime pas être manipulé.

Je sors de la salle de bain, j’évalue rapidement l’état de la chambre, je vais devoir ranger pendant 5 bonnes minutes. Avant de m’habiller j’ouvre les volets, je secoue les draps, refais le lit et ramasse les vêtements éparpillés dans la chambre, ceux de Célanie ; un rapide coup d’œil dans notre penderie me fait savoir que là aussi, je vais devoir y passer.

Moi : chérie ?

Cel : oui, bébé

Moi : tu sais qu’il y a un panier pour tes sous-vêtements usagers ?

Cel : ah oui, oui, désolée.

Moi : qu’est ce que c’est ?

Cel : quoi ?

Moi : mais ceci dis-je en lui montrant ce qui ressemblait à un bâton trainant par là.

Cel : Oh oui, mon tampon..euh..désolée..

Moi : tu devrais faire attention, ce n’est pas plaisant de devoir à chaque fois ranger après toi. J’ai beau aimé faire l’amour avec toi mais devoir toucher à tes sous-vêtements usagers, non et non.

Cel : c’est compris, c’est juste un oubli

Moi : qui a tendance à devenir répétitif

Cel :….

Elle prend un air contrit et ramasse ses sous-vêtements à la hâte, elle va s’enfermer dans la salle de bain pendant quelques minutes ; elle pleure encore mais là, je n’ai vraiment pas le temps de voler à son secours. Je mets rapidement la crème et m’habille, je descends prendre un bol de céréales mais elle n’est toujours pas là.

Lorsque j’ai terminé, je vais toquer à la porte de la salle de bain ; je pousse la porte et la retrouve accroupie, dans un coin de la salle de bain.

Moi : chérie,

Cel :…

Moi : je suis désolé, je reconnais avoir été dur avec les mots

Cel : …

Moi : pardonne-moi

Cel : ….

Moi : ce n’est pas pour autant que tu te mettras dans cet état dis-je en essuyant les larmes qui coulent maintenant sur ses joues

Cel : sniff…ok

Moi : je te demande juste d’être un peu plus ordonné

Cel : ok

Moi : allez, vient maintenant sinon, nous serons en retard.

Cel : ok

Nous sortons et nous arrêtons à la boulangerie ou elle prend des viennoiseries et mange tout le long du trajet. Celanie est une belle jeune femme, coquette à tous points de vue, le hic réside dans le fait qu’elle ne soit ni un cordon bleu, ni une fée du logis ; elle ne sait pratiquement rien faire de ses mains.

Je suis sensé prendre tout en mains à la maison, ménage, cuisine et courses. J’aimerais moi aussi rentrer un soir à la maison, trouver un repas digne de ce nom, une femme qui puisse me masser les pieds, me couler un bain chaud et soit prête à satisfaire tous mes désirs.

Cel : je suis tout excitée ce matin

Moi : pourquoi ?

Cel : nous irons faire un tour au service chirurgie, je vais pouvoir assister à une opération même si ce sera derrière un verre teint.

Moi : je vois

Cel : oui, j’en ai rêvé

Moi : tu as l’air passionné par la chirurgie, tu t’es décidé à en faire plus tard ta spécialisation ?

Cel : j’y pense de plus en plus

Moi : ok

Une demi-heure plus tard, nous arrivons devant la faculté de médecine de Limoges, elle descend et moi je vais garer avant de me diriger vers mon service d’un pas alerte. Je suis tout de même content d’arriver ici chaque matin, de me dévouer corps et âme aux autres, je suis juste utile à la société ; je fais partie de ceux qui se lèvent tôt.

En passant devant le vestiaire des filles, je vois Cora une grande perche blonde sort et me regarde fixement avant de disparaitre derrière un couloir en se déhanchant ce qui m’arrache un sourire.

La journée se passe relativement bien, je suis entrain de débloquer ma voiture lorsque je vois son reflet sur la vitre de la voiture. Elle parait timide, elle enroule une de ses mèches autour du doigt avant de s’avancer vers moi.

Cor : euh…j’ai un problème avec ma voiture, pourrais-tu me déposer ?

Moi : pourquoi pas ?

Cor : merci, c’est gentil à toi.

Moi : merci Angel suffira

Cor : ok

Moi : allez, grimpe.

Nous sommes sur le chemin et la discussion va bon train, je m’engage sur le périphérique et vais vers la cité Dautry lorsque Cora pose nonchalamment une main sur ma cuisse. Je fais mine de ne rien voir et un quart d’heure plus tard, nous sommes au bas de son immeuble.

Cor : tu montes prendre un café ?

Moi : non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée Cora.

Cor : je ne demande pas une implication émotionnelle, juste une relation physique.

Moi : tu es directe, toi.

Cor : pourquoi faire semblant ? Je sais que je te plais.

Moi : je ne sais pas trop

Cor : ok, voilà mon numéro de téléphone dit-elle en écrivant sur ma paume de main avec un feutre.

Elle sort laissant derrière elle un léger parfum de roses, je démarre lorsqu’elle est rentrée dans son immeuble. Au lieu de rentrer, je vais faire un tour chez un couple de compatriotes ; l’accueil est chaleureux.

Ger : c’est comment ?

Moi : je suis là et toi ?

Ger : le travail, dis donc

Moi : ou est madame ?

Ger : chez une de ses copines, tu sais qu’elles ont besoin au moins d’une heure par semaine pour le congossa.

Moi : kia kia kia Germain, c’est méchant

Ger : est-ce que je mens ?

Moi : vous avez préparé quoi ici ?

Ger : le ndomba de porc-épic avec des plantains vapeurs.

Moi : vient avec tara

Ger : krkrkrk, tu ne devrais pas rentrer retrouver madame ?

Moi : si si

Ger : humm

Moi : quoi, je gène ?

Ger : non, tu es toujours le bienvenu ici

Moi : huhumm

Ger : cela ne s’arrange toujours pas ?

Moi : non, je ne sais plus quoi faire ; j’ai parfois l’impression de vivre avec une enfant.

Ger : il ne faut juste pas prendre une décision à la hâte, vous avez essayé de dialoguer ?

Moi : oui, mais c’est un éternel recommencement

Ger : je te comprends

Moi : je ne sais pas,

Ger : humm

Moi : j’ai oublié de te dire,

Ger : raconte

Moi : Cora m’a fait du rentre-dedans

Ger : oh

Moi : comme je te dis là

Ger : mais tu fais comment ?

Moi : je vais en profiter, elle a été clair, juste une relation physique.

Ger : je ne vois pas le problème si elle veut t’utiliser, est-ce que tu fabriques l’autre ?

Moi : je ne sais pas, je verrais

Ger : et pour la proposition ?

Moi : je ne crois pas que ce soit la solution

Ger : mais elle peut aussi avoir raison

Moi : tu crois ?

Ger : mais oui Angel.

Moi : tu t’en sors bien, toi

Ger : oui mais c’est rare tout de même

Moi : non, je suis contre

Ger : elle ne sait rien faire, tu penses pouvoir supporter ?

Moi : je ne sais pas

Ger : pensez-y.

Moi : ok

****UN MOIS PLUS TARD****

Moi : bébé, je suis de garde aujourd’hui ; je dois vraiment y aller.

Cel : ok, fait attention à toi et appelle moi dès que tu peux

Moi : ok

Je sors de la maison et une demi-heure plus tard, je sonne et n’ai que 5 minutes à attendre avant de voir sa magnifique bouille. A peine, la porte est-elle ouverte qu’elle se jette dans mes bras et m’embrasse goulument ; j’observe un certain de réaction avant de réaliser.

Moi : la chambre est de quel coté ?

Cor : la première porte à droite

Moi : ok

Oui, je sais que je vais en dégoutter plus d’une mais la vie doit continuer ; un cadeau reste un cadeau. Du moment ou Célanie ne le sait pas ou est le problème ? Du moment où je rentre le soir, à qui est-ce que je fais du mal ? Un peu d’excitation dans ma petite vie ne serait je crois, de trop.

Chapitre 3

Partie 3 : Une entrée en la matière...

Cela fait deux mois que Cora et moi entretenons une relation secrète, j’ai du me réorganiser ; nous avons du Cora et moi, accorder nos emplois de temps. La vie ou les problèmes que Celanie et moi rencontrions à la maison ne sont plus qu’un lointain souvenir, j’accomplis machinalement mon devoir tout en pensant aux formes voluptueuses de Cora.

J’apprécie par-dessus tout, les attentions qu’elle me porte. J’aime bien la cuisine qu’elle me fait, l’ordre et l’accueil de son toit. Ce soir là, Celanie et moi avions décidé d’aller danser en boite de nuit. Nous y étions depuis plus de deux heures lorsque je sens un regard insistant sur ma personne, je lève les yeux et tombe sur le regard noir de Cora.

Celanie qui n’a rien raté du spectacle, me demande s’il y avait un problème, ce à quoi je dis non. Je me lève pour faire un tour aux toilettes et laisse Celanie avec mes effets, Cora m’y rejoins quelques minutes plus tard, je croise une Cora qui semble courroucée.

Cor : tu as une copine ?

Moi : tu n’as aucune question à poser, tu n’en as pas le droit.

Cor : mais cela fait plus de deux mois que nous avons des relations sexuelles

Moi : et alors ? Avons-nous signé un contrat d’exclusivité ?

Cor : non, mais pour moi c’était tout comme.

Moi : tu m’as bien dit « pas d’implication émotionnelle juste une relation physique me semble t’il.

Cor : c’est vrai mais…

Moi : il n’y a pas de « mais » qui tienne

Cor : Angel, pourquoi le fais-tu ? Pourquoi te comportes-tu ainsi avec moi ?

Moi : navré mais je n’ai rien à me reprocher

Cor : ok, dit-elle en essuyant rageusement les larmes qui coulent sur son visage

Je vais rejoindre Celanie qui discute avec des amies et quelques heures plus tard, nous sommes de retour à la maison. Avec Celanie tout a changé depuis ce soir là, je ne l’ai constaté que peu de temps après. Le changement s’est fait certes avec beaucoup de retard, à petits pas mais il était quand même là.

Celanie s’attelait à devenir la femme parfaite, la femme que tout homme souhaite avoir, la chambre à coucher était désormais bien rangé, la cuisine malgré tous les efforts consentis, non mangeable ; je ne savais à quoi tout cela était du mais je me frottais juste les mains.

Deux semaines après, nous étions vendredi matin ; j’étais juste entrain de me garer lorsque mon téléphone vibre, je regarde discrètement le numéro qui s’inscrit, c’est celui du Cameroun. Je décroche avec beaucoup de réticence mais je décroche tout de même.

Moi : allo

« Bonjour Angie, c’est tata Louise »

Moi : ah oui, bonjour tata comment ça va ?

« Je vais bien, n’est ce pas tu nous as oublié ? »

Moi : eukiéééé, comment tu peux dire ça, je suis là mais le travail me fatigue ; j’ai à peine le temps de respirer et me reposer.

« Même pas un coup de fil à ta tante, 5 ans aujourd’hui mon petit ; tu n’es pas sérieux, tu penses seulement à appeler ta mère. »

Moi : pardon ooo tata, pardon seulement, il faut m’excuser.

« Hummm »

Moi : comment vont ton mari et les enfants ?

« Ils vont bien, merci »

Moi : ok

« Bon, il faut que je parle sinon mon crédit va finir maintenant. »

Moi : tu veux que je te rappelle ?

« Oui, rappelle alors »

Elle raccroche, je respire un bon coup et lance l’appel.

Moi : c’est moi, tata

«Dit moi, »

Moi : oui, tata

« Tu as un peu de temps libre demain ? »

Moi : pourquoi ?

« Il faudrait que tu montes à paris dès ce soir, il faut que tu t’arranges comme tu peux et y être demain au plus tard à 7 heures du matin.

Moi : pourquoi, je travaille demain soir.

« Ta mère prend le vol de 23 heures ce soir et arrivera vers 7 heures. »

Moi : pourquoi ne m’a-t-elle rien dit ?

« C’est sensé être une surprise, tu n’es pas sensé le savoir »

Moi : ok

« Je t’enverrais tous les renseignements utiles par sms mais il faut aller chercher ta mère à l’aéroport. »

Moi : ok

« Angel, »

Moi : oui, tata

« Tu es un grand garçon, je sais que tu sauras prendre la décision qui s’impose. Je sais qu’il est parfois difficile d’accepter, de concevoir certains aspects de la vie mais il faut savoir ouvrir son esprit et ratisser large. »

Moi : tata, je ne comprends rien à ce que tu racontes

« Cela viendra, mon petit. Garde juste à l’esprit que ce n’est pas forcement négatif, tu m’as écouté j’espère. »

Moi : oui tata, tu ne peux être plus explicite ?

« Non, c’est à ta mère de t’en parler si elle le souhaite. Il aurait été souhaitable que tu te déplaces mais cela ne fut pas possible, tu t’es montré un brin laxiste. »

Moi : maman m’a fait une proposition mais j’ai déjà dit non

« Je sais, j’ai essayé de te comprendre ; j’ai essayé de me mettre à ta place, je sais que c’est difficile mais nous ne voulons que ton bien.

Moi : humm

« Tu es le seul fils, la seule trace sur terre que nous a laissé mon feu frère. C’est toi qui pérennisera le nom de notre frère, nous ferons tout pour que soit faite selon sa volonté. »

Moi :…

« Promet moi juste que tu essaieras de jouer le jeu, je ne sais pourquoi du comment mais j’espère juste que tu essaieras de jouer le jeu. »

Moi : tata, je suis un peu fatigué de tout ça. Je ne demande qu’à avoir une vie simple, une vie sans complications.

« Angel, du courage. »

Moi : humm, merci tata.

« N’oublie pas d’aller récupérer ta mère à Paris. »

Moi : ok et bonne journée tata.

Je sens une migraine poindre, ma journée commence vraiment mal, j’ai juste envie de me défouler. La vie s’évertue parfois à nous jouer des tours vous ne savez surement qui je suis, c’est aussi vrai que je ne me suis pas présenté ; je vais le faire, donnez moi juste le temps de respirer.

Je vais prendre la relève de l’équipe de nuit et travaille de façon automatique car mes pensées sont auprès de ma chère mère. Je ne sais exactement à quoi tout ceci rime mais je sens que tout cela aura une certaine incidence sur ma vie. J’arrive et commence à peine à jouir des bienfaits de la vie qu’il faille déjà sacrifier ma tranquillité.

Je travaille et à midi, Celanie me rejoint au restaurant Universitaire. Je suis fière d’elle, je fais mine de ne pas voir les regards envieux de certains collègues et de certains de ses camarades. Elle me rejoint à ma table et me fait un bisou sonore sur la joue, ce qui a le don de me faire sourire ; je pose ma main sur la sienne.

Moi : je ne sais à quoi est du tout ce changement mais j’en suis heureux

Cel : de quoi parles-tu ?

Moi : des efforts que tu fais pour me faire plaisir

Cel : c’est normal chéri, je ne suis peut-être pas une fée du logis ou une cuisinière hors pair mais je t’aime.

Moi : je t’apprécie moi aussi.

Je vois une lueur de tristesse dans son regard, vous pouvez me traiter de sans cœur mais je dis ce que je pense ; je ne peux dire ce que je ne ressens vraiment pas. Je fais une pression sur sa main, je crois voir son regard s’embuer ; j’ai juste un pincement au cœur.

Cel : ta matinée a été bonne ?

Moi : oui, merci et toi ?

Cel : ca peut aller. Angel,

Moi : oui, bébé

Cel : m’aimes-tu ?

Moi : Celanie, je t’apprécie et apprends à t’aimer.

Cel : peut-être faudrait-il prendre nos distances

Moi : pourquoi ?

Cel : je ne sais pas moi, tu ne sais apparemment pas ou tu en es.

Moi : Celanie, donne nous un peu de temps ; cela fait à peine deux ans que nous nous connaissons, je trouve que c’est encore trop tôt.

Cel :…

Moi : tu es en 3ième année de fac de médecine, on a encore la vie devant nous, à quoi bon courir ?

Cel : humm

Moi : au fait chérie,

Cel : oui

Moi : ma mère effectuera un séjour parmi nous

Cel : ah bon ? Mais c’est bien, je vais enfin la rencontrer

Moi : voilà, je vais aller sur paris dès ce soir. Je vais dormir chez un ami sur place et je la récupère demain matin.

Cel : ok, je vais donc faire un petit ménage à la maison et vider notre chambre ; nous dormirons au salon.

Moi : ok et chérie,

Cel : oui

Moi : merci

Cel : je vais devoir y aller, tu fais un bon voyage

Moi : merci mon cœur.

5 heures plus tard après avoir fait un détour par la maison pour prendre des vêtements de rechange, je me mettais enfin en route pour la ville-lumière.

Si seulement je savais que c’était là, le début d’une tumultueuse aventure…

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