Chapitre 3
Chapitre 2De courtes illusions bleues
Faute d’être revenu chez lui et que rien n’eut lieu, des pensées le gagna et, comme un stroboscope, Minho se sentit oppressé par toutes ces images qui lui semblaientfamilières. D’abord, comme si une pensée lui fonça dessus, Minho recula mais en vain. Des réflexes de protection le prirent et, par once d’espoir, il essaya de lesrepousser. Toutefois, il se rendit compte que son opposition n’auraitaucun effet. Alors, devant l’accélération de cette illusion, il ne sut que faire et laissa cette image entrer dans son esprit. Minho l’observa.
Il vit sa mère, entendit ses paroles et ses questionnements à propos de la boîte qu’elle découvrit durant que son fils était au lycée.
Minho, j’ai retrouvé ça dans ta chambre. Si je me souviens bien, c’était, je crois, près de tes étagères à chaussures. Mais si, arrêtes de faire style, tu sais d’où je parle. Près de ton bureau. Bon, c’est pas vraiment pour ça que voilà…Pourquoi as-turamassé ce caillou ou je ne sais quoi, enfin ça ?
Entre le discours de sa mère et ses réactions, il était replongé dedans. En effet, c’était la seule journée où Minho oublia d’amener sa découverte avec lui afin de n’éveiller aucun soupçon.
Adonc, il revit la scène de ce dialogue, du moment où il lui expliqua que ce n’était qu’une pierre qui l’avait fait tomber,un soir, quand il rentrait de l’école. Cette excuse ne convint pas à sa mère mais il répliqua aussitôt qu’un de ses amis collectionne des roches spéciales, peu communes et uniques, et qu’il devait lui apporteraujourd’hui mais qu’il avait donc oublié de la prendre sur lui. Sa mère ne porta pas plus de questionset ce premier souvenir disparut soudainement sous des fumées bleues telle la couleur d’un hologramme.
Minho bénéficia ne serait-ce que quelques secondes pour se relever et aussitôt sur pieds, il se fit comme attiré par une seconde pensée et décida de ne faire aucune résistance puisqu’il savait qu’il ne pouvait que subir. Son corps ne faisait qu’acte de présence. Seulement, ses yeux lui étaient encore contrôlablespar lui-même. Il se revit sur son pcouson portable, en cours, en trainde regarderles commentaires de ses vidéos. Cependant, ces derniers n’étaient que péjoratifs. Tel un diaporama, une multitude d’insultes, que ça soit sur la vidéo ou sur son physique ou sur sa chambre qui est son décor ou toutes autres excuses pour le rabaisser, défilent les unes après les autres et ce,toutes vidéos confondues. Il ne pouvait qu’encaisser ces écrits sans même les faire disparaître. Etmême fermer les yeux n’eut aucun effet. Ces remarques n’étaient pas visuelles mais elles étaient dans son esprit. Disons que ces propos sont ancrésdans son cerveau tel un compartiment provisoire créé.
Une fois cet enchaînement d’illusions fini et évaporé comme précédemment, Minho n’eut cette fois pas le temps de se redresser qu’une dernière pensée le heurta sauf que celle-ci ne lui était jamais arrivée. On ne pouvait dire qu’elle lui était familière mais le lieu le connaissait. En effet, l’endroit était similaire à celui de sa première téléportation.
Il y vit la station comme neuve, encore fonctionnelle où plusieurs arrêts s’établissaient. Néanmoins, à l’instant où le soleil se coucha, une pluie ravageuse tomba. On entenditles gouttes heurter le toit de la station-service, l’eau s’accumulait dessus et, sous le poids des litres d’eau cumulés, le toit s’affaissa jusqu’à casser sous la pression et des morceaux tombèrent à l’intérieur.
De plus, le bruit de la pluie sur le sol formant des flaques, plus ou moins volumineuses, agissaitsur l’équilibre et la position des pompes à essence. Sur certaines, aucun effet eut lieu. Sur d’autres, elles se déformèrent, se penchèrent voire se déséquilibraientet tombèrent en laissant l’essence sortirdes pistolets ou des tuyaux en raison de trous formés.
On pouvait donc y constater les pétroles se mélanger avec les flaques, stagner, couler ou encore sécher sur les pompes ou au sol. Au loin, on y vit des lumières. Ces dernierssemblaient de plus en plus prochesau fil des secondes. Jusqu’à l’instant où on put distinguer clairement les phares d’une voiture, plutôt imposante telle un 4x4, qui s’arrêta devant la station.
De là, trois hommes en sortirent. Ils étaient grands, volumineux tels des culturistes, assez armés avec certains un pistolet ou d’autres avec un fusil, habillés avec des bottes obscures. On aurait pu dire que c’étaient des rangers. Le reste de l’accoutrement était tout aussi noir. Ils avaient comme un gilet pare-balle, un pantalon des forces spéciales. Ceci dit, tous étaient bonsà croire qu’ils en faisaient partie.À la seconde où ils s’avancèrent près d’une pompe, les trois hommes s’évaporèrent tout comme la station-service et le reste de l’illusion.