Chapitre 3

Dans mon village je n'avais pas d'amis ceux de ma génération, certains étaient déjà mariées, d'autres en aventure à l'étranger, bon nombre d'entre eux étaient allés en ville pour poursuivre les études.

Certains de ceux qui étaient aller étudier en ville revenaient pour les congés. Je me rapprochais alors d'eux pour apprendre le maximum de cours. Pour une villageoise comme moi j'étais assez cultivée, selon moi bien sûr. Mes amies (Rougui et Oumou) m'aident beaucoup et s'il y a des difficultés je pouvais toujours compter sur Monsieur Sacko, mon professeur de 3eme.

Mon père ne donnait aucun sou à ma mère et à moi d’ailleurs. Ma mère me couvrait quand les touristes du monde venaient visiter le village. Je m'exprimais assez bien en français grâce aux visiteurs étrangers, et cela faisait de moi la favorite quand il s’agissait de faire le choix du guide. Je connaissais quelques phrases en anglais aussi et j’étais assez bien payée. L'argent que j'obtenais servait à faire des provisions en médicaments, car la santé de ma mère, au fil des ans, devenait fragile.

Ma vie se résumait à ça, j'étais comme une souillante, j'avais des cernes, j'étais toute pâle comme si je souffrais d'une épidémie mortelle, mes mains étaient crasseuses et pleines de coupures dus à l'ampleur du travail. Je m'habillais en lambeaux, mes jupes étaient délavées, vieilles et mes débardeurs avaient perdus de leurs teneurs et de leurs couleurs d'origines. Plus rien ne m'allait.

Le départ de mon frère Wahab en ville l'avait moralisé, il envoyait de l'argent chaque mois à tout le monde mais ma mère et moi on était exclus du lot, on n'en voyait pas l'ombre.

Une fois, il avait envoyé deux téléphones pour Kais et moi, hélas, Kais avait fait du mien le sien, quand j'avais voulu protester, ma mère m'en avait dissuadé car les conséquences allaient s'abattre sur nous. Souvent le calme de ma mère m'étonnait mais je n'osais pas lui demander pourquoi, pourquoi elle ne réagissait jamais, pourquoi elle ne se révoltait pas. Je me donnais des réponses ou je lui trouvais des excuses en me disant que c'était peut-être ainsi qu'une bonne femme devait se comporter, elle ne devait jamais protester, toujours encaisser. La soumission exige. Je voulais tant lui demander mais j'avais ce mauvais pressentiment que la réponse n'allait pas me plaire et qu'elle n'allait rien apporter de bon à ma vie qui était déjà misérable. Mieux valait laisser les choses telles quelles.

……….

J'étais dans la cuisine à préparer le repas comme à son habitude ; ma tante me surveillait pourquoi ? je ne saurais le dire, peut-être pour m'empêcher de les empoisonner. Elle avait cette habitude de se caller derrière la porte, une seconde d'inattention de ma part, elle gâchait la nourriture en ajoutant du sel de trop, du sucre, souvent du piment en poudre....

Et ce serait encore ma mère et moi qu'on agresserait......

Tante : Ma fille qu'est-ce que tu cuisine ? Ça me pique les narines.

Moi : Tigu-dègu *La Sauce patte d'arachide* gogo *tante*

Tanti (en criant) : Kais, mon fils... On dirait qu'il ne m'écoute pas, Soumaya ma fille, vas le chercher, demande-lui de venir s'il te plait et apporte-moi un tabouret en revenant.

Moi : Un instant Gogo *Tante* Je sers le repas ensuite j'y vais.

Tanti : Quoi ??? Je te commissionne tu discutes, je vais le dire à ton père.

Moi : Mais Tanti ...

Tanti : Je te préviens, mal éduquée, quand une aînée te commissionne, tu dois abandonner tout ce que tu es en train de faire et te précipiter pour exécuter sa commission.

Je ne voulais pas d'ennuis, je voulais éviter d'en avoir mais je savais pertinemment que je n'en échapperais pas. Elle ne supportait pas de me voir tranquille, en paix une seconde. Qu'avais-je fait au ciel. J'avais longuement soupiré avant courrir appeler Kais il était sur son lit en train de tripoter son téléphone.

Moi : Kais, ta mère te demande, bouge-toi vite ! Je le prévenus.

Il se redressa rapidement de son lit et me dévisagea.

Kais : Faut frapper avant d'entrée dans la chambre des gens sauvageonne et si j'étais nu ?! Dit-il énervé

Moi : Est-ce vraiment une question que tu me pose ? Je t'ai déjà nettoyé le derrière donc ne prends pas des aires supérieures. Viens juste et fais vite ! Ordonnais-je.

Kais : Tu vois combien tu es bouchée, ce n'est pas parce que tu m'as un jour vu nu que tu te donnes le droit de faire irruption dans ma chambre comme si c'étaient tes toilettes. Les films que tu regardes ne t'ont donc rien appris sur l'espace privée. Ne vois-tu pas comment vivent les autres ? je me demande si on est du même sang, plus attardée que toi Dieu n'en créera jamais...

Moi : C'est tout comme discours ? Et puis quoi encore fais vite elle va s'impatienter.

Il me dépassa en me bousculant, j'avais aussi des doutes qu'on soit du même sang, je partis de sa chambre et pris un tabouret en passant. Arrivée dans la cuisine ma très chère tante était là debout apparemment très impatiente.

Tanti : ...............................

Lire toute l'histoire dès maintenant
Soutenez l'auteur et inspirez d'autres histoires incroyables Moboreader
Débloquer tous les chapitres

Le Mystère en Moi

Chapitre 3
Chapitres
Personnaliser
Chapitre suivant