Chapitre 2

Melissa **

Comme je m’y attendais un peu, elle n’est rentrée que deux jours plus tard. Heureusement, toute la pression et la colère était déjà redescendu et le fait qu’elle débarque à la maison avec celui qu’elle appelle son homme à la maison. (Soupire) Je me suis tenue très loin d’eux, mais lorsqu’on vit dans la même maison, c’est un peu compliqué.

Je me suis dégoté un nouveau boulot en soirée pour me permettre d’arrondir mes fin de mois. Ça n’a pas trop plu à Mohamed, mais il n’a pas son mot à dire en ce qui concerne mes activités. Donc, le matin je garde des enfants d’un couple de blancs là à Riviera 2 puis en soirée je suis au restaurant.

(…)

Lorsque j’ai eu une heure creuse entre mes deux boulots, j’ai pris un taxi en direction de la maison de Mohamed. Je sais que le fait qu’on ne se voit pas beaucoup, donc à chaque fois que j’ai un peu de temps, je passe le voir.

-

Mohamed (me fixant) : Tu t’en vas déjà ?

Moi (remettant mes vêtements) : Oui, je ne veux pas arriver en retard au restaurant.

Mohamed (soupirant) : Je suis rentré Méli et je ne te vois quasiment pas ! Je repars dans moins de deux mois, et jusqu’à mon départ ce sera comme ça entre nous ?

Moi (soupirant longuement) : Tu sais que je ne peux pas arrêter ! Il faut que je commence à mettre des sous de côté, Célia passe le bac dans deux ans sans compter Marcel et tous les autres.

Mohamed (excédé) : Ce n’est pas à toi de le faire ! Tu es jeune, tu ne te rends même pas compte que tu vis comme une femme de quarante ans ?

Moi (levant les yeux) : Si je ne le fais pas, qui le fera pour eux ?

[Leger flottement]

Mohamed (passant nerveusement sa main sur son visage) : C’est bon vas-y !

Moi (m’approchant de lui) : Mais….

Mohamed (se levant) : Ferme la porte en sortant !

J’ai soupiré longuement, puis j’ai continué à enfiler mes vêtements. Je me suis rendu dans la salle de bain afin de lui dire que je m’en allais sauf qu’elle était fermée de l’intérieur (soupire). J’ai pris mon sac et mes chaussures puis je suis partie.

-

Une fois au restaurant, je suis allée mettre l’uniforme vu que ce soir l’effectif était trop peu pour servir toutes les tables. J’ai donc dû mettre la main à la patte. On a fini à minuit à cause des clients qui ne faisaient qu’arriver (soupire). On a fait les comptes et les pourboires ont été distribués. J’étais la dernière à sortir du restaurant.

J’ai pris un taxi direction la maison, mais comme il y a avait déjà des clients à l’intérieur, on a fait un détour à Treichville. Manque de bol, le taxi est tombé en panne net au marché (soupire). J’ai dû emprunter le 11(aller à pieds), j’ai séré mon sac très fort parce qu’on connait tous Treichville avec l’insécurité hein ! Je devais arrêter un taxi lorsque j’ai vu une scène assez étrange. Un homme se faisait agresser et manière dont il discutait là, il n’avait pas l’air d’être du coin.

J’ai donc traversé la route et me dirigeant vers eux en criant, c’est sûrement le fait que les gens ont commencé à venir vers eux qui les ai fait fraya (fuir) par les pistes. Et comme je disais, l’homme qui se faisait agresser n’était pas du coin. Il ne sait pas qu’ici le simple fait d’avoir la peau blanche est synonyme d’être tchass !

Moi (l’aidant à se relever) : Vous allez bien ?

Lui (se relevant avec difficulté) : Ai-je l’air d’aller bien ? Pff !

Moi (tournant les talons) : Excusez-moi du dérangement !

Je me suis mis en quête d’un taxi. Les gens vraiment hein ! C’est toi qu’on vient aider, mais c’est encore toi qui a les foutaises ! Tchrr. En tout cas, j’ai pris mon taxi et c’est à une heure moins du matin que je suis arrivé chez moi. J’ai d’abord pris une bonne douche avant d’aller me jeter sur le lit (soupire).

(…)

Depuis la dernière fois, Mohamed filtre mes appels. Si par le plus grand des hasards, on se croise dans la rue, c’est limite même s’il me dit bonjour. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi il me fait la tête. Il voulait que je m’accroche à son argent comme toutes les autres filles d’Abidjan ? Que même pour m’acheter des tampons hygiéniques, je passe par lui ? C’est devenu un péché de travailler sachant très bien qu’il connait la situation avec Ami ?

-

Aujourd’hui c’est mon jours de repos, donc je vais passer toute la journée à flemmarder (soupirant) Encore vu qu’Ami et son homme sont là, je ne reste que dans ma chambre. C’est la faim qui m’a fait sortir de ma chambre. Je me suis rendue dans la cuisine fouiller les marmites et c’est de là que j’ai entendu la sonnerie d’un téléphone.

Moi (au salon) : Ya un téléphone qui sonne au salon !

[Aucune réponse]

Moi (hurlant) : Téléphone au salon…

[Toujours aucune réponse]

J’ai fini par aller chercher le téléphone et le nom qui s’est affiché à l’écran m’a décomposé sur place. Il s’agissait de celui de Mohamed. Vu que je connaissais le mot de passe de son téléphone, je l’ai déverrouillé et je me suis rendu dans la messagerie. Les messages qu’ils s’échangeaient n’avaient rien de mal en eux-mêmes juste que bon le timing qui n’était pas bon !

Pendant que le bon monsieur filtre mes appels, il envoi des messages à ma mère. Ils racontent jusqu’à des heures impossibles ensemble alors que c’est moi à peine vingt et une heure il est fatigué. Je ne sais même pas quoi penser de la situation, ça n’a l’air de rien mais c’est tellement malsain ! Et le comble c’est que les messages ne datent pas d’aujourd’hui, c’est depuis longtemps.

J’ai envoyé valser le téléphone contre le mur tellement j’étais en colère. Inconsciemment, je me suis mise à faire couler quelques larmes qui s’est changé en torrent la minute d’après (soupire).

-

Maman (fermant la porte) : Tu n’es as au travail toi ?

Moi (levant les yeux qui étaient déjà bien rouge) : Non…

Maman (Venant vers moi avec un air surpris) : Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Méli qu’est-ce qui se passe ?

Moi (me levant) : Ami arrête de faire ta comédie ! (lui montrant le téléphone) Peux-tu m’expliquer pourquoi tu envoies des messages à Mohamed maman ?

Maman (soupirant) : C’est la raison de ton état ? C’est pour ça que tu piques des crises et tu casses mon téléphone ?

Moi (me levant) : Oui maman ! Oui c’est la raison de mon état ! Tu trouves normal que l’homme de ta fille t’appelle et t’écrit comme si tu étais son amie alors qu’il ne répond même plus aux appels de ta fille ? Tu trouves ça normal que l’homme de ta fille t’envoie de l’argent sans le dos de cette dernière ? C’est normal pour toi ?

Maman (se levant aussi) : S’il est en mesure de m’aider je vais me gêner pour quoi, pour qui ? Et je suis sensé savoir ce qui se passe dans votre couple si tu ne me dis rien ? Je suis devenue devin pour savoir qu’à telle période ça va et telle autre ça ne va pas ? Si Mohamed et moi nous parlons c’est uniquement à cause de toi ! La majorité de nos conversations c’est en rapport avec toi ! Et s’il m’appelle c’est uniquement pour toi ! C’est pour me demander mon avis en tant que ta mère parce que oui, je suis encore ta mère ! Il vit mal le fait que tu n’aies plus de temps à lui consacrer Méli ! C’est toi qui clamait haut et fort que Mohamed te manquait et maintenant qu’il est là c’est toi qui cumul deux emplois a des heures impossibles !

Moi (séchant mes larmes) : Et c’est à une ou deux heures du matin que vous vous dites ça ?

Maman (pouffant) : Et alors ? Que ça soit à huit heures ou à trois heures le problème est où ? Ce ne sont que des messages non ? Que tu penses que je vais faire quoi avec le copain de ma fille ?

Moi (plus calme) : Tu jures qu’il n’y a rien Ami ?

Maman (soupirant) : C’était juste platonique ! De future belle-mère à futur beau-fils…

Moi (soupirant d’aise) : D’accord.

Maman (me fixant) : Il faut aller arranger l’écran de mon téléphone Mélissa…

Moi (rire) : J’y vais de ca pas !

Maman : ok !

(…)

J’ai arrangé le petit désordre que j’avais fait au salon puis j’ai appelé mon ami qui vend les téléphones. Au lieu d’arranger l’écran, qui n’aurait pas servi à grand-chose vu qu’il était déjà en panne, je lui ai directement donné un autre téléphone. Elle était contente, même si à cause de ses données elle a un peu boudé.

Les jours qui ont suivis, Mohamed et moi avons fait la paix et j’ai finalement arrêté de faire la nounou chez cette famille de blanc à Riviera 2, et il a décidé de me donner le même salaire que j’avais en tant que nounou. Comme ça on aura plus de temps pour se voir.

** Aminata **

Ça me fatigue de faire des aller-retour entre la maison de Moussa et la mienne. Tout aurait été tellement mieux, si les enfants l’acceptaient (soupire). Je suis vraiment larguée, je ne sais pas quoi faire et comment réagir face à cette situation. Moussa a également des enfants et ça me fait bizarre que ses enfants à lui m’acceptent alors les miens limite lui font la guerre.

Je sais que Marcel et Célia suivent leur sœur et c’est bel et bien normal, sauf que là ça commence à trop me peser. C’est ça la vie à laquelle je suis destinée ? Finir ma vie seule avec des enfants de père différents à mon bras ? Juste parce que j’ai des enfants, je ne dois plus vivre ?

-

Lorsque j’ai eu quinze ans, je suis tombé enceinte. C’était la veille d’une soirée un peu trop arrosé et vous crucifierez si je vous dis que je ne connaissais même pas le nom de son père jusqu’à ce que j’apprenne que j’étais enceinte. Je n’en suis pas fière, mais j’étais jeune et Dieu seul sait à quel point je m’en repends aujourd’hui.

Il s’est occupé d’elle quelques mois après sa venue au monde, mais ensuite plus rien. Il est venu me dire qu’elle changeait de pays et donc, il ne pouvait plus s’occuper de Méli. Que pouvais-je bien faire du bas de mes seize ans ? Je l’ai laissé partir et depuis on a plus aucune nouvelle de lui.

-

Lorsque Méli a eu cinq ans, j’ai rencontré un homme d’âge mur. C’était un blanc et vous savez combien de fois on aime les blancs. Donc j’ai fait ce que je savais faire depuis que je suis née, le séduire. Je pensais qu’on était sur la même longueur d’onde mais lorsque son tourisme est terminé, il a levé les voiles en laissant deux enfants à la charge, Célia et Marcel. Maintenant les trois derniers sont ceux que j’ai eu avec Moussa.

(…)

Je suis sortie de bonheur ce matin pour me rendre chez Moussa. Hier dans la nuit, il m’a demandé de passer mais a refusé de me donner la raison. Donc j’y suis allé à l’aveugle. Lorsque je suis arrivée, j’ai trouvé les enfants devant la télé. Vu qu’ils n’avaient pas encore mangé, j’ai fait le petit déjeuner que j’ai déposé sur la table à manger.

Moussa (sortant de la chambre) : Bonjour tout le monde.

Nous (levant les yeux) : Bonjour.

Il a pris une chaise, puis il est passé à table. Une fois le déjeuner fini, j’ai débarrassé puis j’ai fait la vaisselle. Les enfants sont allé à l’école et Moussa et moi sommes restés à la maison.

Moussa (me fixant) : La maison est déjà finie !

Moi (me pinçant les lèvres) : Ah ça été rapide hein….

Moussa (soupirant) : Pas tant que ça…Nous sommes au mois de Février depuis Juin dernier que la maison est en construction.

Moi (baissant les yeux) : ….

Moussa : Quand est-ce que tu comptes emménager ?

Moi (soupirant longuement) : C’est compliqué !

Moussa (me fixant) : Aminata la semaine prochaine, je vais habiter dans la nouvelle maison avec ou sans toi ! Mais sache que mes enfants viendront avec moi.

Moi (soupirant) : Ce n’est pas facile Moussa, je ne peux pas dire du jour au lendemain aux enfants qu’on va habiter ailleurs avec un homme qu’ils n’aiment pas !

Moussa (agacé) : Tu as eu tout le temps de le leur dire Ami, de plus commet veux-tu que les enfants s’habituent à moi si chacun vit dans son coin ? Il n’y aucun contact rien de chez rien ! Je n’ai plus envie de vivre caché comme un gamin ! Je n’en ai plus l’âge Ami. Il faut que tu prennes une décision.

Moi (soupirant) : Laisse-moi au moins en parler à Méli ce soir….

Moussa (levant les yeux) : La semaine prochaine j’y vais Ami que tu sois là ou pas j’irais…

-

Le soir même, je suis rentré à la maison afin de parler à Méli ! Pour essayer d’alléger un peux la tâche à Méli, j’ai fait la vaisselle après avoir fait à manger. Lorsque Célia et Marcel sont rentrés, ils étaient même surpris. (Rire) moi qui ne le fait jamais, c’est une aubaine hein !

J’ai corrigé les exercices des plus petits qui, après avoir mangé sont allés se coucher. Célia et Marcel ont suivi le mouvement une heure plus tard. Moi je suis restée au salon afin d’attendre Méli pour qu’on ait une discussion. C’est à vint deux heures qu’elle est rentré à la maison.

Méli (levant les yeux) : C’est Célia qui a cuisiné ?

Moi (soutenant son regard) : Non, c’est moi !

Méli (me fixant d’une drôle de manière) : Tu vas bien Ami ?

Moi (rire) : Oui je vais bien pourquoi ?

Méli (faisant la grimace) : Et puis c’est toi qui touche les marmites ici ? Hm

Moi (rire) : Si c’est pour ça, je vais bien t’inquiète…

Méli (se mettant devant le poste téléviseur) : Ok !

Jai pris une grosse bouffée d’air fraîche puis je suis allé m’asseoir à côté d’elle.

Moi (me pinçant les lèvres) : On peu discuter ?

Méli (me fixant) : Je me disais aussi… oui ?

Moi (frottant mes mains nerveusement) : Moussa à fini la maison qu’il faisait construire.

Méli (ne voyant pas le rapport) : D’accord, félicitations à lui !

Moi (soupirant) : Il veut qu’on aille emménage avec lui…

Méli (réticente) : On qui ?

Moi (roulant les yeux) : Ne soit pas bête ! Nous tous….

Méli (me fixant) : Tu peux y aller avec tes enfants hein. Moi je reste ici !

Moi : Au cas où tu l’aurais oublié, tu es aussi ma fille !

Méli : Je suis grande, je pourrais le gérer toute seul comparé aux autres… de toute manière je ne compte pas emménagé avec lui Ami.

Moi (soupirant d' agacement) : Pourquoi il faut toujours que tu te fasse voir ? Tu veux montrer que toi c’est qui ? Qu’on ne peut pas se passer de toi, que tu es irremplaçable Mélissa ?

Méli (rire ironique) : Je ne veux rien prouver à personne ! Et raison de plus pour ne pas tenir compte de mo' avis et aller t installer avec lui !

Moi (la fixant avec peine) : Pourquoi tu cherches à me punir Mélissa ? Donc je ne dois pas être heureuse juste parce que j’ai eu des enfants ?

Méli (se Levant) : Je ne veux pas aller dans cette direction Ami, fais ce que tu veux…

P

Moi (la suivant) : Non Mélissa ! On va en parler maintenant quitte à se faire mai, on va en parler ! Tu n’as pas idée du nombre d’occasion que j’ai raté à cause de toi ! Juste parce-que j’avais un enfant à ma charge, ma vie s’est volatilisé !

Méli (se retournant) : Tu es drôle hein ! C’est maintenant moi que tu veux rendre responsabilité de ta vie ? Je ne t’ai rien demandé Ami, de plus je ne vois pas en quoi on t empêche de vivre vu qu’il faut le dire, c’est moi qui m’occupe de tes enfants ! Je ne comprends pas comment une personne peut être bornée à ce point, sacrifiant ses propres enfants au détriment d’un homme ! Il a fallu qu’il t’invite à rester chez lui pour que tu touches enfin une marmite dans cette maison et c’est moi que tu accuse ? Tu cours derrière un homme qui fait clairement la différence entre tes enfants avant lui et les votes ! Si ce n’était que moi encore (levant les mains) je n’aurais pas parlé, mais lorsqu’il dit que Célia et Marcel n’ont pas le droit de toucher aux courses qu’il fait pour SES enfants ça veut dire quoi ? Et pour cet homme que tu tremble comme une feuille morte ?

Moi (haussant le ton) : Tu ne me parle pas comme ça Mélissa !

Méli (me fixant) : J’ai juste de la peine pour Célia et Marcel…

CLAP !

J’ai voulu cogner pour mettre cette histoire au calme, mais a quoi bon ? Son avis est clair moi plus que quiconque sait à quel point elle est catégorique lorsqu’elle prend ses décisions. Je vais laisser couler et attendre avant de remettre la proposition sur le tapis (soupire).

(…)

L’échéance va bientôt prendre fin et elle ne décolère toujours pas. Et en plus, avec ses nouveaux horaires, c’est à peine si on s’aperçoit sachant qu’on vit dans la même maison. (Soupire) La majorité des affaires de Moussa est déjà dans la nouvelle maison, mais moi je n’ai même pas encore emballé un vase.

-

C’est la sonnerie du téléphone qui m’a fait sortir de ma rêverie. Lorsque j’ai vu le numéro de Moussa s’afficher, mon rythme cardiaque à du augmenter d’au moins 1000 battements par minute (soupire)

Moi (voix tremblante) : Allô ?

Moussa : Bonjour Aminata, tu vas bien ?

Moi : Oui merci et toi ?

Moussa : Je vais bien merci… Qu’a tu décidé ?

Moi (me raclant la gorge) :….

Chapitre 3

Aminata **

Moi (me raclant la gorge) : Heu….

Moussa (soupirant) : Ami ?

Moi (résiliée) : Mélissa a catégoriquement refusé de venir habiter avec nous…

Moussa (haussant le ton) : Et où est mon problème dans cette histoire ? C’est une grande fille non ? Elle peut bien rester seule !

Moi (petite voix) : Mais je ne peux pas la laisser toute seule ici…C’est aussi ma fille Moussa.

Moussa (soupirant longuement) : Aminata, j’ai fait des concessions en acceptant de garder tes enfants ! J’ai accepté que Marcel et Célia viennent avec nous, je ne peux pas en plus supplier une gamine ! Elle a dit qu’elle pouvait se débrouiller, alors laissons là !

Moi (ne sachant quoi répondre) : ….

Moussa (énervé) : Je passerais récupérer les enfants lundi soir, une fois que la maison sera prête !

Moi (en larme) : Comment veux-tu que je te laisse partir avec les enfants ? Avec mes enfants Moussa. Je ne peux pas !

Moussa (agacé) : Et il est hors de question que mes enfants restent là-bas alors que moi j’ai une maison. Qu’il reste à la merci de ta fille qui ne peut pas me voir en peinture ! Non !

Moi (reniflant) : Pourquoi est-ce que tu ne fais pas de concession ? Pourquoi tu ne te mets pas à ma place ? Je t’ai déjà un jour demandé de choisir entre tes enfants et moi ?

Moussa (soupirant) : Non ! Parce que moi au moins j’éduque bien mes enfants ! Je ne laisse pas passer tous leurs caprices et ne les traite pas comme s’il était des rois dans ma maison ! C’est pour cette raison que je ne me retrouve pas avec une fille qui rentre à l’heure qu’elle veut et deux autres qui suivent sa révolution !

Moi (d’une voix tremblante) : Si tu prenais la peine de t’entendre avec Célia et Marcel la situation ne serait pas la même. Mais tu es tout aussi borné qu’eux ! Qu’est-ce que ça te couterait Moussa ?

Moussa (Agacé) : Ce n’est pas à moi de me plier aux exigences de tes enfants Aminata ! C’est moi l’adulte et non eux. Alors je ne vois pas pourquoi je dois faire des concessions, je ne suis pas obligé de tolérer tes enfants Aminata…Mais même le simple respect je n’en ai pas !

Moi (en larme) : Et c’est comme ça que tu veux qu’on vienne habiter avec toi ? Pour que tu fasses clairement la différence entre les enfants ? Pour que Marcel, Célia et Mélissa se sente comme des parias dans une maison qui censé être la leur ? Autant tes enfants seront chez eux, autant les miens aussi.

Moussa (pouffant) : Mes enfants ne te traitent pas comme la dernière des pestes ! Mes enfants te respectent. Alors que les tiens, à peine je rentre dans la maison que tous disparaissent ! Rends-toi simplement compte que le problème ne vient pas de chez moi, mais de chez toi !

Moi (rire nerveux) : Mais c’est clair qu’ils soient obligé de te fuir comme la peste ! Lorsque tu es là c’est pour critiquer tout ce qu’ils font ! De l’heure à laquelle ils restent pour regarder la télé jusqu’à leur façon de manger. Tu juges de tout et c’est clair qu’ils te fuiront !

Moussa (Se mettant à râler) : Je ne vais discuter avec toi Aminata ! Lundi soir je passe prendre mes enfants et tu vas te débrouiller avec le reste tout seule !

Moi (soupirant) : Mais…

Click !

Je n’ai même pas eu le temps de continuer mon plaidoyer qu’il m’avait déjà raccroché au nez (soupire). Mais qu’est-ce que j’étais sensé faire ? Partir et laisser Mélissa, Marcel et Célia ici ? Je suis pas la meilleur mère du monde, mais même un chien n’abandonne pas ses petits, ce n’est pas moi qui le ferait ?

Maintenant qu’il dit qu’il va venir chercher les enfants, je ne sais pas comment est-ce que je vais faire d’autant plus que je voulais aller vivre avec lui. Et voilà ou je me retrouve à force de vouloir faire passer les besoins des autres avant les miens.

(…)

Je suis sortie de la chambre en me dirigeant vers la salle de bain histoire de me rafraichir un peu. Parce que la tête que je faisais là, on dirait c’est camion qui m’est passé dessus. J’ai attendu que Célia rentre de son travail de groupe afin de demander à tout le monde de prendre place au salon.

Je suppose qu’ils savaient de quoi je voulais qu’on parle vu la manière dont ils ont trainé le pas (grognant) Les choses qui m’énervent ! Lorsque les concernés sont arrivés, on a enfin pu rentrer au cœur même des choses.

Moi (fixant Ali) : Ali dans ta chambre !

Ali (boudant) : Mais moi je veux regarder les dessins….

Moi ( haussant le ton) : Monte tout de suite dans ta chambre si tu ne veux pas recevoir un gifle tout de suite là !

Il est parti dans sa chambre à la quatrième vitesse (rire) Les enfants qui aime lorsqu’on les menace comme ça !

Moi (me raclant la gorge) : Moussa aimerait qu’on aille habiter ensemble ! (Fixant Mélissa) Et lorsque je dis « On » je parle de nous tous, personne n’est exclu dans cette histoire !

[Silence Total]

Moi (soupirant) : Si vous n’avez rien à dire ça veut dire que vous pouvez aller faire vos valises non ?

Célia (levant les yeux) : J’ai le droit de ne pas vouloir y aller ?

Marcel (boudant aussi) : Je veux rester avec Mélissa…

Moi (roulant les yeux) : Mais pourquoi vous ne voulez pas venir habiter dans la nouvelle maison ? Elle est beaucoup plus grande et les filles et les garçons ne partageront plus la même salle de bain. De plus ce sera beaucoup plus proche de vos écoles respectives (Plus douce) Pourquoi vous ne voulez pas y aller ?

Marcel (Me fixant) : Il ne nous aime pas et c’est réciproque. Aller dans sa maison ne ferait qu’attiser les tensions entre nous.

Célia (levant les yeux) : Il va trouver la raison qu’on vit chez lui pour nous contrôler et nous faire vivre comme il l’entend ! On ne sera pas libre de nos mouvements et l’un d’entre nous va finir par se blesser et le choix te reviendrait…Tu seras obligé de choisir entre lui et nous et Dieu seul sait à quel point on ne veut arriver à ces extrêmes.

Marcel : Mieux tu y vas avec SES enfants…Nous on reste ici avec Méli.

Moi (fixant Mélissa) : Tu n’as rien à dire à propos de ça ?

Mélissa (d’une manière ironique) : Je ne veux pas « t’empêcher de vivre »

Moi (secouant la tête) : Pourquoi est-ce que vous ne vous mettez pas à ma place ? Je suis entre deux feu et je ne sais sur quel pied danser…D’un côté j’ai la vie dont j’ai rêvé et de l’autre mes enfants (soupirant en fixant Mélissa) Je vais parler à Moussa et tout se passera bien ! Il n’a jamais voulu créer une différence entre vous, juste que face à certaines situations il ne savait pas trop quoi faire. S’il se comporte de la sorte c’est simplement à cause du fait qu’il se sent rejeté par vous. Les efforts vont dans les deux sens, et il voit que vous n’en faite aucun.

Son enfance n’a pas toujours été facile et vient lui aussi d’une famille recomposée. Il a subi la maltraitance de la part de son beau-père et c’est pour cette raison qu’il est un peu froid. Mais il ne peut pas refaire ce qu’il a subit à une autre personne. Je suis votre mère et jamais je ne laisserais une personne vous faire du mal ! Je veux juste que vous puissiez faire des concessions, non pas pour lui mais pour moi ! Pour votre mère…

Célia (se levant) : C’est bon, on peut y aller ?

Moi (soupirant) : Oui…Vous pouvez y aller (fixant Mélissa) Parle leurs s’il te plait Mélissa ! Tu sais bien que si tu ne viens pas, ils te suivront aussi…

Méli (soupirant longuement) : Je vais voir ce que je peux faire !

(…)

Aujourd’hui c’est dimanche et église obligatoire pour tout le monde. Nous sommes tous chrétien et prions tous à l’église la bénédiction qui se trouver à Adjamé 220. Même si l’atmosphère n’était pas au beau fixe, nous y sommes quand même allé afin d’être dans la présence du seigneur. Après le culte, les plus petits vont jouer dans toute l’église pendant qu’on aide pour le nettoyage. C’est souvent vers seize heures qu’on rentre à la maison.

-

Une fois à la maison, je suis allée m’enfermer dans ma chambre en espérant que le bon Dieu ait écouté mes prières en changeant les sentiments de Moussa ou au moins ceux de mes enfants (soupire).

TOC TOC

Moi (essuyant mes larmes du revers de la main) : Oui ?

Méli (me fixant) : Je te dérange ?

Moi (reniflant) : Non…

Méli (soupirant) : J’ai parlé à Célia et à Marcel et ils ne veulent toujours pas habité là-bas…Mais sont prêt à aller passer un week-end sur deux avec vous.

Moi (soupirant longuement) : Merci, je vais en parler à Moussa.

Méli (sen allant) : D’accord.

Moi (me retournant) : Merci Mélissa.

Méli (esquissant un sourire) : …

Elle a fermé la porte en sortant et Je suis retournée dans ma rêverie. Je n’ai eu des nouvelles de Moussa que Lundi en soirée lorsqu’il m’a écrit pour me dire qu’il passait chercher les enfants (soupire). J’ai donc fait leur sac afin qu’ils aillent chez leurs père. Lorsqu’il était là, il a klaxonné et je suis monté avec eux. Vu que c’est un quartier ou l’accès aux véhicules est un peu difficile, il a garé un peu plus loin.

Moi (me pinçant les lèvres) : Bonjour…

Moussa (ne me calculant pas) : Je les ramènerais Dimanche soir et ils passeront les week-ends avec moi.

Moi (soupirant) : ok !

J’ai fait la bise aux enfants avant de fermer la portière et qu’il ne démarre en trombe. C’est l’âme en peine que je suis retournée m’effondrer dans la chambre.

** Aicha **

J’ai mis ma dernière sape, puis je me suis rendu à la route afin d’avoir un taxi. Lorsque j’ai aperçu un taxi jaune ocre et marron, je l’ai directement arrêté et hop, direction la pharmacie d’Abobo. Une fois sur les lieux, je l’ai payé puis je suis descendue du taxi en prenant la route de la maison de chez Mohamed.

Une fois devant sa porte, j’ai sorti le jeu des clés dans mon sac puis j’ai ouvert la porte. Comme il n’était pas encore là, j’ai pris 5000 à l’endroit ou il met les sous puis je suis allé prendre Attieké poisson et aloco du quartier, accompagné d’un bon jus de bissap. Puis je suis rentrée manger.

Mohamed (rentrant) : Bonjour, c’est quel mangement tu fais sans inviter les autres ?

Moi (souriante) : J’ai mis ton plat dans le four…Bonjour.

Lui (souriant) : Merci, je vais d’abord prendre une douche.

J’ai terminé de manger puis j’ai posé son plat sur la table avant d’aller me mettre devant mes séries télévisées. Une fois sa douche prise, il s’est mis à table ensuite il est venu m’enlacer en me faisant plein de bisous. Au début c’était innocent, mais la tension sexuelle est très vite montée d’un cran et on a fini dans une chevauchée sur la table basse. C’était tellement hard qu’au moment de jouir, la table s’est brisée en mille morceaux avec nous dessus.

Moi (essoufflée) : Tu vas bien ?

Lui (souriant) : Ouais….

Moi (me levant) : Tu es blessé !

Lui (se levant aussi) : T’inquiète ce sont juste des égratignures !

Moi (passant sous la douche dans une démarche sensuelle) : Ok !

Lui (me donnant une tape sur les fesses) : Arrête de me chercher Aicha !

Moi (éclatant de rire) : Moi ? Te chercher ? Jamais je ne ferais ça...

Je suis passé prendre une douche puis il m’a rejoint un peu plus tard. Avant de porter nos vêtements on s’est mutuellement passé de la Bétadine sur les endroits égratignés puis on s’est posé tranquille sur le lit. Un peu plus tard dans la journée on a rébeloté et c’est en plein visage que j’ai reçu sa semence.

-

Je suis allée prendre une douche et porter mes habits puis je me suis mis devant la coiffeuse afin de refaire mon maquillage.

Lui (me faisant des bisous dans le cou) : Mélissa arrive !

Moi (souriante) : Et c’est toi qui m’embrasse ? Tu aimes le danger hein…

Lui (se plaçant devant moi pour aller fouiller sous ma robe) : C’est toi avec toutes ses formes ! (levant les yeux) Tu ne portes pas de culote ?

Moi (écartant mes jambes) : C’est comme tu vois !

Il a commencé à me mettre des doigts dans un mouvement lentement qui évoluait au fur et à mesure que mes gémissements se faisaient entendre. Il a ensuite remplacé les doigts par les langues avant d’alterner. Je gémissais de plus en plus fort…

J’au juste entendu le zip de sa braguette puis j’ai senti son membre s’enfoncer en moi. Comme on était déjà tous les deux excité, il a suffi quelques vas et viens avant de s’effondrer l’un sur l’autre.

Je n’ai plus eu le temps de reprendre une douche. J’ai simplement sortie une lingette pour bébé puis je me suis essuyé. J’ai baissé ma robe, mis mes talons ensuite quelques gouttes de parfum sur mes vêtements, mon sac à main à mon bras et je suis partie. Une fois dans le taxi pour la maison, je me suis laissé bercée par le souvenir des doux moments que j’ai passé avec Mohamed.

(…)

Oui, il s’agit bien du même Mohamed que Mélissa. Ce n’était pas du tout prémédité ! Vu qu’il a de la famille au Togo, il y va souvent et c’est là-bas ou on c’était croisé par hasard. Il avait quelques problèmes avec Mélissa et après une soirée passée ensemble on a fini dans le même lit.

Tout le temps qu’a duré le séjour, on n’a pas cessé de se voir et ce sans penser au mal qu’on pouvait faire aux personnes qu’on aimait. Une fois de retour en CI, on a coupé les ponts lorsqu’il s’est remis avec Mélissa. Mais à beau chasser le naturel, il revient au galop en courant même (rire) Depuis, on se voit de temps en temps !

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Ça ne me dérange pas qu’il soit avec Mélissa ! C’est une gentille fille et je m’aime bien même. Tout ce que je veux c’est qu’elle soit heureuse. Tout le monde tire ses avantages de cette histoire. Mélissa est une fille qui a toujours voulu le mariage alors que moi, je suis jeune ! Je veux vivre et ce n’est pas demain la veille que je vais me calmer.

Chacune trouve son compte et c’est tout. Lorsque le moment sera venu, je le lui dirais moi-même. Qu’ils s’amusent ensemble, mais à l’instant même où j’entendrais le mot engagement, je le lui dirais. Parce qu’on sait très bien que cet homme n’est pas celui qu’il lui faut. Elle a beaucoup trop la tête sur les épaules pour lui.

(…)

Je suis descendue chez moi et j’étais surprise de voir de la lumière ai salon. J’ai pris le couteau qui est toujours dans mon sac et je suis rentrée. C’était juste Marc qui était assis au salon, et rien qu’à le voir, j’ai su qu’il était complètement ivre (soupire)

Moi (le fixant) : Tu fais quoi là ?

Marc (sirotant son verre) : Je paie cette maison Aicha ! Donc je viens quand je veux !

Moi (haussant le ton) : Tu dégages ! Je ne veux pas de toi ici…

Marc (se levant) : Tu étais ou en journée pour rentrer à cette heure ? En plus habiller comme ça ?

Moi (pouffant) : Laisse-moi rire ! Que tu penses faire peur à qui ? Je ne suis pas propriété…Maintenant sort d’ici !

Marc (énervé) : Je paie cette maison pour que tu ailles t’amuser avec je ne sais qui ?

Moi (roulant les yeux) : Le bruit !

Je n’ai pas vu le geste arrivé je me suis retrouvé au sol suite à la gifle qu’il ma mise. J’ai couru vers la porte, mais il a été plus rapide que moi et m’a claqué la porte au nez. Il m’a tiré par les cheveux en me jetant contre le rotin du salon.

Moi (suppliante) : Ne me fais pas de mal je t’en prie…

Marc (me fixant) : au moins tu ne te foutras plus jamais de moi Aicha ! (Hurlant) Parce je peux très bien te ramené d’où tu viens !

Il est sorti en claquant la porte. Lorsque j’ai entendu le ronflement du moteur, je me suis mise sous la douche et laissant couler l’eau le long de mon corps. Je vais encore devoir faire les mains et les pieds pour que les marques qu’il m’a laissé disparaissent (soupire).

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J'ai connu Marc, je devais avoir 15 ans. Il me faisait la cours et comme l'école ne m'intéressait déjà plus, j'ai n'ai eu qu'a dire oui et les billets ont commencé à pleuvoir. J'ai pu ouvrir un petit salon de coiffure mais je me suis lassé et j'ai du vendre.

Non pas que ça ne me plaisait pas, je suis convaincue que la coiffure c'est ma vocation, juste que bon ce n'etait la vie sont j'avais rêver. Je voulais claquer l'argent et non travailler (soupire).

Lorsque j'ai decouvert le vrai visage de Marc, j'ai commencé à me chercher un peu partout dans la ville. Les relations amoureuses, je n'y crois plus. Je ne cherche le profiter dans toutes les relations que je tisse et c'est mon choix.

D'aucuns diront que le fait que j'ai vécu une déception ne justifie absolument rien, mais moi je dis que les sentiments et réactions sont différentes chez les uns comme chez les autres.

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Le lendemain, je suis passé prendre des anti douleurs et des pansements à la pharmacie avant d’aller m’enfermer chez moi. Un peu plus tard, j’ai appelé un serrurier afin qu’il vienne changer toutes les serrures et le menuiser afin qu’il ajoute une grille devant la porte.

Je suis Aicha Kwame, j’ai vingt-deux ans et voilà à quoi se résume ma vie. (Soupire).

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Sacrifice d'une vie

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